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croissance externe

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1

Présentation

croissance externe, expression désignant, en économie et en gestion, le fait pour une entreprise d’accroître son périmètre, ainsi que son volume d’activités en prenant le contrôle d’une ou de plusieurs entreprises.

Les stratégies de croissance externe menées par les entreprises ne peuvent se comprendre qu’en prêtant attention à l’essor des opérations de fusions et d’acquisitions qui rythment le mouvement de concentration des firmes depuis le milieu des années quatre-vingt. Si celui-ci reste un trait dominant du capitalisme, l’accélération du nombre d’opérations de rapprochement, ainsi que la masse de capitaux mobilisée toujours plus importante, sont des caractéristiques tout à fait récentes de la mise en œuvre de ces stratégies d’expansion.

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Croissance externe et fusions-acquisitions : une accélération de l’histoire

Alors que la Commission des opérations de Bourse (COB) relevait, en France, pour les seules sociétés cotées, 94 opérations de fusion en 1980, ce même organisme en recensait 187 moins de dix ans plus tard, tendance qui n’a, depuis, cessé de s’affirmer. Parallèlement, il semble qu’il n’y ait rien de comparable entre la fusion de la Pan American Airlines et de National Airlines, deux sociétés américaines d’aéronautique, opérée en 1980 — pour un montant de 370 millions de dollars —, et celle, en 1998, de Daimler-Benz et de Chrysler, valorisée à 92 milliards de dollars, dépassée depuis par le rapprochement, en janvier 2000, entre AOL-Time-Warner-EMI chiffré à près de 120 milliards de dollars (soit plus de 700 milliards de francs).

Ces deux exemples, choisis parmi bien d’autres, sont révélateurs des deux principaux traits — mondialisation et volume financier en hausse exponentielle — qui caractérisent, aujourd’hui, les opérations de rapprochement, quelle que soit leur forme (OPA, OPE, fusions, apports partiels d’actifs, constitution de filiales communes, etc.).

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Croissance externe et mondialisation

Les mouvements de regroupement et de fusion entre entreprises entamés depuis le début des années quatre-vingt montrent, avant tout, que les stratégies de croissance externe sont mondiales et transfrontalières, et non plus limitées, comme par le passé, à la seule constitution de groupes purement nationaux. En second lieu, cette internationalisation révèle que les politiques de croissance externe ne se confondent plus avec le seul fait, pour une entreprise dominante, de prendre le contrôle d’un concurrent en difficulté. Elles sont, bien au contraire, la marque d’un rapprochement « entre forts » — évoluant ou non dans le même secteur —, comme en attestent les opérations de fusions observées récemment dans le milieu de l’automobile (Daimler-Benz et Chrysler), de la banque (rapprochement entre la BNP et Paribas à la suite de l’échec de l’OPA lancée sur le capital de la Société générale) et dans les industries pharmaceutique et pétrolière (fusion entre Exxon et Mobil, prise de contrôle d’Elf-Aquitaine par Total-Fina). Ce « regroupement » d’intérêts financiers et commerciaux parfois colossaux explique l’augmentation du prix du capital liée à la dimension de ces acquisitions qui mobilisent des sommes de plus en plus importantes. Le coût d’une politique de croissance externe n’en est, d’ailleurs, que plus élevé lorsque l’opération de rapprochement est dite hostile, c’est-à-dire lorsqu’elle ne reçoit pas, a priori, l’assentiment des actionnaires de la firme convoitée. Le vocabulaire utilisé est alors sans équivoque : la société dite « opéable » est une « proie » tandis que celle qui souhaite en acquérir le contrôle est comparée à un « prédateur ».

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Logique des mouvements de croissance externe des entreprises

Même si l’accroissement du nombre de ces opérations ne peut s’expliquer que par un redressement des marges financières des entreprises, imputable à un contexte économique global assaini — tout rapprochement inter-entreprises nécessite, en effet, une trésorerie abondante ou un faible taux d’endettement —, leur dimension financière ne saurait, à elle seule, justifier le développement de ces stratégies de croissance.

Elles s’expliquent en effet — ou, tout du moins, c’est là la justification qu’en donnent ceux qui en sont les initiateurs — par des impératifs tirés de la démultiplication des marchés et du nécessaire recentrage de l’activité des firmes, condition de leur rentabilité. La recherche de l’effet de taille, notamment au niveau mondial, représente pour ces entreprises une source d’économies d’échelle qui s’intègre parfaitement dans une logique industrielle de développement. Ce sont donc tout à la fois l’environnement macroéconomique général (voir macroéconomie), la pression des marchés financiers et la nouvelle dimension géographique des marchés qui constituent les facteurs explicatifs de la vitalité de cette forme de croissance des entreprises.

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