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fantastique, cinéma

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Fleming (Victor), le Magicien d'OzFleming (Victor), le Magicien d'Oz
Plan de l'article
4.3

Le film d’horreur à son apogée

Les années 1960 s’achèvent pour le cinéma fantastique sur deux films américains majeurs qui donnent de nouvelles directions au genre : l'un, en noir et blanc, dû à George Romero (la Nuit des morts-vivants [ou The Night of the Living Dead], 1968), montre que le film d'horreur peut s'adresser à un très large public et prétendre à une respectabilité critique ; l'autre, en couleurs et tourné par Roman Polanski avec Mia Farrow et John Cassavetes dans les principaux rôles (Rosemary's Baby, 1968), confirme ce constat mais y apporte un succès commercial sans précédent qui alerte les producteurs des grands studios.

4.3. 1

Vers une violence paroxystique

La censure se faisant moins présente, c'est le film d’horreur qui, graphiquement affranchi par l'importance des budgets, s'épanouit plus encore que le fantastique « classique » dans les salles américaines au moment où la société de production Hammer entame son baroud d'honneur. Si le premier long métrage d'un jeune réalisateur américain prometteur, Wes Craven, donne le ton d'une décennie ouverte à tous les excès (la Dernière Maison sur la gauche [ou The Last House on the Left], 1972), ce sont deux autres films, particulièrement choquants, qui la marquent de leur empreinte : l'Exorciste (The Exorcist, 1973), récit grand-guignolesque d'une possession démoniaque réalisé par William Friedkin, se place en tête du box-office américain ; l'année suivante, Tobe Hooper livre un film d'horreur à la violence outrancière (Massacre à la tronçonneuse [ou The Texas Chainsaw Massacre], 1974) qui jette les bases d'un sous-genre caractérisé par ses excès, le gore, dont les sommets choquants, rythmés par des tortures, des mutilations et des amputations, deviennent le fait de réalisateurs italiens, comme Lucio Fulci (l'Enfer des zombies [ou Zombi 2], 1979) et Ruggero Deodato, dont le Cannibal Holocaust (1979) touche à l'insoutenable.

4.3. 2

L’horreur se teinte de psychologie

De jeunes metteurs en scène se rallient eux aussi au film d'horreur, auquel ils apportent une nouvelle profondeur psychologique et une qualité cinématographique reconnue, sans renoncer aux prétentions populaires du genre. Le réalisateur canadien David Cronenberg donne avec Frissons (Shivers, 1975) le coup d'envoi d'une filmographie névrotique, organique et viscérale : Videodrome (1982), Dead Zone (1983), la Mouche (The Fly, 1986), remake de la Mouche noire (The Fly, 1958) de Kurt Neumann, et Faux-semblants (Dead Ringers, 1988). Brian de Palma adapte quant à lui le roman (Carrie au bal du diable, ou Carrie, 1976) d'un jeune écrivain alors inconnu, Stephen King, et débute une œuvre conçue comme un hommage permanent à l'art du suspense d'Alfred Hitchcock : Furie (The Fury, 1978), Pulsions (Dressed To Kill, 1980). Consécration du genre, les réalisateurs les plus prestigieux cèdent aux attraits d'un genre souple et protéiforme, comme en témoigne Shining (The Shining, 1980) de Stanley Kubrick.

4.3. 3

Tueurs masqués et autres figures terrifiantes

Les films fantastiques et d'horreur — les différences entre les deux genres deviennent ténues — continuent par ailleurs de faire la part belle aux effets spéciaux, dont les limites sont régulièrement repoussées, avec notamment le retour d'un monstre très populaire, le loup-garou : Hurlements (The Howling, 1980) de Joe Dante et le Loup-Garou de Londres (An American Werewolf in London, 1981) de John Landis. Le public adolescent devient plus spécifiquement le cœur de cible du genre, qui développe un nouveau sous-genre, le slasher, ordonné autour de tueurs masqués traquant des victimes pubères : Halloween, la nuit des masques (Halloween, 1978) de John Carpenter, Vendredi 13 (Friday the 13th, 1980) de Sean S. Cunningham et les Griffes de la nuit (A Nightmare on Elm Street, 1984) de Wes Craven. Signe de la popularité renouvelée du genre, ces tortionnaires sanguinaires (Freddy Krueger, Jason Voorhees, etc.), armés de leurs lames tranchantes, deviennent de véritables coqueluches auprès des jeunes spectateurs et inspirent d'innombrables suites à la qualité déclinante.

L'humour parvient par ailleurs à s'exprimer dans un genre qui s'y prête pourtant de moins en moins : le réalisateur américain Sam Raimi apporte ainsi un comique hérité des bandes dessinées dans Evil Dead (1981) ; le Néo-Zélandais Peter Jackson réalise des films gore à l'extrême (Braindead, 1992), au budget minimal, dont les outrances doivent être comprises au second degré ; Joe Dante, quant à lui, connaît un succès populaire et critique étonnant avec ses mogwais, adorables petites bêtes se transformant en monstres terrifiants (Gremlins, 1984).

5

Un genre unique, de multiples déclinaisons

5.1

Figures classiques

Alors que le genre menace de s'essouffler, malgré de spectaculaires réussites commerciales et souvent critiques (Hellraiser de Clive Barker en 1987, Candyman de Bernard Rose en 1992), des réalisateurs renommés le réinvestissent brillamment, comme John Carpenter (l'Antre de la folie [ou In the Mouth of Madness], 1995), Mike Nichols (Wolf, 1994), Kenneth Branagh (Frankenstein [ou Mary Shelley’s Frankenstein], 1994) et surtout Francis Ford Coppola qui réalise une adaptation inattendue, car exceptionnellement fidèle au roman originel, d'un mythe fondateur du fantastique (Dracula, [ou Bram Stoker’s Dracula], 1992).

Une veine plus spécifiquement fantastique revient également sur les écrans, grâce au réalisateur M. Night Shyamalan, qui renoue avec les ambiances surnaturelles et inquiétantes du cinéma fantastique des origines (Sixième Sens [ou The Sixth Sense], 1999). Tourné en quelques jours, le Projet Blair Witch (The Blair Witch Project, 1999) de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, joue pour sa part sur l'ambiguïté d'images faussement amateur qui ont fait le douteux succès de Cannibal Holocaust, et devient un des films les plus rentables du genre.

Le Japon se réapproprie lui aussi le fantastique et l'horreur, mais de manière plus morbide (Ring [ou Ringu] de Hideo Nakata en 1998) et plus radicale (Audition [ou Ôdishon] de Takashi Miike en 2002).

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