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  • Donne moi tes yeux

    DONNE-MOI TES YEUX . Production : C.I.M.E.P. Moulins d'Or. - Distribution : U.F.P.C. Scénario original et dialogues : Sacha Guitry.

  • Donne-moi tes yeux

    François Bressolles (Sacha Guitry) est dans son cabinet. Il souffre des yeux, sa vue s'affaiblit. La veille, dans un cabaret il a adressé un mot à une chanteuse, Gilda (Mona ...

  • DONNE-MOI TES YEUX (SACHA GUITRY) - La Cinémathèque française

    DONNE-MOI TES YEUX (SACHA GUITRY) - Avec Sacha Guitry, Geneviève Guitry, Aimé Clarion, Marguerite Moréno, Mona Goya. - Un sculpteur épouse son modèle mais devient alors dur et ...

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Donne-moi tes yeux [Sacha Guitry]

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Donne-moi tes yeux [Sacha Guitry], film français en noir et blanc de Sacha Guitry, réalisé en 1943.

Le jour de l'accrochage d’une exposition au palais de Tokyo, à Paris, en 1943, le sculpteur François Bressolles (Sacha Guitry) se trouve en compagnie de son ami Jean Laurent (Aimé Clariond) et rencontre une jeune femme, Catherine Collet (Geneviève Guitry), à laquelle il propose de poser pour lui. Le lendemain, elle vient à son atelier, où il vit seul avec sa servante Clotilde (Jeanne Fusier-Gir). François lui confirme son désir de la prendre pour modèle, et lui fait une cour qu'elle accueille avec bonheur.

François découvre alors qu'il va devenir aveugle, le cache à Catherine et cherche à l'éloigner en lui faisant croire qu'il est attiré par une chanteuse de cabaret, Gilda (Mona Goya). Cette dernière est dupe du mensonge du sculpteur et lui rend visite au moment même où il cesse de voir. Prévenue par Jean, Catherine se rend à son tour chez François, comprend la situation et décide de passer sa vie avec l'aveugle.

Adapté d'un roman de son grand père maternel Pont-Jest, intitulé Aveugle, ce mélodrame est l’un des rares films graves de Sacha Guitry. C’est aussi l'une des œuvres tournées sous l'Occupation, qui montre le mieux la sombre réalité de cette période, évoquant notamment le marché noir et le couvre-feu. On y ressent fort bien l’accablement d'individus renonçant à lutter contre le destin et préférant ne pas voir les souffrances du pays. La cécité de l'artiste est ainsi, dans ce film, une évidente métaphore de la résignation et de la fatalité dans la France vaincue.

Au-delà de sa dimension documentaire et historique, le film traite avec finesse des rapports entre l'ombre et la lumière, le créateur et son modèle, le mensonge et la vérité, le spectacle et la vie, l'amour et l'amitié, tous thèmes qui alimentent habituellement les comédies de Guitry, mais qui sont ici abordés avec une intense rigueur dramatique.

Chef-d'œuvre méconnu dépeignant la souffrance et la douleur avec une élégance rageuse, ce film s’inscrit en faux contre la légende d'un Sacha Guitry collaborateur, narcissique ou misogyne et démontre par ailleurs qu'il est l’un des meilleurs cinéastes français de son temps.

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