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Plan de l'article
jazz, labels de, sociétés éditrices de disques spécialisées dans la musique de jazz. Le premier enregistrement de jazz, réalisé par l’Original Dixieland Jazz Band pour le label Columbia, a lieu le 30 janvier 1917. Publié par la compagnie Victor le 5 mars de la même année, il constitue l’acte fondateur officiel du jazz et initie parallèlement l’histoire du disque, marquée depuis cette date par le rôle déterminant des labels : indispensables partenaires financiers et relais commerciaux, ceux-ci contribuent en effet, depuis un siècle environ, aux côtés des artistes eux-mêmes, à élaborer les tendances du jazz. Décisifs dans le choix des orientations musicales, ils participent en outre aux progrès techniques d’enregistrement — analogique puis numérique — et de reproduction — cire et vinyle, bande magnétique, 78 puis 33 et 45 tours, disque compact et diffusion par l’Internet (voir disque).
Columbia, compagnie créée en 1887, constitue l’un des plus importants catalogues de jazz, d’une immense richesse stylistique et chronologique : y figurent notamment Duke Ellington, Miles Davis, Wynton Marsalis, Erroll Garner, Weather Report, Thelonious Monk ou encore Dave Brubeck. La fonction de producteur devient rapidement primordiale dans le choix des artistes. Aussi, ce sont les découvreurs de talents tels que John Hammond, George Avakian, Teo Macero, Bruce Lundwall et le Français Henri Renaud qui offrent ses titres de noblesse au label, devenu par la suite CBS (Columbia Broadcasting System) et appartenant aujourd’hui à la branche Sony Classics de Sony Music (voir industrie du disque).
La firme Victor, fondée en 1899 et spécialisée dans un premier temps dans le jazz classique, est rachetée en 1929 par RCA (Radio Corporation of America), qui développe dès 1934 une politique éditoriale articulée autour d’artistes devenus « vedettes » du jazz, en l’occurrence, dans les années cinquante, les musiciens blancs de style West Coast (voir jazz) tels que Paul Desmond, Gerry Mulligan, etc. Vingt ans plus tard, la filiale française de Victor consacre les séries « Black and White », « Masters » et « Jazz Tribune » dédiées aux rééditions de chefs-d’œuvre incontestés du jazz.
Le label Blue Note est fondé en 1939 par les Berlinois Alfred Lion et Francis Wolff. En 1953, l’arrivée de l’ingénieur Rudy Van Gelder (qui, pour l’anecdote, travaille en gants blancs, symbole d’une approche tout en nuances et subtilité) permet de créer un « son Blue Note », appellation prestigieuse dont bénéficient notamment la plupart des musiciens de la période be-bop — Art Blakey et ses Jazz Messengers par exemple —, des artistes tels que Wayne Shorter et son Speak No Evil (1964), ou « l’avant-garde » emmenée par Ornette Coleman. Après plusieurs changements de directeur musical et le rachat de la société par Capitol Records, le label Blue Note refait surface en 1985 et se lance à nouveau dans la recherche et la promotion de jeunes talents, parmi lesquels le groupe français Prysm, le trompettiste Erik Truffaz, etc. La réussite exemplaire de Blue Note, reposant notamment sur une unité graphique des pochettes d’albums et une image soignée et discrètement « arty » désormais légendaires, illustre parfaitement l’importance d’une orientation musicale cohérente pour un label ; témoin d’un refus des compromis dictés par le marché, celle-ci lui permet, en effet, à la fois d’assumer la fonction de véritable marque de fabrique dans un univers musical de plus en plus éclaté et fragmenté et d’apporter aux artistes signés une crédibilité difficile à obtenir par ailleurs.
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