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Résultats avec Windows Live® Search Bowie, DavidArticle
Plan de l'article
Présentation ; Naissance d’un artiste visionnaire (1966-1970) ; L’affirmation d’un style éclectique et d’une personnalité libre (1971-1979) ; Le triomphe, puis la traversée du désert (1980-1993) ; Entre modernité et classicisme, l’accomplissement (à partir de 1995)
Bowie, David (1947- ), auteur, compositeur et interprète de rock britannique. Artiste protéiforme, imprévisible et insaisissable, à la fois marginal et consensuel, David Bowie est l’objet des jugements les plus radicaux et les plus contradictoires. Ayant exercé une influence — aujourd’hui incontestée — sur la musique populaire depuis le début des années 1970 et figure majeure du paysage culturel occidental, il a en effet été tour à tour adulé et répudié, les uns reconnaissant ses exceptionnels talents de musicien précurseur, les autres dénonçant — et parfois méprisant — l’aspect avant-gardiste et « intellectualisant » de son œuvre labyrinthique. Souvent décrit en des termes stéréotypés — « caméléon », « branché » ou encore « manipulateur » —, David Bowie reste une énigme d’une complexité peu commune dans l’univers du rock.
Né à Londres dans une famille modeste, David Bowie (de son vrai nom David Jones) connaît une jeunesse calme et sans éclat ; son éducation musicale se limite à l’écoute d’Elvis Presley, Buddy Holly ou encore Little Richard, autant de représentants du rock and roll américain « classique » tel qu’il est interprété depuis le milieu des années 1950 (voir rock). Admiratif des mods (« modernes ») très en vogue dans le Swinging London particulièrement exubérant du milieu des années 1960, David Jones en adopte (à l’instar de futures gloires de la scène musicale britannique telles que Rod Stewart, Bryan Ferry, Pete Townshend des Who, Robert Plant de Led Zeppelin ou encore Marc Bolan) les tics vestimentaires, les goûts musicaux et surtout les valeurs individualistes et excentriques. En 1966, David Jones change de nom, pour ne pas être confondu avec son homonyme des Monkees (groupe américain), et opte pour le patronyme de David Bowie. Au sein de diverses formations créées puis dissoutes à la hâte — King Bees, Mannish Boys, Lower Third et autres Buzz —, il distille des chansons pétries d’influences rhythm and blues, parfois teintées de jazz. Les constructions harmoniques et mélodiques élaborées ne peuvent cependant transcender des canons musicaux passés de mode, au moment où paraît notamment le Revolver (1966) des Beatles, plus audacieux et ancré dans un psychédélisme sur le point de révolutionner le rock.
Conscient des limites de sa musique et de l’impasse artistique dans laquelle il se trouve, toujours à l’affût de nouveautés, David Bowie opère sa première métamorphose : il s’intéresse au mouvement hippie, au bouddhisme, au théâtre et au mime, favorisant ainsi l’émergence de personnages fictifs. Égaré entre poésie, danse, mimes et chansons, il tente une fusion des arts qui ne convainc personne et qui l’isole en marge d’une scène rock marquée par l’avènement des groupes. C’est alors qu’interviennent, en 1969, trois rencontres capitales pour la suite de sa carrière : Angela Barnett, future Angela Bowie jusqu’en 1980, Tony Visconti, futur producteur de plusieurs de ses albums, et le guitariste Mick Ronson, qui a contribué pour une large part à l’élaboration du « son Bowie » entre 1970 et 1973. Malgré le succès du single « Space Oddity », mise en scène du premier personnage incarné par David Bowie — Major Tom —, inspiré par le film 2001 : l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, l’album éponyme illustre un défaut d’émancipation à l’égard de modèles folk-rock encore très présents — Bob Dylan et Nick Drake notamment — et donne à entendre des compositions ampoulées et balourdes. La seule pochette de l’album suivant — The Man Who Sold the World (1970) — suffit en revanche à placer David Bowie du côté des novateurs : travesti en femme allongée sur un canapé, l’artiste assène là son premier coup d’éclat médiatique — la pochette est censurée aux États-Unis — et sa première provocation, soutenue par une musique agressive où la guitare de Mick Ronson et la production de Tony Visconti posent les bases du hard rock.
Désormais célèbre — le public et la critique sont en effet intrigués par cet « électron libre » de la scène rock —, David Bowie s’attelle à la réalisation de deux albums en six mois : Hunky Dory (1971) et The Rise & Fall of Ziggy Stardust and the Spiders From Mars (1972). Si le premier témoigne d’une parfaite maîtrise de la composition de chansons pop proches de la perfection — « Changes », dont le titre annonce les mutations à venir, ou « Life On Mars » —, le second porte à son paroxysme la veine créatrice de David Bowie, tant sur le plan musical que visuel. Outrageusement maquillé, ne négligeant aucune allusion à caractère sexuel, David Bowie incarne la parfaite icône glam rock (voir rock), notamment sur scène où il évoque de façon expressionniste la déchéance d'une star du rock aux rêves brisés (« Rock and Roll Suicide »). Parallèlement à sa carrière personnelle, David Bowie apporte ses talents de compositeur et d’arrangeur à des artistes en déroute : il offre ainsi à Mott the Hoople — All the Young Dudes (1972) —, Lou Reed — Transformer (1972) et Berlin (1973) — et Iggy Pop et ses Stooges — Raw Power (1973) — une résurrection inespérée. La discographie de ce nouveau « Pygmalion » du rock s’enrichit en 1973 d’un nouvel album — Alladin Sane — pour lequel Bowie invente un personnage d’humanoïde androgyne. Persévérant dans une « décadence » contrôlée (« Cracked Actor »), l’artiste y rend notamment hommage aux Rolling Stones (« Let’s Spend the Night Together »), et le solo de piano de la chanson-titre préfigure les futures audaces stylistiques.
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