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Résultats avec Windows Live® Search Un soir, un train [André Delvaux]Article
Un soir, un train [André Delvaux], film belge en couleurs d’André Delvaux, réalisé en 1968. Professeur à l’université de Louvain, Mathias (Yves Montand) voit son cours de linguistique perturbé par une querelle entre Flamands et Wallons, corrige avec une étudiante un texte sur la mort, puis rejoint sa compagne française, Anne (Anouk Aimée). Celle-ci lui reproche son indifférence, et une dispute s'ensuit. Mathias devant donner une conférence dans une ville proche, part prendre le train. Anne le rejoint dans son compartiment. Assoupi, Mathias revoit des fragments de leur passé. À son réveil, Anne a disparu et le train est arrêté en rase campagne. Mathias descend, mais le train repart brusquement et Mathias se retrouve seul avec un vieux professeur (Hector Camerlynk) et l’un de ses étudiants, Val (François Beukelaers). Tous trois errent sur une lande désolée, se confient des souvenirs et découvrent un village dont les habitants parlent une langue incompréhensible. Val et Mathias sont fascinés par une jeune femme au visage figé, Moïra (Adriana Bogdan), qui révèle bientôt à ce dernier que le train a déraillé. Mathias s’aperçoit alors que toute cette promenade nocturne n’était qu’un rêve, qu’il a perdu conscience dans l’accident, et qu’Anne est morte sur le coup. Malgré son scénario déroutant, Un soir, un train est un film fascinant qui entraîne le spectateur dans un univers étrange, entre le réel et le fantastique. Saisi au début du film d’un malaise professionnel et conjugal des plus quotidiens, Mathias glisse lentement vers l’étonnement, l’inquiétude, l’effroi et la mort, dont l’idée imprègne subtilement tout le film. Si l’on a pu parler, concernant ce film, de « réalisme magique », c’est parce que son onirisme est profondément ancré dans le concret : le malentendu entre Mathias, froidement intellectuel, et Anne, sensible et perméable, fait ici écho à l’incommunicabilité historique entre Flamands et Wallons, comme aux contradictions intimes de Mathias, partagé entre ses origines flamandes et sa culture française. Ces oppositions forment le cadre dans lequel Delvaux, cinéaste d’une intelligence exceptionnelle, vient tisser un remarquable climat « d’inquiétante étrangeté », fait de nuit et de silences, peuplé de présences énigmatiques, où les personnages en quête de sens s’égarent peu à peu avant de se trouver face à l’accident et à la mort. L’alchimie subtile d’Un soir, un train a fait de ce très beau film l’un des rares succès mondiaux du cinéma belge.
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