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Résultats avec Windows Live® Search Portrait de Dorian Gray, le [Oscar Wilde]Article
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Présentation ; Itinéraire d’un dandy ; « L’art reflète le spectateur et non la vie. » ; « L’idéalisme est le vrai. »
Portrait de Dorian Gray, le [Oscar Wilde], roman d’Oscar Wilde, paru en 1890 dans le Lippingstott’s Monthly Magazine, puis publié en volume dans une version augmentée en 1891 sous le titre The Picture of Dorian Gray.
Le Portrait de Dorian Gray présente l’itinéraire d’un dandy vivant tous ses plaisirs et ses vices dans l’Angleterre de l’époque victorienne. Le héros conserve, intact, le visage de ses vingt ans, pendant que vieillit le portrait qu’il a fait faire de lui, à cet âge. Ce texte, le plus connu de la production de l’écrivain, fit scandale lors de sa parution.
Le parcours de Dorian Gray est rendu possible par la réalisation d’un vœu qui lui permet de conserver la beauté de la jeunesse malgré des choix de vie marqués par la débauche ou la dépense. Le roman relève donc du régime fantastique qui permet de présenter avec une grande précision réaliste l’univers des bas-fonds londoniens et la haute société victorienne. La dichotomie affirmée entre l’art et la morale est mise en scène grâce à la disjonction entre les deux visages : la représentation peinte de Dorian, qui s’altère au fil du temps et l’éternelle jeunesse du personnage. L’homme qui emprunte à l’art pour construire sa vie comme une œuvre vient échapper à la contingence. De plus, il rejette ainsi les aliénations de tous ordres, en particulier les valeurs qui corsètent la société bourgeoise : mariage, hétérosexualité, morale mondaine.
Le Portrait de Dorian Gray semble marqué par les influences croisées de la Peau de chagrin, de Balzac, de Mademoiselle de Maupin, de Gautier, et du Portrait ovale, de Poe. Avec ce roman, Oscar Wilde s’inscrit dans la continuité des productions littéraires françaises de l’époque décadentiste, marquées par l’enlisement du récit dans la jubilation descriptive, la rivalité d’art avec les peintres de la Brotherhood préraphaélite (voir préraphaélites) et Gustave Moreau. Le personnage de Dorian Gray est un jumeau du héros d’À rebours, de Huysmans, ou de Jean Lorrain, et le texte semble un miroir du décadentisme français des vingt dernières années du siècle. Depuis la monarchie de Juillet, en France, le dandy, déjà décrit par Chateaubriand, constitue une réaction contre les valeurs du positivisme et l’idéologie de progrès liées à l’économie libérale. Cette opposition à la production de masse et à l’uniformisation sociale privilégie le goût de l’objet d’exception, le choix de la sensation rare, et l’élection de la personne comme siège d’une action artistique inaliénable, insoumise aux lois du marché de l’art. George Brummel a incarné de façon marquante, dans la société anglaise, ce dandy, réfugié dans l’esthétisation de la vie, le choix de l’artifice raffiné dans les moindres détails du quotidien, dont la fonction apparaît donc comme « éminemment philosophique », ainsi que l’indiquait Jules Lemaître dans ses jugements sur ses Contemporains. Voir dandysme.
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