![]() Le choix d'Encarta
Consultez les ouvrages concernant fantastique, cinéma et sélectionnés par l'équipe éditoriale d'Encarta Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur fantastique, cinéma |
Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search fantastique, cinémaArticle
Plan de l'article
Présentation ; Le cinéma fantastique muet ; L'essor commercial : le cinéma fantastique hollywoodien ; Le cinéma fantastique se libère ; Un genre unique, de multiples déclinaisons
fantastique, cinéma, panorama historique et thématique de la production cinématographique fantastique. Le fantastique s'est tôt fait une place de choix dans le cinéma : des films fondateurs, souvent chefs-d’œuvre du genre (comme Dracula ou Frankenstein), aux parodies retorses (comme la trilogie Scream de Wes Craven), le genre a brassé et absorbé toutes les évolutions, échappant à une définition stricte pour se rassembler autour des notions essentielles de distorsion de la réalité, de malaise et de peur, voire d’épouvante. Perméable à d’autres genres, comme la science-fiction (qui implique une « autre » réalité, inconnue) ou l’horreur (dont le principal ressort dramatique est la violence), qui peut en être vu comme une continuité, le fantastique hante littéralement le cinéma. Le genre fantastique a particulièrement profité des innovations technologiques qui ont jalonné l’histoire du cinéma, notamment pour produire des effets spectaculaires. Toutefois, outre ces images au fort pouvoir d’attraction/répulsion, le cinéma fantastique repose avant tout sur la description — parfois suggérée, parfois explicite — d’une réalité cachée, parallèle à la réalité visible : ainsi, créatures extraordinaires et monstres, apparitions, hallucinations et illusions, rêves et cauchemars sont autant de manifestations des angoisses profondes de l’homme, de ses phobies et de ses inhibitions, mais également de ses fantasmes et de ses vices. À l’opposé d’un cinéma du réel, le fantastique est un cinéma proche de l’inconscient.
C'est à l'un des pères fondateurs du cinéma, George Méliès, que l'on doit les premières séquences fantastiques sur pellicule, avec une série de petits films à l’ésotérisme facétieux et aux trucages astucieux et novateurs : le Mystère indien (1896), le Manoir du diable (1896), le Cabinet de Méphistophélès (1897), le Masque diabolique (1898), Illusions fantasmagoriques (1898), le Spectre (1899), Évocation spirite (1899), l’Antre des esprits (1901) et les Quat’ Cents Farces du diable (1905). À sa suite, une poignée de réalisateurs prometteurs s'essaient au genre, le peuplant de fantômes (le Fantôme du Moulin Rouge de René Clair en 1924), de savants fous (la Folie du docteur Tube d’Abel Gance en 1915), de malades mentaux (Une page folle [ou Kuratta ippeiji] de Teinosuke Kinugasa en 1926), de momies (les Yeux de la momie Ma [ou Die Augen der Mumie Ma] d’Ernst Lubitsch en 1918) et de démons, incubes et succubes (la Sorcellerie à travers les âges [ou Häxan] de Benjamin Christensen en 1921).
Plus essentielles, les premières adaptations cinématographiques de romans fantastiques populaires font leur apparition sur les écrans : Frankenstein (1910) de Thomas Edison d’après Mary Shelley, le Portrait de Dorian Gray (Das Bildnis des Dorian Gray, 1917) de Richard Oswald d’après Oscar Wilde, Dr Jekyll and Mr Hyde (1920) de John S. Robertson d’après Robert Louis Stevenson, Notre-Dame de Paris (The Hunchback of Notre-Dame, 1923) de Wallace Worsley d'après Victor Hugo, le Monde perdu (The Lost World, 1925) de Harry Hoyt d’après Arthur Conan Doyle, le Fantôme de l'opéra (The Phantom of the Opera, 1925) de Rupert Julian d’après Gaston Leroux, la Petite Marchande d'allumettes (1927) de Jean Renoir d’après Hans Christian Andersen et la Chute de la maison Usher (1928) de Jean Epstein d’après Edgar Allan Poe.
Ce n’est cependant qu’avec l'essor, dans les années 1920, de l'expressionnisme allemand, dont les cadrages décalés et les clair-obscur inquiétants agencent des atmosphères proprement surnaturelles, que le fantastique produit ses premiers classiques : le Cabinet du docteur Caligari (Das Kabinett des Dr Caligari, 1919) de Robert Wiene, le Golem (Der Golem, 1920) de Paul Wegener, les Trois Lumières (Der Müde Tod, 1921) de Fritz Lang, le Cabinet des figures de cire (Das Waschsfigurenkabinett, 1924) de Paul Leni et le Montreur d'ombres (Schatten, 1922) d’Arthur Robinson. En 1922, F.W. Murnau offre pour sa part une réécriture radicale du point de vue de la forme au mythe de Dracula (Nosferatu le vampire [ou Nosferatu, eine Symphonie des Grauens]), à force de plans hallucinants — ombres étirées de la silhouette voûtée du héros, ongles démesurés et oreilles effilées — et d’onirisme malsain qui marquent les esprits et influencent durablement, parfois jusqu'à la parodie involontaire, des générations de cinéastes.
|
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |