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Résultats avec Windows Live® Search Ferré, LéoArticle
Plan de l'article
Présentation ; L’époque « rive gauche » ; La consécration ; Le tournant de 1968 ; Le chantre des poètes
Ferré, Léo (1916-1993), auteur, compositeur et interprète français. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie monégasque — son père est directeur du personnel au casino de Monaco —, Léo Ferré fait ses études en Italie, puis deux années de philosophie à Monte-Carlo, et, en 1935, il se rend à Paris pour y préparer l’Institut de sciences politiques et une licence de droit. De retour à Monaco en 1937, il exerce divers petits métiers en attendant d’être appelé sous les drapeaux. Durant les années de guerre, il travaille à Radio Monte-Carlo comme speaker, pianiste (il accompagne notamment Lys Gauty), régisseur et bruiteur.
À partir de 1943, il écrit ses premières chansons en compagnie de René Baër (« la Chanson du scaphandrier »), et, en 1945, il rencontre Édith Piaf qui lui conseille de retourner à Paris. Aussi, en novembre 1946, débute-t-il au Bœuf sur le toit. Se produisant ensuite dans l’habituel circuit des cabarets (Le Quod Libet, L’Écluse…), il fait la connaissance de Francis Claude, avec lequel il écrira plus tard « la Vie d’artiste », et de Jean-Roger Caussimon, dont il interprétera de nombreux textes (« Comme à Ostende », « Monsieur William », « Mon camarade », « le Temps du tango », « Nous deux », « Ne chantez pas la mort », etc.). Au hasard des rencontres, il se lie avec le milieu libertaire et donne ses premiers galas au profit de la Fédération anarchiste (1947) ; indéfectible, son soutien aux lieux d’expression anarchiste — Théâtre Libertaire de Paris, Radio Libertaire, maintes fois menacée d’interdiction, journal le Monde libertaire —, témoigne d’ailleurs d’un engagement sincère, quoique regardé parfois par certains comme esthétisant ou déclamatoire. En 1950, il écrit un opéra, la Vie d’artiste, et enregistre ses premiers disques 78 tours ; mais le succès tarde à venir, malgré le Grand Prix du disque remporté en 1954 par Catherine Sauvage avec « Paris canaille » et « l’Homme » (son album éponyme, écrit par Ferré), ou encore le succès remporté par une chanson comme « Jolie Môme », interprétée par Juliette Gréco, qui a commencé à populariser son répertoire.
La même année, Léo Ferré dirige l’orchestre de Monte-Carlo, pour son oratorio la Chanson du mal-aimé, d’après le poème d’Apollinaire. En 1955, il passe pour la première fois en vedette à l’Olympia, mais sera toujours plus à l’aise à Bobino, où il triomphe en 1958, face à un public tout acquis à sa cause de « Graine d’ananar ». Ce même public le plébiscite à nouveau lors de son passage à l’Alhambra en 1960. Désormais, Ferré est reconnu par tous comme l’un des plus grands auteurs-compositeurs de son temps, et — consécration suprême — il est le premier chanteur à être accueilli dans la prestigieuse collection « Poètes d’aujourd’hui » des Éditions Seghers (1962).
En 1968, après avoir rompu avec sa seconde épouse, Madeleine, il part s’installer dans le Chianti en Toscane et ne prend guère part aux « événements » qui agitent le printemps, ce que d’aucuns lui reprocheront amèrement. Pourtant, après une crise d’inspiration certaine vers le milieu des années soixante, Léo Ferré retrouve après 1968 un second souffle qui ne le quittera plus et qui lui vaudra l’attachement indéfectible d’une nouvelle génération de fidèles, encline à faire de lui — à son corps défendant — le porte-parole de sa révolte. Le premier album sortant dans la foulée est assez symptomatique à cet égard, puisqu’à côté de chansons aussi fortes que « les Anarchistes » ou « Pépée » (1968), il contient ce qui va rester le plus grand succès public et radiophonique de toute son œuvre, « C'est extra » (1969), dont le clin d’œil aux Moody Blues annonce les expériences prochaines du chanteur avec le groupe pop Zoo et le formidable double album Amour-Anarchie.
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