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Résultats avec Windows Live® Search Boudu sauvé des eaux [Jean Renoir]Article
Boudu sauvé des eaux [Jean Renoir], film français en noir et blanc de Jean Renoir, réalisé en 1932. Abandonné par son chien, le clochard Boudu (Michel Simon) se jette dans la Seine. Il est sauvé de la noyade par Édouard Lestingois (Charles Granval), un libraire aux idées larges, qui le recueille chez lui au grand agacement de son épouse Emma (Marcelle Hainia) et de la bonne, qui est aussi sa maîtresse, Anne-Marie (Séverine Lerczinska). Boudu se conduit d'une manière insolente, brisant ou salissant tout, crachant à l'intérieur des livres, lutinant sans cesse la bonne et finissant même par séduire Madame Lestingois. Les habitants du quartier informent ensuite Lestingois qu'il est décoré pour avoir sauvé Boudu. Boudu, quant à lui, gagne le gros lot de la Loterie nationale. Chacun découvre ensuite les libertinages de l'autre et l'on décide de sauver les apparences en mariant le clochard, devenu riche, à la bonne. Mais, le jour de la noce, Boudu simule une noyade et s'échappe pour reprendre sa vie de clochard libre et indépendant. Produit par Michel Simon et adapté librement d'une pièce de René Fauchois écrite en 1919, ce film est d'abord un hymne sensuel et sincère à la liberté. Il fustige l'hypocrisie de la morale bourgeoise et condamne avec ironie toutes les formes de paternalisme. Jean Renoir y affiche une franche sympathie pour cette figure de clochard anarchiste, à la séduction faunesque, interprété par Michel Simon — qui avait déjà tenu le rôle sur scène en 1925 — avec un plaisir évident. La force du film tient au jeu nuancé des comédiens, tour à tour réaliste ou burlesque, mais aussi aux choix de mise en scène originaux opérés par Renoir. Le tournage a souvent été effectué en décor naturel, la caméra étant parfois même dissimulée dans la rue, brisant ainsi, avant l’heure, les barrières entre le documentaire et la fiction. Comme la plupart des films de Renoir, Boudu sauvé des eaux est par ailleurs habité par une réflexion profonde sur les rapports contradictoires entre le théâtre et le cinéma, sur l’identité et le masque, et sur la dialectique de l’image. Libertaire, cocasse, attendrissant, corrosif quelquefois, mais d'une justesse remarquable, c'est un film aussi amusant que subversif, qui fait l'éloge de la paresse et met ce péché capital en situation dans son cadre de prédilection : la nature ; il démontre également que Renoir est un artiste passionné par les réalités humaines, celles de la bourgeoisie, aussi bien que celles des marginaux.
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