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Brel, Jacques

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Jacques Brel (entretien)Jacques Brel (entretien)
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1

Présentation

Brel, Jacques (1929-1978), auteur, compositeur, interprète et comédien belge d’expression française.

2

Une jeunesse catholique

Né à Bruxelles, dans une famille de la bourgeoisie catholique d’origine flamande (mais francophone), Jacques Brel entretiendra toujours des relations conflictuelles — c’est-à-dire passionnées — avec son pays natal et son milieu d’origine. Destiné depuis toujours à occuper un poste à responsabilités à la tête de la cartonnerie familiale, il s’ennuie mortellement et, pour tromper cet ennui, adhère à un mouvement de jeunesse animant fêtes paroissiales et foyers de personnes âgées. Il y apprend le chant et la guitare, et y rencontre Thérèse Michielsen, dite « Miche », qu’il épouse en 1950.

3

Des Trois Baudets à l’Olympia : une carrière exemplaire

Ayant commencé à se produire dans de petits cabarets bruxellois, il est invité à Paris par Jacques Canetti, qui l’engage au théâtre des Trois Baudets où il fait ses débuts en septembre 1953. Très marqué, à l’origine, par une inspiration catholique frisant le prêchi-prêcha — ce qui lui vaut le surnom d’« abbé Brel » —, et desservi par un physique peu conforme aux canons de l’époque et par une certaine gaucherie sur scène, il éprouve des difficultés à s’imposer, et essuie de nombreuses rebuffades avant de connaître enfin le succès grâce à « Quand on n’a que l’amour » (prix de l’académie Charles-Cros en 1957).

Le chef d’orchestre et arrangeur François Rauber, avec lequel Jacques Brel a pris l’habitude de travailler, lui conseille d’abandonner sa guitare ; son expression scénique devient dès lors plus forte, plus convaincante. Dans le même temps, ses textes prennent progressivement une force critique et corrosive qu’il exprime avec une passion et une sincérité qui n’excluent ni la tendresse, ni la lucidité. Enfin reconnu comme l’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de son temps, Brel va mener une carrière éblouissante, dont les grandes pages s’écriront, désormais, à l’Olympia : en 1961, où il passe pour la première fois en vedette ; en 1964, où la création d’ « Amsterdam » fait un triomphe ; puis en 1966, quelques mois avant de faire ses adieux définitifs à la scène.

4

Un répertoire servi par une extraordinaire présence scénique

Grand pourfendeur de la lâcheté, de l’hypocrisie et du conformisme petit-bourgeois, Brel développe dans ses chansons des thèmes récurrents, tels que l’amitié (« Jef », « Fernand », « Jojo », « Voir un ami pleurer »), la recherche de la beauté (« Il nous faut regarder », « Mon père disait »), l’enfance (« Mon enfance », « l’Enfance »), la mort (« le Moribond », « À mon dernier repas »), l’incommunicabilité entre les hommes et les femmes (« Madeleine », « Mathilde », « les Biches », « la Fanette », « Ne me quitte pas », « le Cheval »), le fatalisme (« les Désespérés », « Vieillir »), la tendresse et l’amour (« la Tendresse », « Quand on n’a que l’amour », « la Chanson des vieux amants »), l’antimilitarisme (« Au suivant », « le Caporal Casse-Pompon », « l’Âge idiot »), et surtout la haine de toutes les valeurs bourgeoises (« les Bourgeois », « la Dame patronnesse », « les Bigotes », « les Flamandes »). Autant de thèmes abordés sous diverses formes et appuyés par une gestuelle extrêmement expressionniste qui fait de chacun de ses récitals un moment d’une exceptionnelle intensité dramatique.

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