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Char, René

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Char, la Passante de SceauxChar, la Passante de Sceaux
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Le temps de la maturité

Après la Libération, il renonce à toute carrière politique et fait paraître deux recueils qui établissent définitivement sa renommée, Seuls demeurent (1945) et le Poème pulvérisé (1947), bientôt réunis dans Fureur et Mystère (1948). Entre-temps paraissent les Feuillets d'Hypnos (1946), un carnet d'aphorismes, de réflexions et d'extraits de lettres, fruit de son engagement pendant la guerre. Ami d'Albert Camus, de Georges Braque, il publie alors quelques-uns de ses plus beaux recueils : les Matinaux (1950), Recherche de la base et du sommet (1955), la Parole en archipel, (1962), le Nu perdu (1971), Aromates chasseurs (1976). En 1965, il s’engage encore en organisant une campagne de manifestations contre l'implantation en Haute-Provence d'une base de lancement de fusées atomiques. En 1978, il s'installe définitivement non loin de l'Isle-sur-la-Sorgue, dans sa maison des Busclats, où il vit jusqu’à sa mort.

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Une esthétique du fragment et de l’intensité

L'œuvre de René Char est souvent qualifiée d’hermétique. En effet, le poète ne maintient qu’allusivement les éléments qui pourraient éclairer le poème en l’enracinant dans une réalité vécue. Sa poésie sait néanmoins affirmer toute la sensualité de la réalité sensible. On y retrouve les paysages, les végétaux et le bestiaire provençaux. Poésie du mot plus que de la phrase, du geste plus que du mot, l'art de René Char est proche du silence. Il n'est pas étonnant que la forme brève de l'aphorisme l'ait autant tenté. Sa parole poétique, en effet, est indissociable du fragment. L’accès à un « Grand Réel » n’est possible que par « un arrachement souverain qui ne s’attarde pas » (Michel Jarrety). La concaténation des images aboutit à une esthétique de l'intensité : « L'éclair me dure » (la Parole en archipel).

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L’ouverture sur les autres arts

René Char a tenté des expériences dans les autres domaines artistiques. Les poèmes dialogués de Trois coups sur les arbres (1967) relèvent du théâtre ou de l’argument de ballet. En 1947, l’auteur tente de faire réaliser un film à partir de Soleil des eaux (1946). En 1952, Roger Planchon monte Claire, une pièce en dix tableaux, adaptée à la radio en 1955. Le poète est sensible également à la peinture. La figure de Georges de La Tour traverse l’œuvre entière. L’itinéraire de Van Gogh, auquel il a consacré Voisinages de Van Gogh (1985), le fascine également. Il signe des textes de présentations d’expositions, rassemblés dans Recherches de la base et du sommet (1955). Dans un mouvement inverse, de nombreux peintres illustrent ses recueils, notamment Dalí, Kandinsky, Miró, Matisse, Picasso, Giacometti, Nicolas de Staël, Braque. La Nuit talismatique, publié en 1972 dans la collection « les Sentiers de la création » mêlant texte et illustrations, évoque les années 1955-1958 où il fait lui-même l’expérience du dessin, de la gravure et de la peinture sur galets ou écorces de bouleau séchées. Pierre Boulez compose trois cantates sur trois de ses recueils : le Soleil des eaux (1948), le Visage nuptial (1951) et le Marteau sans maître (1956).

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Une reconnaissance unanime

Les œuvres complètes du poète paraissent en 1983 dans la « Bibliothèque de la Pléiade ». Albert Camus, lors d'une conférence de presse donnée à Stockholm avant la remise de son prix Nobel de littérature en 1957, a déclaré : « Cette œuvre est parmi les plus grandes, oui vraiment les plus grandes, que la littérature ait produites. Depuis Apollinaire en tout cas, il n'y a pas eu dans la poésie française une révolution comparable à celle qu'a accomplie René Char. »

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