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Arletty

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Arletty, (1898-1992), actrice française.

Née à Courbevoie, Arlette-Léonie Bathiat devient mannequin sous le pseudonyme d’Arlette avant de se produire au théâtre et au cabaret sous le nom de scène d'Arletty.

Pendant sa longue carrière, outre le cinéma qui est resté sa principale activité, elle a posé pour des peintres — parmi lesquels Van Dongen —, chanté dans des revues et joué au théâtre dans Un soir de réveillon (1932) de Raymond Moretti, Ô mon bel inconnu (1932) de Sacha Guitry, l'École des veuves (1936) de Jean Cocteau, Fric-Frac (1936) d’Édouard Bourdet, Un tramway nommé Désir (1949) de Tennessee Williams, Voulez-vous jouer avec Moâ ? (1943) et les Compagnons de la Marjolaine (1952) de Marcel Achard, Gigi (1954) de Colette, l'Étouffe-Chrétien (1960) de Félicien Marceau, et dans les Monstres sacrés (1966) de Jean Cocteau, le dernier rôle de sa carrière.

Sa gouaille inimitable et son accent parisien marquent le cinéma dès 1930. Elle tourne plus de cinquante films, passant de la comédie légère au mélodrame, avant de quitter les plateaux, aveugle, en 1963.

Son talent et sa forte personnalité nourrissent des films dont plusieurs sont devenus des classiques. On retient surtout ceux de Jacques Feyder : Pension Mimosas (1934) de Sacha Guitry : les Perles de la couronne (1937) et Désiré (1937), de Jean Boyer : la Chaleur du sein (1938) et Circonstances atténuantes (1939) de Maurice Lehmann : Fric-Frac (1939) de Robert Siodmak : le Grand Jeu (1953) de Jacqueline Audry : Huis-Clos (1954), d’après la pièce de Jean-Paul Sartre et les Petits Matins (1961), de Roger Richebé : Madame Sans-Gêne (1941) et Gibier de potence (1951). Mais les sommets de sa carrière sont ses collaborations avec Marcel Carné, où elle met superbement en valeur les dialogues de Henri Jeanson dans Hôtel du Nord (1938) — où elle lance l'une des répliques les plus célèbres du cinéma français : « Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? » —, et ceux de Jacques Prévert dans Le jour se lève (1939), les Visiteurs du soir (1942) et surtout les Enfants du paradis (1943-1944), film où elle incarne une inoubliable Garance.

Pour avoir été la maîtresse d'un Allemand sous l'Occupation, elle est accusée de collaboration avec l'ennemi par les comités de la Libération et est interdite de travail pendant deux ans.

En 1971, elle évoque avec verve et humour cette période de sa vie dans ses mémoires intitulés la Défense.

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