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  • La Collectionneuse - Wikipédia

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  • La Collectionneuse

    Peu a peu, un jeune homme sent croitre la tentation d'eloigner celle qui partage sa maison d'ete sur la cote. Quatrieme volet des 'Six Contes moraux' d'Eric Rohmer.

  • La Collectionneuse (film, 2001) - Wikipédia

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Collectionneuse, la [Éric Rohmer]

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Éric RohmerÉric Rohmer

Collectionneuse, la [Éric Rohmer], film français en couleurs d’Éric Rohmer, réalisé en 1966.

Adrien (Patrick Bauchau), un jeune marchand d’art, et son ami le peintre Daniel (Daniel Pommereulle) passent le mois de juillet dans une villa prêtée par une connaissance, sur la Côte d'Azur. Ils découvrent qu'une jeune femme, Haydée (Haydée Politoff), jouit du même privilège, passant le plus clair de son temps à « collectionner » les amants. Ils gardent d'abord leurs distances avec elle, l’étudiant avec un certain mépris, jusqu'au jour où l'une de ses conquêtes, Charly (Denis Berry), prétend s’installer dans la maison ; ils l'en chassent et s’amusent à séduire Haydée, qui finit par tomber dans les bras de Daniel.

De son côté, Adrien courtise Sam (Seymour Herzberg), un millionnaire, auquel il commence par vendre un rarissime vase chinois en attendant de le voir financer son projet de galerie de peinture. Parallèlement, après avoir fait une scène à Haydée, Daniel quitte brusquement la maison. Adrien prie alors Haydée de séduire Sam pour l'aider dans ses projets, mais elle casse le vase chinois et déclenche la fureur du millionnaire. Haydée se laisse ensuite séduire par Adrien, mais celui-ci n'en profite pas et abandonne Haydée à des jeunes gens qui partent pour l'Italie. Seul dans la maison, il s'ennuie et décide de rejoindre au plus vite sa maîtresse (Mijanou Bardot) à Londres.

Quatrième « conte moral » d’Éric Rohmer, ce film est son premier succès public. Cet accueil positif tient autant à d'évidentes qualités esthétiques qu'à l'étude pertinente faite par l’auteur d'un certain dandysme marqué de nihilisme et d'intellectualisme ironique. Pour le scénario et les dialogues, le cinéaste s'est d’ailleurs beaucoup inspiré de la personnalité réelle de ses protagonistes masculins, notamment l’artiste Daniel Pommereulle, vedette de la scène artistique parisienne des années soixante-dix, qui tient ici son propre rôle.

Ce marivaudage au soleil, à la fois ludique et grave, dépeint avec brio un milieu nonchalant et mondain et évoque de façon subtile les tentations de la séduction, le piège de la beauté et des apparences, la vanité du discours, l’irrésolution et l’inquiétude des personnages sous leurs poses brillantes.

Cette irrésolution, qui est surtout le fait d’Adrien, est sans doute le vrai sujet de ce « conte moral ». Au fil du récit, on voit en effet se dégrader lentement la façade sereine et le charme hautain de ce personnage, qui, comme la plupart des héros masculins de Rohmer, se retrouve finalement seul face à ses propres faiblesses et contradictions. Le goût proclamé d’Adrien pour la solitude et l’indépendance se révèle un faux-semblant, car il est incapable de rester seul. Quant à Daniel, provocateur flamboyant à la lucidité impitoyable, ses éclats ne peuvent masquer entièrement le fait qu’il est un artiste mondain, conditionné par son image et par son milieu.

Là encore, comme souvent chez Rohmer, la figure féminine détient plus de vérité et de sagesse, car Haydée, malgré son inconstance et son manque d’ambition, ne triche jamais. Sincère, elle sait jusqu'où elle peut aller, et parvient à atteindre la tranquillité et la liberté que Daniel et Adrien poursuivent en vain.

Ce film tourné en été, avec peu de moyens, sur la Côte d’Azur, est l’un des plus réussis de Rohmer par l’adéquation étroite entre le récit, le décor et la durée. Comme dans le Genou de Claire (1970), le cadre élégiaque et la douceur du rythme font à ce délicat « conte moral » un écrin parfait.

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