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Présentation ; L’enjeu afghan au regard des relations Est-Ouest ; De la crise politique afghane à l’invasion soviétique ; De la guerre au retrait
Afghanistan, guerre d', guerre menée par l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) sur le territoire de l’Afghanistan entre 1979 et 1988.
À la fin des années 1970, l’URSS de Brejnev cherche à renforcer son rayonnement international afin d’accroître son poids dans les pourparlers touchant au règlement de la deuxième guerre froide. Selon le mot de Gromyko, l’URSS veut alors pouvoir dicter « l’ordre du jour des affaires internationales ». Dans cette optique, la diplomatie joue un rôle majeur, mais la logique de l’intimidation militaire et de l’expansionnisme géostratégique priment. À l’instrumentalisation de la puissance militaire (comme en témoigne l’escalade stratégique avec les États-Unis) et à la logique de l’oustrachènié (« l’intimidation, la dissuasion ») s’ajoute donc une politique impérialiste visant, dès que l’occasion se présente, à l’élargissement de l’aire d’influence communiste sur le tiers-monde. L’URSS prend alors pied en Angola et au Mozambique (à la faveur de la décolonisation portugaise), en Éthiopie, au Nicaragua et au Yémen-du-Sud. Cette politique s’applique plus naturellement encore aux régions proches de l’URSS. Or, courant 1978, l’Afghanistan (pays frontalier lié à l’Union soviétique par traité depuis 1921) est en proie à une crise politique qui risque de remettre en cause l’influence du Kremlin dans une zone de contact. Ayant réactualisé la doctrine de l’endigment, les États-Unis sont en effet présents dans la région à travers leur soutien au gouvernement pakistanais du général Zia Ul-Haq.
En 1978, à la faveur d’un coup d’État contre Daoud (27 avril), un Conseil révolutionnaire dirigé par le pacharmi Mohammad Taraki prend le pouvoir. En décembre, il conclut un traité d’assistance militaire avec l’URSS qui est la première à reconnaître le nouveau pouvoir. Ce traité permet aux Soviétiques de s’opposer de front, et pacifiquement pour l’heure, au cordon sanitaire pakistano-américain. Convaincue que la désunion des forces révolutionnaires du Parti démocrate populaire afghan (PDPA), qui comprend le Khalq (« le Peuple », tendance radicale) et le Pacharm (« l’Étendard », plus modéré) limitera la mainmise soviétique, l’opinion internationale ne s’émeut guère de cette situation. Mais c’est sans compter sur les élans impérialistes d’une URSS inquiétée par la résistance au PDPA qui se développe à partir du Pakistan, donnant notamment lieu à la révolte d’Hérat (mars 1979). Recevant Taraki en septembre 1979, Brejnev l’encourage à se débarrasser de son rival khalqi, Hafizullah Amin. Or, le 16 septembre, c’est l’inverse qui advient : Amin, partisan d’une autonomisation vis-à-vis de l’URSS, prend le pouvoir. À Moscou, un conseil restreint composé principalement de Brejnev, de Gromyko, de Souslov et de Kossyguine planche sur la question. Il opte pour une intervention armée capable d’installer durablement en Afghanistan un gouvernement prosoviétique. Le 24 décembre, un pont aérien commence à acheminer hommes et matériel vers Kaboul, la capitale. Le 27 décembre, l’Armée rouge prend d’assaut le palais de Kaboul. Amin est tué. Le parchami Babrak Karmal prend la direction du Conseil révolutionnaire. Dès le 28, Radio-Kaboul justifie l’intervention russe par la nécessité de sauvegarder les intérêts de la révolution d’avril 1978. Mais déjà les rebelles musulmans opposés au Conseil révolutionnaire ont déclaré la djihad (« guerre sainte ») et s’opposent aux 5 000 soldats russes débarqués.
Tandis que le pont aérien déverse 50 000 nouveaux soldats sur le territoire afghan, la communauté internationale vit l’invasion comme un choc. Un sentiment de peur naît face à la brutalité de cette politique de la canonnière qui met fin à l’amorce de la détente avec les États-Unis et menace de déstabiliser les régions frontalières de l’Afghanistan (l’Iran et, plus encore, le Pakistan). L’alarmisme prévaut. L’URSS se trouve très vite isolée sur la scène internationale. Les États-Unis, par la voix de Jimmy Carter puis de Ronald Reagan — qui, peu après son élection, parle d’une renaissance de l’« Empire du Mal » — dénoncent l’opération. La Maison-Blanche décrète l’embargo sur les céréales soviétiques (janvier 1980), puis bloque la moitié de ses exportations vers l’URSS, avant d’initier le boycott des jeux Olympiques de Moscou. L’Inde, méfiante, adopte une position d’attente, cependant que le bloc des non-alignés condamne massivement l’intervention soviétique. L’Europe de l’Ouest, au contact direct du bloc soviétique, est plus mesurée. La République fédérale d’Allemagne (RFA) d’Helmut Kohl comme la France, par l’intervention du président Valéry Giscard d’Estaing (5 janvier), jouent la carte de la modération afin de préserver les acquis de la détente. En France, le soutien du Parti communiste à l’intervention soviétique génère une vive polémique. Le 14 janvier 1980, l’Organisation des Nations unies (ONU), par 104 voix pour, 18 contre et 18 abstentions, adopte une résolution condamnant « l’intervention armée » et exigeant le « retrait immédiat et inconditionnel » de l’Afghanistan.
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