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Plan de l'article
marxisme, doctrine et méthode d’analyse formulées par Karl Marx et Friedrich Engels et développées par leurs disciples. On emploie l’adjectif « marxien », plutôt que « marxiste », pour désigner précisément le corpus initial des œuvres de Marx et Engels, tandis que le terme « marxisme » s’applique aux thèses de ceux qui se veulent les continuateurs de Marx à différents titres, et recouvre les mouvements socialistes qui ont pris appui sur ses thèses. Karl Marx apparaît comme le théoricien le plus analysé et peut-être le plus influent du XXe siècle. Avant l’effondrement du communisme en Europe, un tiers de l’humanité vivait sous des régimes qui se disaient inspirés de l’œuvre et de la pensée de Marx.
Ce qui fonde l’originalité du marxisme et structure sa pensée, c’est de se concevoir à la fois comme une critique théorique et un projet révolutionnaire. Il s’agit de comprendre pour transformer, théorie et pratique étant indissociables dans la pensée de Marx. Si le marxisme recouvre à la fois les domaines de la philosophie, de l’histoire, de la sociologie et de l’économie, la pensée de Marx est avant tout sous-tendue par le fait que les phénomènes sociaux et donc historiques peuvent être expliqués par l’analyse des lois économiques.
Dans beaucoup de ses ouvrages et notamment dans son œuvre principale, le Capital, Marx analyse les lois internes du développement du capitalisme, en tant que lois qui reposent sur un rapport d’exploitation des salariés. C’est de la lutte des classes, avant tout, dont il rend compte dans son analyse de la production capitaliste. Selon lui, chaque époque historique est caractérisée par un mode spécifique de production et d’exploitation auquel correspond un système de pouvoir particulier et une classe dominante. L’histoire est faite de transformations dont le moteur est la lutte des classes. De l’esclavage au féodalisme et du féodalisme au capitalisme, des transitions sont rendues nécessaires lorsque les forces de production (force de travail et moyens de production concrets, comme les machines) ne peuvent plus se développer à l’intérieur des relations de production existantes, c’est-à-dire aussi à l’intérieur des rapports de classes existants. Le capitalisme ne correspond qu’à un système transitoire de rapports sociaux et économiques : il a dû abolir le mode féodal de production pour se développer, et porte en lui les germes de sa destruction. Le communisme, précédé du socialisme, est le stade que la société atteindra au terme de son évolution.
Le capitalisme est fondé sur le principe de l’investissement et de l’accroissement de valeur. Seul le capital industriel peut produire une quantité de valeur supplémentaire, la plus-value. Outre la propriété des moyens de production (machines, matières premières), la production de valeur suppose l’achat de la force de travail. C’est, en dernière analyse, sur le travail que repose tout le principe de la production capitaliste : pour chaque marchandise produite, une quantité de valeur proportionnelle à la quantité de travail mise en œuvre s’ajoute à la valeur issue des moyens de production. Or, dans le salariat, le prix de la force de travail est sous-évalué par rapport à la valeur qu’elle produit. Le salaire que chaque travailleur reçoit pour consommer et reproduire ainsi sa force de travail reste inférieur à la valeur que son travail produit : chaque salarié fournit donc un excédent de travail, un surtravail. Le principe même qui permet de dégager la plus-value est donc un principe d’exploitation : les lois économiques du capitalisme sont indissociables de la lutte des classes qui les sous-tend.
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