Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur Avignon, Festival d'

Résultats avec Windows Live® Search

Afficher tous les résultats dans le contenu
Résultats avec Windows Live® Search

Avignon, Festival d'

Article
Médias
Palais des Papes (Avignon)Palais des Papes (Avignon)
Plan de l'article
1

Présentation

Avignon, Festival d', festival de théâtre créé en 1947 par Jean Vilar et ses collaborateurs. Son histoire est celle d’une grande continuité, le Festival d’Avignon n’ayant connu que quatre directeurs en plus de cinquante ans.

2

Première mouture : la « Semaine d’art »

La cour d’honneur du palais des Papes, avec ses proportions harmonieuses, paraissait un lieu idéal aux yeux de Jean Vilar pour redonner vie au théâtre en plein air, tel qu’il était pratiqué dans la Grèce antique lors des fêtes populaires. En septembre 1947, en l’espace d’une semaine, trois pièces sont présentées pour la première fois en Avignon : on y donne Richard II de Shakespeare, dans le palais des Papes, ainsi que Tobie et Sara de Paul Claudel et la Terrasse de midi de Maurice Clavel, dans le verger Urbain V.

À partir de l’année suivante, le festival baptisé la « Semaine d’art » se déroule pendant une semaine dans le courant du mois de juillet et sa renommée s’étend rapidement à l’étranger, succès auquel Gérard Philipe contribue grandement grâce à son interprétation du Cid dans la pièce éponyme de Corneille en 1951, ainsi que dans le Prince de Hombourg de Heinrich von Kleist, puis dans Lorenzaccio de Musset (1952).

3

Ouverture et éclatement

En programmant pour la saison d’hiver du théâtre de Chaillot les pièces jouées durant l’été en Avignon, Jean Vilar crée un lien entre le Théâtre national populaire (TNP), qu’il dirige à Paris à partir de 1951, et le festival. En 1963, il quitte le TNP afin de se consacrer entièrement à la préparation du festival. L’année suivante, il crée les premières « Rencontres d’Avignon » sur le thème du développement culturel. En 1966, le festival est réorganisé et s’ouvre à d’autres troupes que celle du TNP.

Parmi les premiers metteurs en scène invités figurent Roger Planchon, Jorge Lavelli et Antoine Bourseiller (1930- ). De nouveaux espaces scéniques sont créés, notamment aux cloîtres des Carmes (1967) et des Célestins (1968). Le festival accueille également d’autres disciplines artistiques, comme la danse, avec Maurice Béjart et sa compagnie du Ballet du XXe siècle (dès 1966), et comme le cinéma, avec la projection en 1967 de la Chinoise de Godard dans la cour d’honneur du palais des Papes.

En 1968, le festival, qui accueille des compagnies étrangères contestataires telles que le Living Theatre de Julian Beck, est le lieu de manifestations contestataires qui ne remettent cependant pas en cause son existence. Jean Vilar, pourtant ouvert au dialogue avec la jeunesse, est controversé ; il sort meurtri de cette période troublée. L’année suivante, un festival « off » vient compléter le festival officiel (« in ») ; de très nombreuses compagnies, d’abord locales, puis venues des quatre coins de France et de l’étranger, occupent dès lors chaque année tous les lieux de représentation disponibles dans la cité et les environs.

4

L’après-Vilar

Après la mort de Vilar en 1971, Paul Puaux, témoin et acteur de l’aventure, prend la relève. Il accueille la Comédie-Française et des metteurs en scène qui insufflent au théâtre une vie nouvelle (Antoine Vitez, Roger Planchon, Patrice Chéreau, Marcel Maréchal, Georges Wilson (1921- ), Benno Besson). Une esthétique nouvelle se fait jour au travers de spectacles comme Einstein on the Beach de Bob Wilson et Philip Glass, Méphisto d’Ariane Mnouchkine ou la Conférence des oiseaux de Peter Brook. Le festival s’ouvre également au théâtre de geste (mimes, clowns) et de nouveaux lieux sont investis, comme la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, située de l’autre côté du Rhône. Par ailleurs, le critique militant Lucien Attoun propose son Théâtre ouvert où des jeunes metteurs en scène mettent en espace, avec peu de moyens, des textes contemporains.

Bernard Faivre d’Arcier, directeur de 1980 à 1984, opère le réaménagement scénique de la cour du palais des Papes et modernise le festival, qui acquiert le statut de grande entreprise culturelle. Il invite Daniel Mesguich, Georges Lavaudant, Andreï Serban (1943- ), Matthias Langhoff, Mandfred Karge (1939- ), montre un attachement pour les textes contemporains (notamment les Céphéides de Jean-Claude Bailly, en 1983), la danse (Pina Bausch, Jean-Claude Gallotta, Maguy Marin), et tente l’expérience de l’audiovisuel. La durée du festival est portée à quatre semaines.

La direction d’Alain Crombecque (1985-1991) est quant à elle marquée par des spectacles-phares comme le Mahabharata créé par Peter Brook en 1985, dans la carrière de Boulbon, et le Soulier de satin de Claudel par Antoine Vitez en 1987. Le festival innove avec les lectures des poètes contemporains (Michel Leiris, René Char, Louis-René Des Forêts), les projections dans la cour d’honneur de grands films muets avec orchestre et l’ouverture aux traditions musicales extra-européennes.

Bernard Faivre d’Arcier (1992-2003) reprend à nouveau les rênes du festival, avec pour ambition d’en faire un des pôles européens du théâtre. Parmi les spectacles qui font événement ces dernières années, citons les Pièces de guerre d’Edward Bond (Alain Françon, 1994), la Servante d’Olivier Py, présentée vingt-quatre heures sur vingt-quatre (1995), et la Médée de Jacques Lassalle, avec Isabelle Huppert (2000). L’ouverture aux cultures étrangères se poursuit avec le Japon en 1994, la Russie en 1997, Taïwan et la Corée en 1998, l’Amérique latine en 1999, et l’Europe de l’Est en 2000 et 2001. Pour la première fois depuis sa création, le Festival d’Avignon, comme la plupart des festivals français, est annulé en 2003 sous la pression des intermittents du spectacle, en grève, qui réclament l’annulation de la réforme de leur statut. Le festival « off » est cependant en partie maintenu.

En 2003 également, la direction est confiée par le ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, à Vincent Baudriller (35 ans), l’ancien administrateur du festival, et la sous-direction à Hortense Archambault (32 ans), affirmant ainsi sa volonté de rajeunir le festival. Il renforce par ailleurs les budgets alloués aux productions du festival. Le nouveau directeur, en accord avec le ministre, a décidé d’associer chaque année un metteur en scène important à la programmation du festival.

Page précédente
|
Page suivante
Rechercher dans tout le texte de l'article
Afficher cet article au format imprimable
Envoyer




© 2008 Microsoft