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Berlusconi, Silvio

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Silvio BerlusconiSilvio Berlusconi
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Présentation

Berlusconi, Silvio (1936- ), homme politique et homme d’affaires italien, président du Conseil de mai à décembre 1994 et de 2001 à 2006.

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Un homme d’affaires milliardaire

Né à Milan, fils d’un employé de banque, Silvio Berlusconi obtient une licence de droit en 1961 et se lance dans les affaires après avoir effectué de nombreux petits métiers. À la tête de grandes entreprises en bâtiment, il mène, dans les années 1960, de vastes opérations immobilières dans la région de Milan, telles que la réalisation de Milano 2, un nouveau quartier destiné aux jeunes cadres. Le succès aidant, bénéficiant de fonds financiers dont l’origine reste indéterminée et d’amitiés politiques solides, avec Bettino Craxi notamment, il diversifie ses activités.

Dès 1977, Silvio Berlusconi crée une chaîne de télévision privée, Telemilano, qui deviendra Canale 5. Sa holding, la Fininvest, devient en quelques années le plus grand groupe italien. Elle investit dans la presse (elle est propriétaire des quotidiens Il Giornale et Il Foglio, de l’hebdomadaire Panorama et de nombreux magazines) ; l’édition (elle détient près de la moitié de la première maison d’édition italienne, Mondadori) ; les secteurs de l’assurance, la banque, la grande distribution ; le football (Silvio Berlusconi acquiert le club du Milan AC en 1986) ; l’Internet (avec la filiale Newmedia Investment) et enfin l’audiovisuel (elle contrôle trois chaînes de télévision nationale : Canale 5, Italia 1 et Retequattro).

Silvio Berlusconi devient ainsi le détenteur d’un véritable monopole et d’une immense fortune, la première du pays. Le Cavaliere, chevalier de l’ordre du Travail, également surnommé Sua Emittenza, se lance alors en politique.

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« Il Cavaliere »

Au tournant des années 1990, l’effondrement des partis traditionnels que sont la Démocratie chrétienne et le Parti socialiste italien, à la suite de l’opération Mani pulite (Mains propres), crée un vide politique, tandis que la Fininvest connaît des ennuis financiers et juridiques. Dans ce contexte, Silvio Berlusconi se lance en janvier 1994 dans la politique : deux mois avant les élections, il crée un parti, Forza Italia (« Allez l’Italie », le slogan des supporters de football), et prend la tête d’une coalition de droite et d’extrême-droite, le Pôle de la liberté, qui regroupe notamment la Ligue du Nord et l’Alliance nationale / MSI, le parti néofasciste.

À la suite de la victoire de cette coalition aux élections législatives de mars, avec 43 p. 100 des suffrages, Silvio Berlusconi est nommé président du Conseil le 11 mai. Mais le gouvernement ne parvient ni à prouver son aptitude à gouverner ni à gagner la confiance de ses partenaires européens, inquiets de la présence en son sein d’héritiers du fascisme. Ses tentatives de mise à mal de l’opération Mains propres suscite la fronde des magistrats et son projet de réforme des retraites la colère des syndicats. Au mois de novembre, une information pour corruption est ouverte à l’encontre de Silvio Berlusconi par le parquet de Milan. La Ligue du Nord lui retire sa confiance et le Cavaliere est contraint de démissionner le 22 décembre.

Un gouvernement de techniciens est constitué le 13 janvier 1995, sous la direction de Lamberto Dini, son ministre du Trésor, avec pour mission l’assainissement des finances publiques et la définition de nouvelles règles politiques.

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La traversée du désert

Dès lors, Silvio Berlusconi tente de se poser en chef de l’opposition et, pour ce faire, de fédérer l’ensemble du courant libéral-centriste en ralliant notamment toutes les petites formations issues de l’ancienne Démocratie chrétienne. En avril 1998, il organise le premier congrès de son mouvement, Forza Italia, afin de transformer ce rassemblement en une véritable force politique, structurée et dotée d’un programme. Mais sa volonté de ressouder la droite derrière lui se heurte à l’opposition de ses anciens alliés, notamment Umberto Bossi, leader de la Ligue du Nord, et Gianfranco Fini, qui, à la tête de l’Alliance nationale, s’efforce de diriger l’ensemble de la droite libérale.

Déjà condamné en 1997 pour falsification aggravée de bilan, mais immédiatement amnistié, Silvio Berlusconi fait l’objet, en 1998, de deux autres condamnations pour corruption d’agents des impôts et pour financement illicite d’un parti politique (le Parti socialiste). Au total, il est condamné en première instance à six ans et cinq mois de prison, mais au moment de l’appel ces affaires sont prescrites en raison de la lenteur des procédures judiciaires.

Lors des élections européennes de juin 1999, son parti Forza Italia l’emporte avec 25,2 p. 100 des voix (22 sièges) et s’impose comme le parti de rassemblement des modérés. Silvio Berlusconi est élu député au Parlement européen et il apparaît comme le chef de file légitime de la droite italienne.

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