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roman noir français

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roman noir français, genre romanesque apparu en France au xixe siècle et qui s’est épanoui au siècle suivant.

Le roman noir, qu’il ne faut pas confondre avec le roman gothique anglais également appelé « roman noir », est issu de trois genres littéraires différents ayant pris leur essor en France au xixe siècle : le roman populaire, le roman criminel et le roman social.

À la différence de la littérature naturaliste qui dépeint la réalité en tentant de la rendre transparente au lecteur et du roman policier classique qui repose principalement sur la résolution d’une énigme, le roman noir touche autant au fantastique et au pamphlet social qu’à la critique politique, par une dénonciation radicale de l’ordre moral et par l’exploitation des peurs et des fantasmes liés à l’imaginaire du lecteur.

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La préhistoire du roman noir français

Les premiers grands romans noirs français sont sans doute le Comte de Monte-Cristo (1844-1846) d’Alexandre Dumas, les Mystères de Paris (1842-1843) d’Eugène Sue et les Misérables (1862) de Victor Hugo. Ils sont le reflet d’une société en pleine mutation, où le destin des individus subit les aléas d’événements historiques ou anecdotiques. Le premier exploite le thème de la vengeance, le deuxième installe la mythologie de la pègre et des bas-fonds, tandis que le troisième dénonce avec force l’injustice sociale.

Viennent ensuite la saga des Rocambole (1859) de Ponson du Terrail, et celle de Roger-la-Honte (1887) de Jules Mary, qui relèvent d’une variante échevelée du mélodrame, fertile en rebondissements.

L’œuvre d’Émile Zola annonce aussi, d’une certaine façon, le roman noir, avec des ouvrages comme Thérèse Raquin (1867) et la Bête humaine (1890), dont les personnages sont marqués par le destin, la fatalité et le crime. L’auteur y fait une large place à la description documentaire d’un milieu social et à l’analyse de comportement.

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L’époque des assassins délirants

Les écrivains du début du xxe siècle se plaisent à développer ces thèmes dans une multitude de feuilletons de qualité inégale. Ils affectionnent aussi les délires cauchemardesques, dans lesquels des génies criminels sèment la terreur, tel Zigomar (1909) de Léon Sazie (1862-1939), qui lance sur Paris des moustiques porteurs du typhus, tel encore Fantômas (1911) de Marcel Allain et Pierre Souvestre, dont les aventures ont fasciné en leur temps les jeunes surréalistes par leurs trouvailles et la magie de leur poésie noire, ou bien comme Chéri-Bibi (1913) de Gaston Leroux, épopée effrayante du destin d’un forçat.

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Les romans du désespoir

Le genre infiltre peu à peu le roman populaire traditionnel, avec entre autres des œuvres comme l’Homme traqué (1922) de Francis Carco, Hôtel du Nord (1929) d’Eugène Dabit, la Tradition de minuit (1930) de Pierre Mac Orlan, Madame Capain (1932) d’Édouard Estaunié, Un crime (1935) de Georges Bernanos, le Sang noir (1935) de Louis Guilloux, mais aussi les récits de la plupart des écrivains populistes de l’entre-deux-guerres (voir populisme). On retrouve aussi son influence dans Voyage au bout de la nuit (1932) et dans Mort à crédit (1936) de Louis-Ferdinand Céline.

Au cours des années trente, le Belge Georges Simenon, qui publie alors ses premiers romans, s’intéresse au comportement et aux motivations d’individus rejetés en marge de la société pour des raisons psychologiques ou criminelles (les Suicidés, l’Évadé, 1932 ; L’homme qui regardait passer les trains, 1936). Appelés « romans durs » par l’auteur lui-même, ces ouvrages de la dérive sociale et de l’échec préfigurent l’orientation pessimiste et contestataire du roman noir après la Seconde Guerre mondiale. Dans la série des Maigret, qui appartient pourtant au genre policier, plusieurs romans présentent des caractéristiques relevant du roman noir : la Tête d’un homme, la Nuit du carrefour, 1931 ; Liberty Bar, 1932.

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