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roman noir américain

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H. L. MenckenH. L. Mencken
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1

Présentation

roman noir américain, genre romanesque apparu aux États-Unis après la Première Guerre mondiale et dont l’objet est la description de comportements humains dans un contexte réaliste et policier, où la violence et l’évocation de l’atmosphère glauque des jungles urbaines priment sur la résolution d’une quelconque énigme.

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Origines du roman noir américain

Marqué par le cinéma et par le journalisme indépendant, cette nouvelle école se fait d’abord l’écho de la situation politique et sociale des États-Unis d’alors, que la prohibition (1920-1933) a livré au crime, au gangstérisme et à la corruption politique.

Si le roman noir américain descend, pour partie, des Dimes Novels, ces magazines bon marché diffusés à la fin du xixe siècle — comme les Aventures de Nick Carter (1891), un détective privé inventé par John Russel Coryell, sous le pseudonyme de Bertha M. Clay —, les auteurs abandonnent vite les lois du feuilleton populaire pour se placer dans le sillage des romans réalistes et sociaux de Theodore Dreiser (l’Amérique tragique [An American Tragedy]), de Sinclair Lewis (Babbit, 1922) ou de John Dos Passos (Manhattan Transfer, 1925).

Ernest Hemingway s’essaie à son tour à ce genre naissant avec une nouvelle, les Tueurs (The Killers, 1926), et, au fil du temps, c’est toute la littérature américaine contemporaine qui finit par s’inspirer du style (direct) et du discours (social) du roman noir, au cours des années 1920.

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Black Mask et la naissance du roman policier social, ou roman noir

Directeurs de l’élégante revue Smart Set, fondée en 1890, H. L. Mencken et George Nathan créent le magazine Black Mask (1920), qui publie des nouvelles construites autour d’énigmes policières et des récits de mystère classiques. C’est en 1923 qu’y paraissent les premiers textes hard boiled (« dur à cuire ») qui vont faire la gloire de la revue et la fortune du roman noir américain ; avec tout d’abord les Aventures du détective privé Race Williams, nées sous la plume de Caroll John Dally, puis les nouvelles d’un authentique détective privé : Dashiell Hammett. Ce dernier, sous les pseudonymes de Peter Collinson ou de Mary Jane Hammett, conte les enquêtes d’un détective privé de la Continental OP. La très grande qualité documentaire et stylistique de ses récits le signale très vite à l’attention de la critique.

Joseph Shaw prend la direction de Black Mask, qui publie alors de jeunes auteurs représentatifs de cette tendance, dure et descriptive, du roman policier : William Brandon, Paul Cain, Raymond Chandler, Frank Gruber, Horace McCoy et Raoul Whitfield.

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Les fondateurs

Dans un style direct, sobre et presque sec, Dashiell Hammett rompt avec le roman à énigme, ce qui lui vaut un bel éloge de Raymond Chandler : « Il a sorti le crime de son vase vénitien et l’a flanqué dans le ruisseau », qui est une bonne définition de tout un pan du roman noir américain. À ce titre, la publication de la Moisson rouge (Red Harvest, 1927 en feuilleton, 1929 en volume), premier roman de Hammett, fait figure de manifeste. On y découvre une ville américaine gangrenée par la corruption et un détective sans nom qui dresse les bandes de truands les unes contre les autres pour les faire s’entretuer à son profit. Sang maudit (The Dain Curse, 1929) se situe dans la même veine, et le Faucon maltais (The Maltese Falcon, 1930) introduit un personnage de détective cynique et pragmatique, Sam Spade.

Le journaliste Donald Henderson Clarke raconte, lui, dans Un nommé Louis Beretti (Louis Beretti, 1929), l’ascension sanglante d’un « bootlegger » (trafiquant d’alcool à l’époque de la prohibition) au sein de la pègre, tandis que William Riley Burnett retrace, en s’inspirant de la vie d’Al Capone, la carrière sanglante d’un petit gangster d’origine italienne dans le Chicago des années 1920, dans le Petit César (Little Caesar, 1929).

Le krach de Wall Street, en 1929, et la crise économique qui en résulte provoquent une hausse considérable de la criminalité dans le pays, qui va nourrir ces nouvelles formes de récits d’un discours contestataire. Leurs héros (détectives privés, avocats, journalistes ou truands) apparaissent généralement comme des anarchistes individualistes.

Raoul Whitfield illustre ce courant avec Vivement mes pantoufles (Green Ice, 1930) et la Mort du maestro (Death in the Bowl, 1931), de même que Paul Cain avec À tombeau ouvert (Fast One, 1933), tandis que Pincus Jacob Wolfson introduit un romantisme noir et désespéré dans le genre avec À nos amours (Bodies Are Dust, 1931).

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