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Plein soleil [René Clément]

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Plein soleil [René Clément], film franco-italien en couleurs de René Clément, réalisé en 1959.

Chargé pour cinq mille dollars par un riche industriel de ramener aux États-Unis son fils Philippe Greenleaf (Maurice Ronet) qui file le parfait amour avec Marge (Marie Laforêt) sur la côte italienne, Tom Ripley (Alain Delon) entre apparemment dans le jeu du couple. Philippe refuse de rentrer. Enviant la vie facile, brillante et superficielle de ce dernier — qui l’humilie constamment —, Tom le tue lors d’une croisière alors qu’ils sont seuls sur un voilier. Il contrefait ensuite la voix, le passeport et la signature de Philippe pour s’approprier son argent. Lorsqu’un ami de celui-ci découvre la vérité, Tom le tue et réussit à faire passer Philippe pour l’assassin. Il devient même l’amant de Marge, la convainquant que Philippe l’a oubliée. Alors que Tom s’est presque totalement identifié à Philippe, la vérité éclate quand le voilier est mis en cale sèche, le corps étant resté amarré au bateau par un cordage.

Adapté d'un roman de Patricia Highsmith (Monsieur Ripley), Plein Soleil est un excellent film policier à suspense, qui évoque par certains aspects le style d'Alfred Hitchcock. Ce dernier avait d'ailleurs porté à l'écran, en 1951, l'Inconnu du Nord-Express (Strangers on a Train), également adapté d'une œuvre de Patricia Highsmith, où l’on retrouve entre les deux héros masculins la même fascination trouble que dans Plein Soleil.

René Clément mène de main de maître l’intrigue policière et sa mise en scène est d’une incomparable virtuosité, en particulier lors de la très longue partie située sur un étroit voilier où la caméra se déplace avec une légèreté incomparable. Tenu pour un adepte de la « tradition de la qualité française » stigmatisée par la Nouvelle Vague alors en pleine éclosion, René Clément n’hésite pas à faire appel au scénariste Paul Gégauff, collaborateur d’Éric Rohmer et complice de Claude Chabrol et à Henri Decae, chef opérateur des premiers films de Louis Malle, de Claude Chabrol et de François Truffaut, réalisant une éphémère « coexistence pacifique » entre les deux mouvances, servie par une musique de Nino Rota. Dans cette troublante dilution volontaire d’une personnalité dans une autre, Alain Delon démontre, face à Maurice Ronet, qu’il est un acteur de premier plan et découvre avec René Clément le goût du perfectionnisme qui marquera son jeu d’acteur.

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