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Plan de l'article
Présentation ; L’outil d’un contrôle total de la société civile et politique ; Une influence qui perdure
nomenklatura, corps de hauts fonctionnaires, personnalités et responsables politiques bénéficiant de privilèges spéciaux dans les pays communistes. La nomenklatura a constitué le moyen par lequel les partis communistes du bloc soviétique ont exercé leur emprise sur la vie publique, sur l'industrie et sur l'administration. Elle a été l’un des principaux moteurs du fonctionnement de l’État communiste.
La nomenklatura peut être définie littéralement comme la liste des postes d’État névralgiques et des candidats potentiels. Elle représente le seul vivier de l’élite politique, vivier duquel sont issus les dirigeants de haut rang. Le recrutement et la promotion de ces candidats sont réservés aux seuls membres du Parti communiste. Toute promotion, principalement dans la hiérarchie politique, implique donc l’acceptation de l’idéologie de l’État-parti. Cette pratique vaut pour tous les postes, depuis la direction des associations de femmes, de jeunes, de travailleurs, de pêche, etc., jusqu’à la direction de l’État, en passant par celle des journaux, des administrations, des usines et des instances économiques, etc. Par ce biais, l’État-parti verrouille la société civile et politique. Le corollaire de ce monopole sur la vie publique réside dans une logique de suspicion systématique, qui doit, elle aussi, protéger le camp communiste contre le « fascisme », les « ennemis du peuple » et l’« antisoviétisme ». La censure, la déportation, l’emprisonnement et la résidence surveillée cimentent donc le système intrinsèquement coercitif et inégalitaire de la nomenklatura, qui jouit de substantiels privilèges matériels.
Jusqu’aux révolutions démocratiques de 1989, les partis communistes maintiennent cet outil central de leur pouvoir discrétionnaire. Dans la plupart des cas toutefois, après 1989, le rôle dirigeant de la nomenklatura s’estompe peu : les apparatchiks perdent leurs privilèges — qui favorisaient leur allégeance —, mais, en raison de leur omnipotence aux postes stratégiques, de leurs réseaux, de leur expérience et de leurs compétences, ils conservent souvent des postes à responsabilités et jouent un rôle déterminant dans la conversion des ex-démocraties populaires à la démocratie représentative et à l'économie de marché. C’est, par exemple, le cas de Ion Iliescu dans la transition roumaine. Le système de la nomenklatura, toujours en vigueur en Chine et à Cuba, garde donc une réelle importance en Europe de l’Est. Le maintien des partis communistes lors des scrutins législatifs en atteste. En témoigne également, dans la Communauté des États indépendants (CEI), l’autorité d’un Boris Eltsine et de son successeur, Vladimir Poutine, deux purs produits de la nomenklatura communiste et du KGB. À l’évidence, il faudra attendre le renouvellement des générations pour effacer la profonde influence de la nomenklatura à l’Est. Et encore, peut-on supposer que cette influence dépasse les hommes eux-mêmes, car la nomenklatura a inscrit dans les mentalités et dans la culture politique des ex-démocraties populaires nombre de représentations et de pratiques susceptibles de marquer durablement leur vie publique.
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