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Résultats avec Windows Live® Search Mouette, la [Anton Tchekhov]Article
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Mouette, la [Anton Tchekhov], comédie en quatre actes d’Anton Tchekhov, créée à Saint-Pétersbourg en 1896. Confrontée à l’incompréhension en 1896, la Mouette a triomphé lors de sa « deuxième naissance » en 1898, au Théâtre d'art de Moscou de Konstantin Stanislavski et Vladimir Nemirovitch-Dantchenko. Cette œuvre impose Tchekhov comme dramaturge, après les essais précédents (Ce fou de Platonov, 1881 ; Ivanov, 1887 ; l'Esprit des bois, 1889).
L’actrice Arkadina, accompagnée de Trigorine, un homme de lettres talentueux, passe des vacances dans la propriété de Sorine, son frère. Un spectacle se prépare : Treplev, le fils d'Arkadina, a écrit une pièce pour la jeune Nina, dont il est amoureux fou. Celle-ci échappe à ses parents et vient, telle une mouette, vers les tréteaux construits devant le lac pour le spectacle. La représentation commence mais, humilié par les plaisanteries lancées par sa mère contre cette « divagation décadente », Treplev l’interrompt (I). Pendant que les caprices d'Arkadina meublent le « cher ennui » de l'été, Treplev courtise Nina d'étrange manière (il lui rapporte une mouette morte). Mais celle-ci est attirée par la gloire de Trigorine, lequel se laisse aller, dans une intimité grandissante, à confesser ses faiblesses et ses doutes (II). La mère et le fils se prennent d’une violente dispute, où la jalousie de Treplev à l’égard de l'amant de sa mère, écrivain consacré, explose. Trigorine demande à Arkadina sa liberté pour vivre l'amour de Nina, mais se laisse reprendre. Cependant, il donne secrètement rendez-vous à la jeune fille à Moscou, où elle part tenter sa chance (III). Deux ans après, on retrouve Sorine vieilli en « homme qui a voulu… » sans jamais avoir ce qu'il désirait, Treplev au commencement d'une carrière d'écrivain, mais encore tout embrouillé, Arkadina toujours aussi narcissique et Nina, devenue une petite actrice de province, rejetée par sa famille, délaissée par Trigorine. Finalement, Nina revient errer autour de la maison de Sorine. Elle fuit en entendant la voix de son ancien amant, Treplev, qui, désespéré, se suicide (IV).
« Il faut des formes nouvelles » ; la pièce (de Treplev) dans la pièce (de Tchekhov) sert à dire la hantise qui est au cœur de la Mouette : orienter le théâtre vers une autre appréhension du réel, et peut-être vers l'appréhension d'un autre réel. Aussi bien y a-t-il dans cette dramaturgie délibérément, radicalement, appauvrie une nouveauté si audacieuse qu'on s'explique que Tchekhov ait pu douter de la validité de son entreprise et de ses forces pour la mener à bien, et que les milieux de la censure, de la critique et du théâtre russes, aux prises avec pareille « banalité » apparemment inconsistante et obscure, aient erré sans rien comprendre à ce chef-d'œuvre. Pourtant, « tout doit être simple » : et s'il n'y a plus de drame, au sens conventionnel du mot, c'est que Tchekhov a choisi de l'enfouir, de le laisser affleurer dans les états d'âme flottants de ses personnages, et de faire de son imminence et de son invisibilité, tout à la fois, l'occasion d'une crise latente des existences au rendez-vous de leur vérité intime. D'où le tempo extraordinaire, ici trouvé pour la première fois, alternance de bouffées intenses et de plages atones, d'où cette tension singulière entre les protagonistes, qui ne leur dégage jamais de solution, mais les creuse cruellement de fissures de plus en plus distinctes. Des vies saisies « au crayon fin », dans l'écart mortel du rêve et du quotidien, inachevées et imparfaites, s'essayant à l'élan mais prises dans l'échec, où les mots s'épuisent à toucher l'autre et soi-même : la comédie tchekhovienne trouve dans la Mouette sa forme déchirante.
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