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J'entends plus la guitare [Philippe Garrel]

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J'entends plus la guitare [Philippe Garrel], film français en couleurs de Philippe Garrel, réalisé en 1991.

Gérard (Benoît Régent) et Marianne (Johanna Ter Teege) passent des vacances avec Martin (Yann Collette) et son amie Lola (Mireille Perrier). De retour à Paris, les deux couples connaissent des tempêtes. Lola quitte Martin, tandis que Marianne abandonne Gérard, qui vit mal cette séparation et devient l'amant d'une femme mariée, Linda (Adelaïde Basquez).

Plus tard, Marianne revient vivre avec Gérard, mais ils se droguent, se tourmentent et vivent dans la précarité. Gérard la quitte alors et sombre dans la neurasthénie. C'est Aline (Brigitte Sy) qui l'en sort en lui donnant un fils. Régénéré par cette naissance, Gérard pense être enfin heureux, lorsque Marianne revient. Gérard lui fait comprendre qu'il ne veut plus vivre comme autrefois. Marianne retourne alors en Allemagne et y meurt. Aline apprend la nouvelle à Gérard, alors qu'il vient juste de rencontrer Adrienne (Anouk Grinberg), qui devient sa maîtresse. Aline souffre de cette liaison, mais continue néanmoins d'aimer Gérard.

Dédié à Nico, la chanteuse du Velvet Underground, qui fut la compagne de Garrel et dont le personnage de Marianne est fortement inspiré, ce film rigoureux dans le fond et la forme décrit avec poésie et réalisme l’univers pathétique où s'engluent des personnages d’adultes encore aux prises avec les rêves et les maux de l’adolescence. Chacun est enfermé en lui-même, souffre, constate les échecs d’une vie qu'il voudrait héroïque, est tourmenté par la peur de vieillir, d'oublier et de survivre dans un monde où la révolte disparaît, remplacée par la résignation.

Bien que l'œuvre soit le reflet des tempêtes sentimentales qu'il a traversées, Garrel évacue tout narcissisme et se borne à décrire un enfer quotidien fait de névrose et d’échec amoureux. Sa façon remarquable de filmer les visages, où se peint l'effarement ou le bonheur, échappe aux critères stylistiques qui ont généralement cours en termes de mise en scène et fait de lui un réalisateur très singulier, un poète dont chaque image semble arrachée au réel et conquise au prix de son propre sang.

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