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Chéreau, Patrice

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Médias
Wagner, le Crépuscule des dieux, mis en scène par Patrice ChéreauWagner, le Crépuscule des dieux, mis en scène par Patrice Chéreau
Plan de l'article
1

Présentation

Chéreau, Patrice (1944- ), acteur, metteur en scène, directeur de théâtre et réalisateur de cinéma français.

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Théâtre : un metteur en scène tourné vers la modernité

Né à Lézigné (Maine-et-Loire), Patrice Chéreau fait ses premières mises en scène au groupe théâtral du lycée parisien Louis-le-Grand, puis entreprend des études d’allemand à la faculté des lettres de Paris. Il monte l’Héritier du village de Marivaux en 1965, et s’impose rapidement avec ses mises en scène de pièces peu connues ou peu jouées, telles que l’Affaire de la rue de Lourcine d’Eugène Labiche en 1966 et les Soldats de Jakob Michael Reinhold Lenz en 1967. Il dirige le théâtre de Sartrouville jusqu’en 1969 puis, à partir de 1972, le TNP de Villeurbanne avec Roger Planchon et Robert Gilbert.

Dès lors, Patrice Chéreau forme sa propre troupe à laquelle se joint le décorateur de théâtre Richard Peduzzi. En 1973, il monte la Dispute de Marivaux, à laquelle il donne une dimension inspirée par le marquis de Sade. De 1982 à 1990, il dirige le théâtre des Amandiers, à Nanterre, et entend faire de ce lieu à la fois un théâtre, un cinéma et une école. En 1983, il y présente son premier travail, les Paravents de Jean Genet, où il utilise la salle comme une extension de la scène. Par la suite, il fait connaître l’œuvre de Bernard-Marie Koltès en montant notamment Combat de nègre et de chiens en 1983 et Dans la solitude des champs de coton en 1987 (puis de nouveau en 1995).

L’année suivante, en 1988, son adaptation spectaculaire et résolument moderne — tout en restant fidèle au texte original — de Hamlet, portée par la performance de Gérard Desarthe dans le rôle-titre, est notamment marquée par l’intrusion « décalée » de séquences musicales contemporaines (le chanteur Prince notamment) au cœur de la tragédie de Shakespeare. Présentée au Festival d’Avignon, la pièce est récompensée par un molière. Il faut attendre l’année 2003 pour que Patrice Chéreau abandonne ses réticences quant à la rigidité de l’alexandrin classique et décide de monter Phèdre de Jean Racine ; il confie le rôle-titre à Dominique Blanc, tandis que Pascal Greggory incarne Thésée.

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Opéra : les grandes œuvres du répertoire

Patrice Chéreau se consacre par ailleurs à l’opéra : après le succès, en 1976, de sa mise en scène de la Tétralogie de Richard Wagner au festival de Bayreuth, sous la direction musicale de Pierre Boulez, il est invité à mettre en scène Lulu d’Alban Berg à l’Opéra de Paris, en 1979. En 1992, il présente Wozzeck, également écrit par Alban Berg, puis, en 1994, Don Giovanni de Mozart au festival de Salzbourg.

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Cinéma : des films ambitieux et personnels

En tant que réalisateur de cinéma, Patrice Chéreau tourne la Chair de l’orchidée (1975), libre adaptation du thriller de James Hadley Chase, Pas d’orchidées pour Miss Blandish. Il réalise ensuite l’Homme blessé (1983), tragique histoire d’une passion homosexuelle ; le film bouleverse autant qu’il scandalise. Parmi ses autres films figurent Judith Therpauve (1978), Hôtel de France (1987), la Reine Margot (1994), adaptation baroque et théâtrale du roman d’Alexandre Dumas dominée par la performance habitée d’Isabelle Adjani, et Ceux qui m’aiment prendront le train (1998).

Intimité (Intimacy, 2001) est une évocation d’une relation amoureuse tournée à Londres, en anglais ; le film est récompensé par l’ours d’or au festival de Berlin et par le prix Louis-Delluc. Son frère (2003) livre pour sa part l’impressionnante chronique d’une mort annoncée, filmée sans tabous ni sentimentalisme et interprétée avec force et retenue par Éric Caravaca et Bruno Todeschini. Dans Gabrielle (2005), adaptation sophistiquée (notamment le montage, les éclairages et les costumes) d’une nouvelle de Joseph Conrad, Pascal Greggory et Isabelle Huppert s’affrontent dans les affres de la vie de couple.

En 2003, Patrice Chéreau assure la présidence du jury au festival de Cannes. Il est officier des Arts et Lettres depuis 1988.

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