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Résultats avec Windows Live® Search Breillat, CatherineArticle
Plan de l'article
Présentation ; Entre littérature et cinéma ; Un discours neuf sur la sexualité, une cinéaste souvent incomprise ; Une thématique récurrente : désir, féminité et regard de l’autre ; Catherine Breillat écrivain
Breillat, Catherine (1951- ), romancière et réalisatrice de cinéma française.
Née à Niort, fille d’un médecin cardiologue, Catherine Breillat est, dès son adolescence, fascinée par la littérature et par le cinéma. À seize ans, elle gagne Paris pour se consacrer à l’écriture. Au milieu des années 1970, le producteur André Génovès lui propose d’adapter son troisième roman au cinéma. Tourné en quatre semaines dans un style expérimental et avec un budget restreint, Une vraie jeune fille (1976) s’accorde toute liberté dans la représentation de la sexualité. Mais la société de production dépose son bilan : le film n’est pas distribué et doit attendre l’année 1999 pour bénéficier d’une exploitation officielle limitée (une salle parisienne pendant quelques semaines seulement).
Catherine Breillat écrit par la suite les scénarios de Catherine et Cie (1975) pour Michel Boisrond, de Bilitis (1977), d’après Pierre Louÿs, pour David Hamilton, avant de tourner son deuxième long métrage, Tapage nocturne (1979). Malgré la composition bouleversante de l’actrice Dominique Laffin, le film est un échec public. Un malentendu s’installe entre Breillat et la critique, qui juge son approche du désir et de la sexualité trop abrupte. Pourtant cette thématique ne participe nullement d’une provocation masquée sous un alibi culturel, mais d’un véritable choix artistique. Son refus de tout compromis lui coûte néanmoins neuf années de silence, pendant lesquelles elle coécrit les scénarios de la Peau (la Pelle, 1981) de Liliana Cavani, Et vogue le navire (E la nave va, 1982) de Federico Fellini et Police (1985) de Maurice Pialat. Sur un sujet risqué, l’initiation sexuelle d’une adolescente par un quadragénaire, 36 Fillette (1988), adaptation de son roman paru l’année précédente, se révèle un film fort et dérangeant, dépourvu de complaisance et de facilité. Son relatif succès permet à Catherine Breillat, après avoir cosigné le scénario de Zanzibar (1989) de Christine Pascal, de tourner un film policier à gros budget, Sale comme un ange (1991), avec la chanteuse Lio et Claude Brasseur comme acteurs principaux. Malgré un succès public médiocre, le film est cette fois largement soutenu par la critique. En 1994, elle participe à l’aventure À propos de Nice, la suite, hommage au court métrage de Jean Vigo. Son sketch Aux Niçois qui mal y pensent est un impitoyable brûlot contre le racisme ordinaire.
Puis un fait divers lui inspire Parfait Amour ! (1995), une nouvelle tragédie du désir qui témoigne de la maturité de son talent. Romance, sorti en 1999 « auréolé » d’un parfum de polémique et de scandale relayé à l’envi par les médias — auquel contribue largement la présence au générique du célèbre acteur de films pornographiques Rocco Siffredi — et freiné dans sa distribution internationale pour des questions de censure, étonne par sa crudité, mais s’inscrit avant tout, dans un incessant et obsessionnel aller-retour entre corps et esprit, désir charnel et intellect, dans le cadre d’une recherche sur la représentation de la féminité — la sexualité féminine en l’occurrence. Évoquant la perte de la virginité d’une jeune fille à l’occasion d’un flirt de vacances, Catherine Breillat poursuit cette réflexion avec À ma sœur (2001). Présenté dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs du 55e festival de Cannes, Sex Is Comedy (2002) se présente comme une mise en abyme de la création cinématographique : l’actrice principale, Anne Parillaud, interprète en effet le rôle d’une réalisatrice — en l’occurrence Catherine Breillat elle-même — en proie aux réticences exprimées par ses acteurs lors du tournage de scènes à caractère explicitement sexuel. Parallèlement à cette réflexion sur la direction d’acteurs, le film pose une nouvelle fois dans l’œuvre de Catherine Breillat la question du regard posé sur la sexualité et plus encore sur sa représentation ; Sex Is Comedy évoque ainsi également les rapports complexes qu’entretiennent réalité et fiction.
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