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Lettres de mon moulin [Alphonse Daudet]

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Alphonse DaudetAlphonse Daudet
Plan de l'article
1

Présentation

Lettres de mon moulin [Alphonse Daudet], recueil de nouvelles d’Alphonse Daudet, publiées en feuilleton entre 1866 et 1868, dans l’Événement et le Figaro, puis en volume en 1869.

2

Tendresse et réalisme

Ces nouvelles, écrites pour certaines en collaboration avec Paul Arène, sont plus unies par leur tonalité mi-poétique mi-réaliste que par une thématique précise. Si la plupart ont pour cadre, voire pour sujet, la Provence, alors à la mode, certaines se passent en Corse, comme « les Douaniers », ou en Algérie. L’émerveillement devant la nature porte « les Étoiles ». « Le Secret de maître Cornille » exprime la fierté du pauvre homme qui refuse de voir mourir son moulin, ruiné par les minoteries à vapeur. Grandeur, ridicule et faiblesses des hommes (« la Diligence de Beaucaire », « l’Élixir du révérend père Gaucher », « le Curé de Cucugnan ») font tendrement sourire l’auteur.

3

Des contes littéraires

Dans « Installation », Daudet (narrateur) donne pour cadre à ses Lettres un vieux moulin qu’il vient d’acheter, et oppose d’emblée un Paris noir à la Provence lumineuse. Or, cette acquisition, si Daudet (l’homme) l’a effectivement projetée, n’a jamais été réalisée ; le projet littéraire se masque d’entrée derrière l’illusion réaliste. L’opposition entre un monde de lettrés parisiens calculateurs et une Provence naïve et poétique est d’ailleurs omniprésente, que ce soit dans « les Vieux », « le Poète Mistral » ou « la Chèvre de M. Seguin », et jusqu’au « Sous-préfet aux champs », qui préfère l’abandon poétique à la préparation de son discours officiel.

La force de Daudet réside dans son talent de conteur, la familiarité que le « je » sait installer avec le «  vous » du public, comme au temps des veillées. Un certain nombre de ses nouvelles sont devenues des classiques de la littérature pour la jeunesse, comme en témoigne l’exceptionnelle postérité de « la Chèvre de M. Seguin ».

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