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Résultats avec Windows Live® Search Bond, EdwardArticle
Plan de l'article
Présentation ; Les premières pièces censurées ; Shakespeare revisité ; Les grands cycles dramatiques ; Éveiller la conscience du spectateur
Bond, Edward (1934- ), auteur dramatique anglais qui, dès le début des années soixante, a été considéré comme le représentant le plus intransigeant du théâtre britannique.
Né à Londres, Edward Bond, issu d’un milieu prolétarien et de formation autodidacte, soumet ses premières pièces au Royal Court, qui l’accepte en 1958 dans son Writer’s Group (« Groupe des auteurs ») ; le Mariage du pape (The Pope’s Wedding) est créé en 1962. Les deux pièces qui suivent le confirment aux yeux du public comme un représentant majeur de la nouvelle génération d’auteurs dramatiques britanniques. Jouées malgré l’avis défavorable du Lord Chamberlain’s Censorship Office, elles mettent en scène la violence des rapports sociaux : Sauvés (Saved, 1965), peinture de la fraction la plus défavorisée de la société anglaise, est interdite à cause d’une scène où de jeunes désœuvrés lapident un bébé dans son landau ; tandis que Demain la veille (Early Morning, 1968), portrait sacrilège de la reine Victoria, est la dernière pièce à être interdite en Grande-Bretagne avant que ne soit aboli le pouvoir de censure du Censorship Office of the Lord. À la même époque, Bond écrit le scénario du film Blow up, réalisé en 1967 par Antonioni.
Un certain nombre des pièces de Bond sont des réinterprétations radicales de textes ou de personnages de Shakespeare. Lear (1971), une adaptation « paroxystique » du Roi Lear, proche par sa violence d’une autre pièce de Shakespeare, Titus Andronicus, traite de problèmes sociaux et politiques et décrit, sur le mode épique, la conversion d’un souverain tyrannique et cruel prenant soudain conscience de ses actes et se conformant aux lois morales. Bingo (1974) analyse le rôle du poète dans la société et met en scène Shakespeare lui-même.
L’œuvre de Bond comprend plusieurs cycles. La Mer (The Sea, 1973), dont l’action se situe dans une communauté insulaire de la côte du Suffolk, clôt le premier cycle des « Problem Plays ». Viennent ensuite les « Answer Plays », parmi lesquelles l’Idiot (The Fool, 1976), ayant pour cadre l’East Anglia, où Bond évoque le poète rural John Clare. Ce cycle s’achève en 1978 avec la Femme (The Woman). Dans sa trilogie des War Plays (Pièces de guerre), Edward Bond brosse le tableau d’un univers de cruauté totalement déshumanisé, dans une atmosphère d’après-guerre nucléaire. Alain Françon, qui avait déjà créé la Compagnie des hommes (1990), une des récentes Postmodern Plays avec Jackets (1990), en donne une mise en scène marquante au festival d’Avignon 1994. Le même Alain Françon crée Café au Théâtre national de la Colline, en 2000. La pièce s’articule autour d’un massacre : celui perpétré par l’armée allemande à Babi Yar, dans les environs de Kiev, en 1941. En janvier 2001, Edward Bond crée, toujours à la Colline, le Crime du XXIe siècle. « J’ai voulu désigner “ le ” crime le plus extrême, et “ le ” crime le plus extrême est de détruire l’humanité », explique-t-il. L’action se situe en 2077, dans un monde de villes-prisons quadrillées par l’armée omniprésente et invisible ; quatre personnages, des parias réfugiés en zone interdite, tentent d’y survivre.
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