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    L' Autriche-Hongrie est le nom d'un État d' Europe centrale, formée par une double monarchie (Empire d' Autriche, et Royaume de Hongrie) de 1867 à 1918, unis par la famille des ...

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    L' Autriche-Hongrie est le nom d'un état d' Europe centrale, formée par une double monarchie (Empire d' Autriche, et Royaume de Hongrie) de 1867 à 1918, unis par la famille des ...

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    austro-hongrois, Empire, ancien État sous la souveraineté des Habsbourg, qui a régné sur l’Europe centrale entre 1867 et 1918.

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austro-hongrois, Empire

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Otto von BismarkOtto von Bismark
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Crises intérieures, passivité à l’étranger 1895-1906

À la fin des années 1890, en Cisleithanie, l’aggravation des tensions entre les partis nationalistes bourgeois tchèques et allemands de Bohême provoque la paralysie de l’activité parlementaire à Prague et à Vienne. L’empereur forme des gouvernements composés de fonctionnaires, et les budgets sont régulièrement votés par le biais de décrets d’urgence, jusqu’à la réforme électorale de 1906. Le suffrage universel est introduit dans l’espoir que les partis nationalistes seront battus par les nouveaux partis populaires, social-démocrate et social-chrétien.

L’arrivée au pouvoir en Hongrie des adversaires du Compromis constitue une menace plus sérieuse encore pour l’Empire. Les négociations pour la révision du compromis commercial de 1897 traînent jusqu’en 1906 ; les exigences concernant le traitement particulier des contingents hongrois au sein de l’armée royale et impériale se font de plus en plus pressantes. En 1905, les partisans du système de 1867 sont battus aux élections. François-Joseph décide de soumettre la Hongrie à une quasi-loi martiale et des rumeurs commencent à circuler à l’étranger sur l’imminence d’un éclatement de l’Empire. À la différence des troubles constitutionnels relatifs aux questions des nationalités, la crise hongroise de 1903-1906 oppose le souverain à une nation constitutive de l’Empire. Cette crise interne, la plus grave de l’histoire de l’Autriche-Hongrie, est résolue lorsque François-Joseph menace d’imposer le suffrage universel en Hongrie — ce qui mettrait un terme à la suprématie magyare en Transleithanie. Le gouvernement de Budapest accepte de revenir à l’accord de 1867 sans toucher à l’armée commune, et le roi s’engage à adopter la réforme électorale voulue par le gouvernement hongrois. Le Compromis a été sauvé, mais aux dépens des nationalités. Une fois encore, François-Joseph a conclu un accord avec l’élite magyare au prix d’une oppression accrue des Roumains et des Slaves de Hongrie. Désabusés, les Croates catholiques commencent même à se rapprocher de leurs ennemis héréditaires, les orthodoxes serbes.

Ces dix années d’agitation interne ne voient pas de grand bouleversement en politique étrangère. Alors que l’Allemagne se rapproche à nouveau de la Russie, que le Royaume-Uni et les alliés balkaniques prennent leurs distances, la monarchie peut se réjouir de voir la Russie absorbée par son ambition en Extrême-Orient, qui aboutit bientôt à la guerre russo-japonaise. En 1897, l’Autriche-Hongrie et la Russie concluent un accord de coopération destiné à prévenir les troubles dans les Balkans, il contribue largement à réduire les tensions au cours de la décennie suivante. Les progrès du mouvement nationaliste à Belgrade, qui rêve de constituer une grande Serbie, et ses relais dans l’Empire auprès des Croates, accroissent cependant la tension avec Vienne.

Malgré ce contexte, l’Autriche connaît à la fin du xixe siècle un remarquable foisonnement artistique et culturel dans tous les domaines, et Vienne devient l’une des plus brillantes cités européennes. Les écrivains Arthur Schnitzler, Karl Kraus, Reiner Maria Rilke et Georg Trakl expriment le désarroi de leur temps. En peinture, Gustave Klimt, Egon Schiele et Oskar Kokoschka font preuve d’esprit novateur. En architecture, Otto Wagner et Adolf Loos s’affirment comme les pionniers du modernisme, tandis qu’en musique, Gustav Mahler, Arnold Schoenberg et d’autres enrichissent le répertoire classique.

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La menace extérieure, 1906-1914

En Cisleithanie, la réforme électorale s’avère un échec. Les conflits nationaux deviennent bientôt un enjeu majeur au sein des nouveaux partis, malgré l’intensité des conflits sociaux, et le parlement retombe dans l’impasse en 1914.

Le mouvement Jeune Tchèque, déçu par le refus autrichien d’accorder à la Bohême une certaine autonomie politique, se rapproche de la Russie et des Slovaques sous domination magyare, avec lesquels il n’a aucune histoire politique commune. Les rapprochements serbo-croate et tchéco-slovaque, fondés sur le dépit plutôt que sur l’affinité, donnent plus tard naissance à des États. Le Morave Masaryk, qui s’impose peu à peu comme le chef des nationalistes tchèques, n’exige cependant pas l’indépendance, mais un fédéralisme prenant en compte également les Allemands et les Slovaques.

