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Brassens, Georges (1921-1981), auteur, compositeur et interprète français.
Né à Sète (Hérault), fils d’un maçon de la région et d’une mère napolitaine aimant tout autant le bel canto que Pills et Tabet, Charles Trenet, Maurice Chevalier et Henri Garat, Georges Brassens passe une enfance et une adolescence heureuses, baignées de jazz, de cinéma et de chansons. Guère intéressé par les études, il mène une scolarité médiocre, mais s’ouvre cependant à la poésie grâce à un professeur de français peu conformiste, Alphonse Bonnafé, ami de Jean-Paul Sartre et boxeur à ses heures. En 1940, il quitte Sète pour Paris et travaille en usine (chez Renault), tout en s’initiant au piano ; c’est sur cet instrument qu’il compose ses premières chansons. N’ayant pas renoncé à ses ambitions de poète, il publie un premier recueil à compte d’auteur (À la venvole, 1942). L’année suivante, il est réquisitionné par le STO et envoyé en Allemagne, où il fait la connaissance de Pierre Onteniente, qui devient par la suite son secrétaire et homme de confiance. « Oubliant » de retourner en Allemagne à la suite d’une permission, Georges Brassens doit se cacher, et trouve refuge chez Jeanne et Marcel Planche, où il reste jusqu’en 1966, bien après la fin de la guerre et bien après avoir rencontré le succès. Celui-ci tarde d’ailleurs à venir et, dans l’attente, il fréquente les milieux anarchistes et collabore au journal le Libertaire.
Découvert par Jacques Grello, qui lui offre sa première guitare, en 1952, Georges Brassens se présente à plusieurs auditions qui sont autant d’échecs ; jusqu’au jour où Patachou accepte d’interpréter quelques-unes de ses chansons et l’engage sur-le-champ pour se produire dans son cabaret de la butte Montmartre. Puis la chanteuse le présente à Jacques Canetti, qui le programme au théâtre des Trois Baudets et lui fait rapidement enregistrer un premier disque (la Mauvaise Réputation), dont le succès est foudroyant, malgré la censure qui frappe l’un des titres, « le Gorille ». Dès lors, Georges Brassens est lancé et, en octobre 1953, il passe en vedette à Bobino. L’année suivante, il fait deux séries de spectacles à l’Olympia — une grande première pour un presque débutant —, obtient le prix de l’académie Charles-Cros, publie un roman (la Tour des miracles) et un recueil des textes de ses chansons, augmentés de quelques poèmes.
Curieusement, sa biographie événementielle s’arrête pratiquement là. Car Georges Brassens s’enferme pour écrire et peaufiner ses nouvelles chansons, ne sortant plus guère que pour aller chanter, et ne se rappelant aux médias qu’à l’occasion de la sortie d’un nouveau disque ou d’une rentrée scénique, à l’Olympia ou à Bobino. Exception faite de quelques rares tournées en Belgique, en Suisse, en Italie ou au Québec, il refuse toujours de mener une carrière internationale, préférant rester chez lui pour travailler et recevoir ses copains. Pourtant, ses chansons — notamment « les Copains d’abord » — sont bientôt traduites en espagnol, allemand, italien, wallon, anglais, etc. Poète à la voix reconnaissable entre toutes, soulignée par un jeu de guitare influencé par le jazz d’avant-guerre, il utilise un vocabulaire choisi, auquel il aime mêler quelques expressions argotiques ou populaires, qui lui valent longtemps une réputation de vulgarité tout à fait injustifiée. Mais, au fil du temps, son anarchisme bon enfant, son humour, son solide sens de l’amitié et de la fidélité, ainsi que la grande tendresse, la générosité, la simplicité et la sincérité qui se dégagent de ses chansons finissent par lui valoir une reconnaissance universelle. Outre son œuvre — abondante —, il a régulièrement mis en musique des poètes comme Hugo, Villon, Francis Jammes, Aragon, Antoine Pol, Lamartine ou Richepin ; il reçoit lui-même le grand prix de poésie de l’Académie française en 1967. Ayant souffert toute sa vie de graves problèmes rénaux, il meurt, victime d’un cancer, à Saint-Gély-du-Fesc. À l’occasion du vingtième anniversaire de sa disparition, de nombreux artistes de la « nouvelle chanson française » (voir chanson française) — parmi lesquels Noir Désir, Miossec, Tanger ou encore Tarmac (groupe fondé par deux membres de Louise Attaque) — proposent des relectures personnelles et actuelles du répertoire de Georges Brassens, hommage dont témoigne la compilation les Oiseaux de passage (2001).
Sélection discographique :
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