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Banquière, la [Francis Girod]

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Banquière, la [Francis Girod], film français en couleurs de Francis Girod, réalisé en 1980.

Dans le Paris de l’entre-deux-guerres, Emma Eckert (Romy Schneider), fille d’un chapelier juif, est une jeune femme moderne et insolente qui fume en public, ne porte pas de corset et passe d’une aventure homosexuelle à l’autre. Elle accepte pourtant de se marier avec Moïse Nathanson (Jacques Fabri), un ami de sa famille, nettement plus âgé qu’elle.

Sa maîtresse, la fille d’un bijoutier, lui procure les fonds nécessaires à sa première entreprise de spéculation boursière. Son irrésistible ascension ne tarde pas à provoquer l’irritation des banquiers et des pouvoirs publics. La jeune femme crée également une revue, la Gazette du Franc, où l’on défend la radio, le cinéma et l’aviation. Au faîte de la gloire, elle tombe pour la première fois amoureuse d’un homme, Rémy Lecoudray (Daniel Mesguich), un jeune idéaliste qui se bat contre « le pouvoir cosmopolite de l’argent ». Sous son influence, elle offre généreusement 8 p. 100 d’intérêts à ses épargnants.

Les milieux financiers et politiques décident alors de se débarrasser de cette femme jugée dangereuse. Le juge Largué (Claude Brasseur), soutenu par le banquier Vannister (Jean-Louis Trintignant) et par une presse vénale et calomnieuse, la fait emprisonner. Elle parvient cependant à s’échapper. Elle s’adresse à ses clients restés fidèles, mais elle est alors abattue par un tueur à la solde de Vannister.

Fidèle à son désir de créer des fictions romanesques à partir de faits réels exemplaires, Francis Girod brosse ici, en collaboration avec l’écrivain Georges Conchon, un portrait de Marthe Hanau (rebaptisée dans le film Emma Eckhert), surnommée « la banquière des Années folles ». À travers cette biographie romancée, il dénonce, non sans intentions pédagogiques, une société française livrée aux démons de l’affairisme et gangrenée par une presse corrompue, dont il est donné à l’écran une image historique des plus justes, l’excellent Jean Carmet prêtant ses traits au personnage du journaliste à la moralité douteuse, passé maître dans l’art du chantage.

Ce contenu critique n’a pas empêché la Banquière de remporter un succès mondial, le public ayant été sensible au martyre de cette jeune femme libre et idéaliste, et aux fastes feuilletonesques de la mise en scène de Francis Girod, qui réunit ici la fine fleur des acteurs français.

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