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Résultats avec Windows Live® Search Henri VI [William Shakespeare]Article
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Henri VI [William Shakespeare], trilogie de William Shakespeare composée en 1591-1592, qui, augmentée de Richard III, constitue la première tétralogie consacrée à la guerre des Deux-Roses.
La mort d'Henri V, restaurateur de la grandeur nationale, ouvre une période de troubles, en France (avec le soulèvement de Jeanne d'Arc) comme en Angleterre (où le parti York, « la rose blanche », qui s'estime lésé par le parti Lancastre, « la rose rouge », se rassemble autour de Richard Plantagenêt). Couronné roi en France, Henri VI perd son grand chef de guerre, Talbot, mais arrête la campagne de Jeanne. Il tente d'arbitrer la querelle des deux familles en nommant Richard York régent de France, et la guerre des deux nations en contractant un mariage avec Marguerite d'Anjou (Henri VI, première partie). Pris entre la meute des ambitieux et l'ambigu soutien des calculateurs, Henri VI voit son pouvoir contesté. Les manœuvres du parti de la reine lui font perdre le loyal Gloucester, le Protecteur, mais sont bloquées par celles du parti York, qui, profitant d'une insurrection populaire largement inspirée par lui, impose les prétentions de Richard, ce qui ouvre la crise dynastique longtemps retardée (Henri VI, deuxième partie). Henri VI croit la suspendre en acceptant qu'à sa mort la couronne revienne à Richard Plantagenêt : cette proposition plonge le pays dans la tourmente de la guerre civile : victoires et tueries se répondent, pendant qu'Henri VI, à l'écart de la scène ensanglantée (meurtre de Richard chez les York, vengeance sur Clifford chez les Lancastre) rêve d'une vie humble et paisible. L'usurpation d'Édouard, fils de Richard, signe la confusion, achevée par une série de débauchages (Warwick, le « faiseur de rois ») et de coups de main (emprisonnements et libérations successifs d'Henri VI et d'Édouard). La bataille décisive voit le triomphe des Yorkistes : Édouard IV devient roi de plein exercice, pendant que dans l'ombre se lève l'astre noir, son frère Richard, le futur Richard III, pour l'heure seulement exécuteur (assassinat d'Henri VI et de son fils) de ses basses œuvres (Henri VI, troisième partie).
Dramatiquement, ces trois Henri VI sont l'occasion de saisir le jeune génie du dramaturge en voie d'explosion. En déportant toute l'ambition d'un Marlowe, dont le Tamerlan témoigne, vers l'histoire nationale, Shakespeare déborde la structure linéaire et épisodique de la chronicle play. Taillant à sa convenance dans le matériau historique, concentrant les événements, jouant en virtuose de la diversité des plans et des tons que lui autorise la scène élisabéthaine, il est en marche vers l'invention d'une histoire pleine « de bruit et de fureur », alternant accents héroïques, accès furieux, coulisses ténébreuses, aperçus effrayants. Chroniqueur de l'inintelligibilité, revenu de toute simplification « providentialiste », Shakespeare médite sur la vertu chevaleresque (Talbot) ou morale (Gloucester), mais aussi sur les carences de légitimité (Henri VI) qui ouvrent une crise violente du pouvoir. En s'instaurant, les puissances incalculables de la discorde, sur laquelle tentent d'avoir prise des stratégies modernes d'efficacité (Richard York), font le lit de la future terreur (Richard III), tout entière permise et portée par la complicité dans l'horreur qui aura lié les deux familles adversaires. La trilogie donne ainsi tout son sens au mot de Jan Kott sur « Shakespeare notre contemporain » et à la continuation qu'en ses Pièces de guerre un Edward Bond, au seuil du « crime du XXIe siècle », en produit.
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