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disque, industrie duArticle
Plan de l'article
Présentation ; Une industrie concentrée et dominée par les firmes anglo-saxonnes ; L’industrie du disque face aux nouvelles technologies ; Nouveaux enjeux
Après une décennie d’excellentes ventes de disques compacts (CD), la fin des années 1990 est marquée par l’essor des nouvelles techniques de communication et de diffusion de l’information utilisant le réseau Internet. L’industrie du disque se trouve alors à un tournant de son histoire, aussi crucial que l’introduction du CD en remplacement du traditionnel support vinyle, en 1982. La diffusion et le téléchargement de la musique en ligne représentent tout autant un espoir de ressources nouvelles qu’un défi susceptible de nuire gravement à l’économie de l’industrie du disque.
Le MP3 (ou MPEG Audio Layer 3) est inventé en Allemagne en 1987 : cet algorithme de compression audio garantit une qualité sonore numérique pour une taille de fichier (en octets) réduite. Le MP3 permet de convertir une piste d’un CD audio en un fichier informatique, stockable et copiable ; il permet ainsi de graver une piste audio sur un CD vierge. Le MP3 peut également être diffusé sur un réseau d’ordinateurs ; le label américain Sub Pop est l’un des premiers, en février 1999, à diffuser des morceaux de musique sur l’Internet en format MP3.
Dès 1999, un étudiant américain invente un logiciel de partage de fichiers musicaux au format MP3. Napster est né : près de 260 millions de fichiers sont disponibles gratuitement, échangés par environ 70 millions d’internautes à l’apogée du site. C’est bien cette philosophie de la gratuité, très en vogue chez les utilisateurs du réseau, que les maisons de disque et certains artistes entendent combattre. La loi stipule, en effet, qu’il n’est permis de télécharger un extrait musical sous forme de fichier MP3 que dans la mesure où l’utilisateur en possède l’original, faute de quoi il est dans l’obligation de détruire le fichier dans un délai de 24 heures. Après plusieurs mois de procédures, en février 2001, le site est condamné par la justice américaine à bloquer l’accès à l’ensemble des œuvres protégées par le droit d’auteur en mettant en place des filtres empêchant le téléchargement gratuit desdites œuvres ; les fonctions d’échange de fichiers sont désactivées, et Napster devient un site payant.
Napster a toutefois fait école, et de nombreux sites d’échanges de fichiers (audios, vidéos, logiciels) voient le jour à partir de 2000. Parallèlement — et paradoxalement —, le téléchargement est facilité par l’arrivée (notamment à partir de 2002) de l’Internet à haut débit qui permet des transferts de données très rapides. Fin 2003, environ six milliards de fichiers sont illicitement téléchargés en France sur les réseaux P2P (peer to peer, « d’utilisateur à utilisateur »), par 6 à 8 millions d’internautes.
Pour les maisons de disques, le constat est clair : le téléchargement de masse depuis des logiciels de partage sur Internet ainsi que la prolifération des graveurs de CD constituent les deux faits majeurs expliquant la récession du marché du disque. De 2000 à 2004, les ventes de disques connaissent une baisse ininterrompue. En 2003, le chiffre d’affaires des éditeurs de disques est au plus bas (1,11 milliard d’euros), et certaines sociétés (comme Universal Music) affichent des résultats financiers en baisse de près de 30 p. 100. En 2004, près d’un CD sur trois est une copie illégale. Le manque à gagner affecte autant les maisons de disques que les artistes-interprètes qui ne perçoivent pas de droits d’auteurs.
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