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Présentation ; Aux racines de 1989 : le contexte à l’est ; L’effondrement des systèmes communistes ; Des révolutions démocratiques transitoires
révolutions démocratiques de 1989, mouvements politiques et / ou populaires qui ont amorcé ou accéléré la renaissance de la démocratie en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Bulgarie, en République démocratique allemande (RDA), en Pologne et en Roumanie. Ces révolutions ont constitué une étape majeure du processus de décommunisation lancé sous Mikhaïl Gorbatchev, en 1985-1986, en URSS.
Après le Printemps de Prague, les années 1970-1980 marquent un recul de l’interventionnisme soviétique dans les pays du pacte de Varsovie. Après la mort de Leonid Brejnev, sous les mandats de Iouri Andropov (1982-1984) et Constantin Tchernienko (1984-1985), l’URSS, libérée de la pesante guerre froide et peinant à gérer sa propre crise, ne désire plus, à l’évidence, être le gendarme des démocraties populaires. L’accession de Mikhaïl Gorbatchev aux affaires (mars 1985) marque l’entrée dans le temps de la glasnost et de la perestroïka et renforce cette orientation. Gorbatchev n’a, du reste, pas réellement les moyens de sa politique, ni en URSS ni pour ses satellites. Sur ces derniers, il n’a pas une prise absolue. Les résistances à la réforme de l’inséparable binôme parti communiste / appareil d’État y sont très prononcées. Les choix gorbatchéviens n’en donnent pas moins vie à l’hypothèse d’un retour à la liberté politique à l’Est. Aussi, cette rupture à très forte charge symbolique encourage les forces d’opposition et / ou les courants rénovateurs qui manifestent sporadiquement depuis le début des années quatre-vingt, à s’exprimer sans craindre les mêmes foudres qu’en 1956 à Budapest (voir insurrection de Budapest) ou en 1968 à Prague.
Certes, à la veille de 1989, certaines démocraties populaires, telle la Pologne et, dans une moindre mesure, la Hongrie, sont déjà engagées dans un processus balbutiant de démocratisation. Mais la plupart d’entre elles, en tête desquelles la Roumanie et la RDA, vivent toujours sous le joug d’appareils d’État et de partis communistes monolithiques n’ayant pas la moindre intention de s’acheminer vers la démocratisation. Il n’y a donc pas d’uniformité des situations nationales à l’origine des révolutions démocratiques de 1989.
Zone de frottement avec l’Occident et symbole du bloc soviétique avec le mur de Berlin, la République démocratique allemande (RDA) est au cœur de toute interrogation sur l’avenir politique des pays de l’Est. En 1986, le pouvoir, en la personne de Erich Honecker, secrétaire général du Parti socialiste unifié allemand (SED) et chef de l’État, sacralise toujours le régime communiste et récuse les réformes gorbatchéviennes. Le système procédurier et délateur de la RDA, illustré par l’action de la Stasi, n’engage pas les observateurs occidentaux à l’optimisme, même si un mouvement d’opposition héritier du courant pacifiste né lors de la crise des euromissiles tente de s’affirmer dès 1987 à travers des manifestations de rue et une mobilisation autour des églises. De son côté, écrasée sous le joug de Nicolae Ceauşescu, la Roumanie est à des années-lumière de toute démocratisation. Gorbatchev est, d’ailleurs, très froidement accueilli à Bucarest en mai 1987 et, malgré les grèves de 1981 et 1983 contre le rationnement et la répression, malgré l’émeute marquante de Brasov de novembre 1987, la dictature de Ceauşescu paraît inébranlable.
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