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Plan de l'article
Présentation ; Origines et diversité ; L’essor de l’anticolonialisme ; L’anticolonialisme à l’heure de la décolonisation
anticolonialisme, courant ou attitude politique visant à remettre en cause les principes et l’existence mêmes du système colonial. À partir des années vingt, l’anticolonialisme a joué — notamment en France et en Grande-Bretagne — un rôle grandissant dans l’évolution de l’opinion publique de la métropole vis-à-vis de la décolonisation.
Apparu au xviiie siècle, avec l’expansion coloniale des grandes puissances européennes, l’anticolonialisme, dès son origine, recouvre des attitudes et des motivations très diverses. Selon que la dénonciation du colonialisme est fondée sur des raisons philosophiques, morales ou économiques, les partisans de l’anticolonialisme, bien que poursuivant le même but, diffèrent dans leurs analyses et ne sont pas issus des mêmes familles politiques. En d’autres termes, l’anticolonialisme n’est pas une doctrine homogène et dépasse notamment le clivage entre la gauche et la droite. Ainsi, au xviiie siècle, deux courants majeurs se font jour au sein de l’anticolonialisme, courants que l’on retrouvera, sous de multiples variantes, jusqu’à l’achèvement de la décolonisation au XXe siècle.
À l’époque des Lumières, la question de l’esclavage et de son abolition jette les bases d’un premier anticolonialisme, à la fois philosophique et moral. Tandis que Rousseau développe le mythe du « bon sauvage », l’Histoire des deux Indes de l’abbé Raynal — ouvrage auquel participe Diderot, qui écrit peu après un Supplément au voyage de Bougainville — dénonce les méfaits de la colonisation. Même si ce courant philosophique entend, avant tout, critiquer les sociétés occidentales perverties, en vantant les mérites des civilisations indigènes, proches de la nature, il n’en reste pas moins vrai que l’analyse du système colonial contient en germe tous les arguments que développera par la suite l’anticolonialisme : la destruction des sociétés autochtones, la spoliation et l’exploitation des ressources et des hommes, la mise en esclavage, etc.
Mais déjà se fait jour un autre courant tout aussi hostile au colonialisme, qui se fonde non pas sur la morale, mais sur une conception pragmatique et économique. Les physiocrates jugent, en effet, le système colonial trop coûteux pour la métropole, et l’accusent même d’affaiblir sa puissance sur le continent. D’autres, tel Voltaire, voient dans le développement des colonies un risque de dépeuplement de la France. Le débat prend une véritable tournure politique sous la Révolution française, avec la question de l’esclavage. Nombreux sont les députés jacobins, dont Robespierre, qui se prononcent en faveur de son abolition, au nom des droits de l’homme.
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