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soul, musique

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Brown (James), I Got You (I Feel Good)Brown (James), I Got You (I Feel Good)
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Présentation

soul, musique, style musical dérivé du jazz, du gospel, du blues et du rhythm and blues apparu aux États-Unis dans les années 1950 et popularisé essentiellement par les Noirs américains dans un contexte politico-culturel marqué par la ségrégation.

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Définition, origines et « valeurs » de la musique soul

Le mot soul signifiant « âme » en anglais, la musique soul évoque, par conséquent, l’âme de tout un peuple, en l’occurrence la communauté afro-américaine — ses aspirations et revendications sociales et ses spécificités musicales —, dont James Brown apparaît rapidement comme le porte-parole le plus zélé et le plus incisif — I’m Black and I’m Proud of It (« je suis Noir et fier de l’être ») — affirme-t-il notamment dans l’une de ses chansons.

Puisant ses racines dans le jazz et dans le gospel et les spirituals pratiqués dans les églises du sud des États-Unis, la musique soul est directement issue du rhythm and blues, Sam Cooke assurant le lien entre la puissance d’Otis Redding et la voix rauque de Ray Charles ; les titres sans équivoque de ses premiers albums — Soul Brothers (1958) et Soul Meeting (1961) notamment — préfigurent l’avènement d’un mouvement alors essentiellement contestataire.

Dès ses premières années en effet, la musique soul est une réaction de la jeunesse noire face à la communauté blanche — alors férue de jazz et de rock and roll (voir rock) — et au puritanisme ambiant. Elle tente une fusion de l’âme et de la danse au moyen de deux facteurs : une base rythmique omniprésente et très soutenue — basse et batterie pour l’essentiel, d’autres instruments (cuivres parfois) pouvant également assumer cette fonction — et une thématique de l’amour déclinée sous les aspects parfois les plus ouvertement impudiques, jugée scandaleuse par la frange conservatrice de la société américaine.

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La musique soul autour de James Brown

La musique soul est marquée par la cohabitation de plusieurs écoles, dont deux sont à l’origine de l’explosion de ce genre musical : la production estampillée « sudiste » du label Stax, implanté à Memphis (Tennessee), qui prône une soul rapide et incisive — Marvin Gaye, Smokey Robinson ou les Temptations en sont les principaux représentants —, et une production sophistiquée, ainsi que le label Tamla Motown qui, depuis Detroit (Michigan), inonde l’Amérique de titres plus commerciaux — notamment interprétés par Otis Redding ou Aretha Franklin —, aux arrangements souvent sophistiqués, construits selon une méthodologie précise établie par Berry Gordy.

Ni le grand nombre ni le succès des artistes soul ne viennent menacer l’aura et la domination de James Brown, dont les prestations sur scène, notamment au théâtre de l’Apollo de New York, font figure de référence. Outre la richesse de son répertoire, James Brown offre un tremplin à des musiciens de talent — le saxophoniste Maceo Parker ou Bootsy Collins par exemple — qui font leur apprentissage dans l’orchestre de celui qui est désormais surnommé the Godfather of Soul (littéralement « le parrain de la soul »). Sa longévité, l’influence qu’il exerce sur les musiciens, noirs ou blancs, sa forte personnalité teintée de narcissisme et ses excès, qui le conduisent en prison dans les années 1980 et 1990, sont autant d’éléments qui font de James Brown la référence absolue de la musique soul.

Dans les années 1960, d’autres grands noms forgent la légende de la soul — Wilson Pickett, Sly Stone, Stevie Wonder, Curtis Mayfield — dans un contexte politique agité, la communauté noire étant divisée quant à l’attitude à adopter dans le combat pour les droits civiques (voir Noirs américains).

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Les années 1970 : la musique soul se diversifie

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Le funk

La musique soul se tourne irrésistiblement vers le funk dans les années 1970, et hypothèque dangereusement, selon certains critiques et adeptes de la première heure, ses chances de survie face à la vague du disco. Le terme soul est galvaudé et, à l’exception notable de quelques figures telles que Al Green, Isaac Hayes ou Gil-Scott-Heron (héraut d’une révolution afro-américaine), ne caractérise plus qu’un ensemble en déliquescence. De nouvelles figures parviennent cependant à renouveler l’esprit des « pionniers » de la soul en élargissant son audience, sous l’impulsion de producteurs rompus aux exigences d’un marché en perpétuelle demande de nouveautés, tels que Quincy Jones : Michael Jackson notamment, dont la carrière fulgurante démarre alors qu’il n’est qu’un enfant, bat les records de ventes dans le monde entier (l’album Thriller atteint les 40 millions d’exemplaires vendus en 1983). Toutefois, la soul destinée au grand public continue à cohabiter avec une musique plus complexe et plus ambitieuse : aux succès faciles de Michael Jackson, symbole de la fusion entre le son Motown et la musique pop blanche, répond ainsi la démarche particulièrement originale de Prince.

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