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Plan de l'article
Présentation ; Caractéristiques de l’art indien ; De la préhistoire à l’époque védique ; L’art de l’Inde ancienne ; L’art indien classique ; L’art indien musulman ; De la période coloniale à l’art d’aujourd’hui
indien, art, production artistique et architecturale de la péninsule indienne, incluant l’Inde contemporaine, ainsi que le Pakistan et le Bangladesh pour certaines époques, voire l’Afghanistan. L’art indien est dans sa grande majorité un art sacré. La péninsule indienne ayant absorbé et fait naître une large palette de religions et de courants religieux, les premières œuvres d’art indien ont été fortement inspirées par l’hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme, qui se sont mutuellement influencés. L’art de la péninsule s’est plus tard ouvert à la leçon musulmane, avec l’adoption de l’islam par une partie de la population.
D’une extrême variété, l’art indien présente néanmoins des caractères permanents au cours de sa longue évolution. Il s’est enrichi au fil du temps d’influences étrangères réinterprétées, véhiculées par les invasions et par les relations commerciales. Inversement, avec la diffusion des religions et le commerce, la civilisation et l’art indiens ont influencé une grande partie de l’Asie : Népal, Tibet, Sri Lanka (anciennement Ceylan), Birmanie (Myanmar), Thaïlande, Laos, Cambodge, Indonésie, Viêt Nam, Chine, Corée et Japon (voir les articles art népalais, art tibétain, art d’Asie du Sud-Est, art chinois, art coréen et art japonais).
Les religions de la péninsule indienne (hindouisme, bouddhisme, jaïnisme, islam), les croyances, les mythologies et les philosophies, la multitude des divinités et la nature foisonnante forment la source d’inspiration essentielle de l’art indien. D’une complexité parfois extrême, l’architecture et l’iconographie indiennes sont d’essence dévotionnelle, et symbolisent généralement un concept ou un enseignement. La création d’une œuvre sacrée est un travail pieux et anonyme, source de mérites pour le commanditaire comme pour l’artiste ou l’artisan. La charge religieuse de l’œuvre — qui devient le support de la divinité sur Terre, l’objet d’offrandes et d’un culte — importe davantage que sa perfection plastique. Rituelle, la fabrication suit des règles invariables et précisément codifiées par des traités. Ouvrages et représentations divines sont toujours consacrés par des rites. Enfin, il est à noter que, faute de chronologie exacte, les œuvres et les monuments sont rarement datables avec précision.
Disparues ou enfouies sous l’urbanisme actuel, les villes anciennes nous sont connues par des textes et par les bas-reliefs des stupas et des temples. De plan orthogonal, édifiées au bord d’un fleuve, les cités indiennes sont fortifiées. Les rues se coupent à angle droit et délimitent des quartiers d’habitations, qui se distinguent les uns des autres par la caste ou sous-caste de leurs habitants. Les palais, les bâtiments officiels et privés ainsi que les premiers édifices religieux sont construits en matériaux périssables : bois, bambou, chaume, terre crue ou cuite, torchis. Seule l’architecture sacrée, en matériaux durables, a donc été conservée. L’architecture religieuse indienne se caractérise souvent par des structures excavées (monastères bouddhiques et sanctuaires de toutes obédiences), l’éclatement de la roche tendre sous l’effet du gonflement de coins en bois imprégnés d’eau permettant de creuser aisément des cavernes. Mais il existe également de nombreux édifices à l’air libre (stupas et temples), d’abord érigés en matériaux périssables, puis progressivement remplacés par des monuments en pierre ou en brique. Parmi les monuments bouddhiques, le stupa est un édifice reliquaire ou commémoratif, de dimensions variables. Élevé sur des gradins, il comporte un dôme surmonté d’un édicule carré et de parasols superposés. Une balustrade (vedika) peut l’entourer ; présentant une ou quatre portes (torana), elle délimite l’espace de circumambulation où le fidèle tourne autour du stupa — toujours dans le sens des aiguilles d’une montre — pour manifester sa foi. Pour sa part, le temple bouddhique (chaitya), de plan rectangulaire ou absidial, possède une nef et des bas-côtés généralement couverts d’une voûte en berceau. Une statue du Bouddha ou un stupa intérieur (dagoba) entouré d’un déambulatoire occupe le fond du temple. Le monastère bouddhique (vihara) comporte quant à lui un temple, une ou plusieurs salles d’assemblées, des cellules pour les moines et des bâtiments annexes ; les cellules sont parfois implantées autour d’une cour où s’élève un stupa. Le temple hindou se compose d’un sanctuaire carré (garbhagriha) de dimensions restreintes, abritant la représentation ou le symbole de la divinité auquel il est dédié et inaccessible aux fidèles. Il est éventuellement précédé d’une antichambre, d’une salle hypostyle, d’un porche et entouré d’un déambulatoire. Enceinte, bassin pour les ablutions rituelles, chapelles, logements, étables et ateliers complètent parfois ce dispositif. Le temple symbolise à la fois l’habitation du dieu, la réplique terrestre de l’univers divin (mandala) et le mont Meru, lui-même considéré comme l’axe du monde et la montagne mythique sur laquelle vivent les dieux. Le temple et le monastère jaïn sont souvent édifiés selon les modèles bouddhiques ou hindous, et s’en distinguent surtout par une décoration spécifique.
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