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Résultats avec Windows Live® Search Quatrevingt-Treize [Victor Hugo]Article
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Quatrevingt-Treize [Victor Hugo], roman de Victor Hugo, publié en 1874.
L’idée de ce roman, son dernier, taraude l’écrivain de longue date. Il est de son devoir d’écrire sur la Révolution française. Inscrit dans une trilogie qui devait éclairer l’histoire de l’Europe, il devient par la suite, dans l’esprit de Hugo, le premier et l’unique roman d’une série exclusivement attachée à la période révolutionnaire, dont 93 est l’énigme nécessaire.
Le roman a pour cadre principal le front vendéen, à la lisière de la Bretagne. Trois personnages liés par les liens du sang et de l’esprit s’y affrontent. Le marquis de Lantenac, fraîchement débarqué d’Angleterre pour ouvrir les côtes françaises aux Anglais et mettre fin à la République, rassemble les paysans et menace la Révolution en livrant une guerre sans pitié. Il prend ainsi en otages trois jeunes enfants dont il laisse la mère pour morte. Il a pour adversaire redoutable son neveu, le vicomte Gauvain, aristocrate nourri à l’idéal révolutionnaire de son précepteur, Cimourdain. Fin stratège, Gauvain disperse les troupes de son oncle, l’accule dans la demeure ancestrale et le fait prisonnier. Mais Lantenac, en sauvant les enfants de l’incendie qu’il avait lui-même allumé pour protéger sa fuite, obtient l’absolution de son neveu, qui l’aide à s’évader. Cimourdain, dépêché par la Convention pour surveiller le jeune chef de guerre — son fils spirituel — le condamne alors à la guillotine, avant de se suicider.
Ce dernier des « romans historiques romantiques » (G. Lukács) écrit la « Légende de l’Histoire » en mettant en scène des personnages épiques, mus par des certitudes antagoniques. Au « Vive le Roi » qui rallie les paysans autour de la figure messianique de Lantenac s’oppose le « Vive la République » des soldats de l’An II, que guide un ange humain. Le parti de l’écrivain est clair ; Lantenac est un « effroyable marquis », dévoué à sa cause au point d’immoler l’enfance et la maternité, valeurs absolues, pour sauver son roi. L’humanité de Gauvain, sa pitié, le transforme en « saint Michel combattant Belzébuth » et le terrassant. Mais l’inflexibilité de Cimourdain reflète celle d’une Révolution nécessairement barbare et injuste. Le roman oscille entre ces visages contradictoires, orchestrant une réflexion constante sur l’Histoire. Irrésistiblement dirigée vers le progrès des hommes, celle-ci connaît des soubresauts, des écarts qui ne cessent d’interroger la frontière entre le bien et le mal.
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