En Hongrie, le système parlementaire fonctionne mieux sous la poigne d’Istvan Tisza et des « libéraux de 1867 », mais la politique de magyarisation forcée des minorités provoque de vives tensions dans le royaume. Ces mécontentements sont néanmoins traditionnels et aucun d’entre eux ne menace véritablement l’Empire comme l’a fait la grande crise hongroise de 1903-1906.

En revanche, la menace extérieure se précise à la fin de la décennie. La crise provoquée par l’annexion de la Bosnie par l’Autriche, le 8 octobre 1908, met fin à l’entente avec l’empereur russe, tandis que la perspective d’une alliance avec les Britanniques s’est évanouie avec l’accord anglo-russe de 1907. En outre, l’Allemagne refuse toujours de s’engager à entrer en guerre contre la Russie aux côtés de l’Autriche, sur la question des Balkans. À Belgrade, le régime nationaliste de plus en plus vociférant convoite ouvertement les territoires slaves du sud de l’Empire.

Vienne se retrouve complètement isolée et, en 1912-1913, doit se contenter d’observer sans pouvoir intervenir le démantèlement des territoires balkaniques de l’Empire ottoman. Les projets d’une seconde ligue balkanique sous les auspices de la Russie, qui constituent une menace directe pour la pérennité de l’Empire, commencent à se préciser. Ce péril devient une véritable obsession chez les responsables politiques autrichiens au cours de l’été 1914.

Le 28 juin 1914, l’assassinat à Sarajevo, par le nationaliste serbe Princip, de l’archiduc héritier de François-Ferdinand, est ressenti comme une provocation de la part de Belgrade qui bénéficie de l’appui russe. L’Empire est assuré cette fois-ci du plein soutien de l’Allemagne et estime, pour la première fois en quarante ans, que seule la guerre peut résoudre la question du nationalisme des Slaves du Sud.

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La Première Guerre mondiale et la chute de l’Empire austro-hongrois 1914-1918

La guerre, qui a été déclenchée par l’Empire austro-hongrois pour préserver sa capacité de grande puissance, va ruiner la monarchie avant même la défaite de 1918. Sans possibilité de recours à l’option britannique ou russe, Vienne se trouve totalement sous la dépendance de Berlin dont les projets de domination de l’Europe ne laissent guère de place à l’Autriche-Hongrie. Les revers militaires de la monarchie ne font qu’accroître son assujettissement économique et militaire.

Les succès en Pologne, puis dans les Balkans suscitent de vifs débats entre les deux alliés sur le partage du butin dont la monarchie sortie humiliée. La tentative du nouvel empereur Charles (1916-1918) de conclure un accord de paix séparée en 1917 échoue en raison des revendications territoriales de l’Italie. La fureur que cette tentative provoque au sein de l’opinion allemande, place l’empereur dans une position de subordonné vis-à-vis de l’Allemagne dans presque tous les domaines (traité de Spa, mai 1918).

Pourtant, la défaite militaire qui se profile ne semble pas devoir entraîner automatiquement la dissolution de l’Empire. À l’intérieur du pays, les minorités opposées au Compromis de 1867 se contentent de réclamer une autonomie accrue et non l’indépendance. Les États qui ont émis des revendications territoriales vis-à-vis de la monarchie ont été battus en 1917 et, en Occident, nombreux sont ceux qui voient dans l’Autriche-Hongrie un utile contrepoids à l’Allemagne au centre de l’Europe. Ces voix se contentent d’exiger une réforme fédérale qui mettra fin à la suprématie des élites allemandes et magyares. C’est le refus de ces élites d’envisager une telle réforme et leur pari d’une victoire allemande, qui décident les puissances de l’Entente à suivre les nationalistes exilés qui demandent la dissolution de l’Autriche-Hongrie. À la veille de la défaite de novembre 1918, ces groupes bénéficient également d’un soutien grandissant dans l’Empire et le processus de désintégration commence. Une dernière offre de Charles pour sauver la monarchie par une réforme constitutionnelle fédéraliste est rejetée fermement par Budapest : le Compromis de 1867 a tenu jusqu’au bout, mais pour rien.

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La partition

Le 7 octobre 1918, la République tchécoslovaque est proclamée à Prague et, dans les semaines qui suivent, la Hongrie se comporte comme un État indépendant, alors même qu’elle a déjà perdu le contrôle de la moitié de ses territoires au profit de ses voisins. Le 21 octobre, les Allemands d’Autriche proclament leur rattachement à l’Allemagne et le 29 octobre, les Serbes, les Croates et les Slovènes forment un État des Slaves du Sud. Le 11 novembre, jour de l’armistice, l’empereur Charles, dernier des Habsbourg à avoir régné, renonce au trône. Ces bouleversements sont consacrés par le traité de Saint-Germain-en-Laye, signé le 10 septembre 1919, à l’exception du rattachement de l’Autriche à l’Allemagne, pourtant souhaité par la population.

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