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Résultats avec Windows Live® Search Sanctuaire [William Faulkner]Article
Plan de l'article
Présentation ; Faulkner, 1931 ; L’idiot, la vierge et l’impuissant ; Le roman du mal ; Une parabole à portée métaphysique
Sanctuaire [William Faulkner], roman de William Faulkner, publié en 1931 sous le titre Sanctuary et relatant un fait divers sordide sur fond de puritanisme et de prohibition.
Sanctuaire fait partie des premiers grands romans de Faulkner. Sa publication suit, à quatre et deux ans près, celle de Sartoris et du Bruit et la Fureur, qui ont consacré sa maîtrise des structures narratives et imposé sa vision profonde et sombre d’un Sud américain où se déchirent les clans familiaux et raciaux. La fiction de Sanctuaire s’ancre une nouvelle fois dans le comté imaginaire de Yoknapatawpha, territoire sudiste symbolique, entre Virginie et Mississippi, et dans l’Amérique des années 1920, celle du puritanisme et de la prohibition, avec leur cortège de transgressions. Les jeunes gens de l’université se saoulent tandis que les criminels organisent le trafic d’alcool ; les bordels et les prisons font fonction d’exutoire pour les dignes pères de famille.
Ce sont des enfants qui agissent : la fille d’un juge, Temple Drake, échouée dans la maison des trafiquants qui sera le lieu de sa perte ; un simple d’esprit, Tommy, qui voudrait défendre cette innocence contre les hommes, et qui y trouve la mort ; son assassin, Popeye, jeune homme malingre et violent, terreur locale terrifiée par un rien. Le drame initial scelle le destin de ces trois personnages (chapitres IV à XIV) : la mort de Tommy attache Temple à Popeye, autant que son viol par procuration (l’objet du crime de Popeye, impuissant, est un épi de maïs). C’est pour la jeune fille le début d’un parcours d’abjection, qui la conduit à l’enfermement dans un bordel, à l’alcoolisme, l’aliénation et l’hystérie sexuelle (XVIII, XXIV).
Quand le narrateur ne montre pas l’autodestruction de ces enfants, il s’efface derrière le point de vue d’Horace Benbow, avocat quadragénaire lassé de ses fonctions professionnelles et conjugales (chapitres I à III et XV à XXVI). Horace aimerait, en défendant le trafiquant Lee Goodwin accusé du meurtre de Tommy, se prouver que la justice a un sens et qu’il n’est pas d’irrémédiable du mal. Après un faux témoignage de Temple, Goodwin est pourtant déclaré coupable : il faut préserver la tranquillité des honnêtes gens, des puissants (la sœur d’Horace, le père de Temple), et donner en pâture à la foule un coupable qu’elle puisse charger de sa propre violence (XXVII à XXIX).
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