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Stendhal

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Södermark, Portrait de StendhalSödermark, Portrait de Stendhal
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1

Présentation

Stendhal (1783-1842), écrivain français, auteur de le Rouge et le Noir et de la Chartreuse de Parme, l’un des maîtres du réalisme psychologique.

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Enfance grenobloise et jeunesse mondaine

Stendhal, de son vrai nom Henri Beyle, naît à Grenoble. Ses premières années sont malheureuses : sa mère, qu’il adore, meurt en couches alors qu’il n’a que sept ans. Confié à sa tante Séraphie, il se révolte contre son précepteur, l’abbé Raillane, puis contre son père, qui incarne à ses yeux le rigorisme moral le plus insupportable et toute la mesquinerie étroite et avaricieuse d’une bourgeoisie qu’il a en horreur. Le seul membre de sa famille avec lequel il ait une relation d’affection et de complicité est son grand-père Gagnon, vieux philosophe plein de sagesse et favorable aux idées révolutionnaires.

Après avoir effectué ses humanités, le jeune Henri Beyle entre à l’École centrale de Grenoble, puis se rend à Paris (1799) pour y suivre des études de mathématiques. Il songe un moment au concours de l’École polytechnique, mais y renonce pour s’engager dans l’armée de Bonaparte (1800) où il devient sous-lieutenant de dragons dans l’armée d’Italie. Sans doute hanté par le souvenir presque amoureux d’une mère d’origine italienne, il s’enthousiasme pour ce pays et pour sa culture; il commence, en 1801, à reporter ses impressions de voyage dans son Journal (posthume, 1888-1935).

De retour à Paris en 1802, il se met à écrire, avec l’ambition de composer « des comédies comme Molière ». Il y mène un temps une vie mondaine de dandy, fréquente les salons et les théâtres, puis, sans doute faute de mieux, reprend du service dans l’Intendance (1806) ; il accompagne l’armée de Napoléon en Allemagne, où la petite ville de Stendal (Saxe-Anhalt) lui fournit son futur pseudonyme.

Sa carrière se poursuit avec régularité et ennui : adjoint aux commissaires des guerres, chargé de missions diplomatiques sous les ordres du comte Daru à Strasbourg, à Vienne et à Linz (1809), il est nommé auditeur au Conseil d’État en 1810, puis inspecteur du mobilier et des bâtiments de la Couronne. C’est dans le cadre de ces fonctions qu’il se lie avec Mérimée et qu’il renoue avec cette existence raffinée et brillante qu’il a connue lors des premières années passées à Paris.

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Premiers écrits

La chute de Napoléon et le régime de la Restauration mettent une fin brutale à sa carrière, le jetant dans l’incertitude et la précarité, mais le rendant aussi à sa liberté. Après avoir participé à la campagne de Russie, il repart pour l’Italie et, décidé à devenir lui-même milanese et citoyen italien, il s’installe à Milan, où il peut s’adonner aux plaisirs de la musique et de l’amour. Après une liaison orageuse avec une belle italienne, Angela Pietragrua, il s’éprend de Métilde Dembowska, laquelle ne partagera jamais sa passion amoureuse. C’est à Milan qu’il fait paraître Vies de Haydn, de Mozart et de Métastase (1814), une Histoire de la peinture en Italie (1817) et surtout un essai (Rome, Naples et Florence, 1817) qui, signé pour la première fois du nom de Stendhal, marque le début de sa véritable carrière littéraire.

Contraint de quitter l’Italie par dépit amoureux, mais plus encore pour des raisons politiques (les Autrichiens lui reprochent ses sympathies à l’égard des libéraux italiens), il rentre à Paris, où il est assez bien reçu par la société mondaine et dans les milieux romantiques. La fréquentation des salons ne parvient pourtant pas à lui faire oublier sa passion malheureuse pour Métilde. Cet amour déçu lui inspire une analyse de l’amour (De l’amour, 1822), qui contient sa théorie, devenue fameuse, de la « cristallisation ». Il y applique en outre les méthodes des idéologues (Cabanis, Destutt de Tracy, Volney), dont la lecture l’a marqué durablement. Suit un essai sur le théâtre, Racine et Shakespeare (1823 et 1825), où Stendhal fait l’éloge des œuvres de Shakespeare dont émanent, selon lui, tant de passions et de force en regard de la perfection froide et figée des tragédies de Racine.

Armance (1827), le premier roman d’un jeune écrivain de quarante-trois ans, nourri par les premières années de la vie de l’auteur, ses études et ses débuts mondains, raconte l’amour qui unit Octave, jeune homme brillant et taciturne, à sa cousine Armance. Après une suite de malentendus — pour diverses raisons, les amants répugnent à s’avouer mutuellement leurs sentiments —, Octave abandonne Armance et part mourir pour la libération de la Grèce, sans avoir révélé les motivations de ses actes. Par sa vivacité et surtout par les thèmes abordés (l’analyse de l’âme du héros masculin, notamment), ce premier récit annonce les chefs-d’œuvre à venir.

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Œuvres de la maturité

En 1830, Stendhal publie son chef-d’œuvre, le Rouge et le Noir, qui passe presque inaperçu. La même année, il est nommé consul de France à Trieste, puis à Civitavecchia (Latium) l’année suivante. C’est dans ces circonstances qu’il entreprend la rédaction d’un nouveau roman, Lucien Leuwen (posthume, 1855), qui met en scène un jeune homme épris d’absolu, qui semble un double bien né de Julien Sorel, le héros du Rouge et le Noir. L’écrivain, peut-être parce que le récit comporte une critique trop directe du régime de Louis-Philippe, laisse cette œuvre inachevée.

Parallèlement, Stendhal rédige ses écrits les plus directement personnels : les premières pages de ses Souvenirs d’égotisme (posthume, 1893, également inachevé) et son autobiographie, Vie de Henry Brulard (posthume, 1890), dans laquelle il emprunte un pseudonyme transparent ; ces écrits constituent une clef intéressante pour décrypter l’œuvre romanesque. Les écrits personnels de Stendhal, son Journal ou ses textes autobiographiques, expriment une conception du bonheur individuel comme but de l’existence, invitent à jouir de l’instant présent avant qu’il ne s’enfuie, proposent enfin une idéologie de la passion, de l’énergie et de la volonté, bref, un art de vivre qu’on a appelé du nom de son auteur, le « beylisme » et que lui-même désignait du nom d’« égotisme ».

Cette philosophie nourrit également tous les romans, et surtout la Chartreuse de Parme, qu’il publie en 1839 et qui se présente comme un hymne à l’amour et au bonheur. À l’image de leur créateur, les héros stendhaliens (Julien Sorel, Fabrice del Dongo, Lucien Leuwen, Octave), si bien intégrés au monde et cependant si parfaitement détachés des idéaux communs, ne cessent de rappeler, avec leur créateur, que « l’art est une promesse de bonheur ».

En congé à Paris de 1837 à 1838, Stendhal donne encore à la Revue des Deux Mondes quelques-unes de ses Chroniques italiennes (posthume, 1855), puis se rend en province en vue d’écrire une relation de voyage qui lui vaudra d’être considéré comme l’inventeur du tourisme (les Mémoires d’un touriste, 1838).

Rentré à Civitavecchia, il entreprend un dernier roman, Lamiel (posthume, 1899, inachevé) et publie Idées italiennes sur quelques tableaux célèbres (1840). Victime d’une crise d’apoplexie, il revient précipitamment à Paris, où une nouvelle attaque l’emporte.

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Chefs-d’œuvre

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