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pharmaceutique, industrie

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4.1

Les origines des groupes pharmaceutiques

Dans un grand nombre de pays, les sociétés pharmaceutiques ont été créées par des hommes d’affaires ou des professionnels, la plupart avant la Seconde Guerre mondiale. Des pharmaciens sont à l’origine de toutes les sociétés françaises et de quelques sociétés britanniques. Certaines ont débuté comme succursales de l’industrie chimique : Zeneca (ICI) au Royaume-Uni, Rhône-Poulenc en France, Bayer et Hoechst en Allemagne, Ciba-Geigy et Hoffman-La Roche en Suisse. Janssen en Belgique, Squibb aux États-Unis et Roussel en France ont été créées par des médecins.

La plupart des sociétés pharmaceutiques sont internationales et possèdent des filiales dans plusieurs pays. Elles emploient des biologistes, des biochimistes, des chimistes, des ingénieurs, des microbiologistes, des infirmières, des pharmaciens, des pharmacologues, des physiciens, des médecins et des vétérinaires. Ils travaillent dans la recherche et le développement, la fabrication, le contrôle de la qualité, la commercialisation, la représentation médicale ou l’administration.

4.2

Les enjeux de la production de médicaments

La production de médicaments n’est pas considérée comme une industrie banale, et le fait que les entreprises de ce secteur puissent réaliser des profits est parfois mal perçu. La plupart des gouvernements occidentaux estiment néanmoins aujourd’hui que, pour concevoir, fabriquer et distribuer des médicaments sûrs et efficaces, l’industrie pharmaceutique doit rester aux mains de sociétés privées. Toutefois, il est indispensable que les gouvernements exercent un contrôle en accordant ou en refusant à ces sociétés l’autorisation de commercialiser leurs produits, cela pour des raisons évidentes de sécurité et de qualité. Les organismes de contrôle ont la responsabilité de mettre un frein aux abus ou à l’imprudence des fabricants, en limitant les risques de la mise sur le marché d’un médicament nocif ou inefficace, et de provoquer une catastrophe aussi grave que celle de la thalidomide. Au début des années 2000, on constate une diminution des autorisations de mise sur le marché, à la suite de plusieurs retraits de médicaments accusés d’avoir des effets secondaires dangereux.

Dans le domaine de la production médicale, les investissements en recherche sont lourds, et les sociétés peuvent être tentées d’augmenter leurs profits et leur rentabilité en concentrant leurs recherches sur des produits destinés aux populations des pays riches (médicaments contre l’obésité ou contre les troubles de l’érection, par exemple) plutôt qu’aux populations des pays pauvres (médicaments contre le paludisme ou la maladie du sommeil, par exemple) et en essayant de mettre au point en priorité des « blockbusters » (des médicaments qui génèrent un chiffre d’affaires de plus de 1 milliard de dollars par an). Ainsi, le premier groupe mondial, Pfizer, a sorti un seul produit entre 1998 et 2003, le Viagra®, un médicament destiné à lutter contre les troubles de l’érection. Ce débat autour de la rentabilité est illustré de manière particulièrement dramatique avec le sida : les traitements ont des prix de revient élevés, justifiés par le coût de leur mise au point, mais qui interdisent leur utilisation à grande échelle, notamment dans les pays du tiers-monde les plus pauvres et les plus touchés par la maladie.

De nouvelles techniques, la mise au point de molécules plus complexes et de nouveaux appareils toujours plus onéreux ont largement contribué à l’augmentation des coûts des médicaments. De plus, étant des produits commerciaux, ces derniers font systématiquement l’objet de campagnes de marketing et de publicité coûteuses auprès des médecins prescripteurs. À cette augmentation des prix s’opposent les pressions de la part des pouvoirs publics et des consommateurs, qui voient avec inquiétude la croissance de la part des dépenses de santé dans les budgets. Une manière d’y répondre consiste à favoriser le développement des médicaments génériques, obtenus à partir de molécules dont le brevet a expiré (vingt ans en France) et qui sont tombés dans le domaine public — ce qui n’est pas sans risque à terme pour la rentabilité de l’industrie pharmaceutique.

L’industrie pharmaceutique dépend de nombreux facteurs non conjoncturels : les réglementations sanitaires, la fixation des prix, le remboursement par la Sécurité sociale, les mutuelles, les caisses maladie, ainsi que l’organisation de la distribution des spécialités pharmaceutiques. La demande de produits pharmaceutiques de plus en plus efficaces et la fixation des prix au lancement par les institutions publiques décisionnaires garantissent à cette branche une croissance annuelle de l’ordre de 10 p. 100 au début des années 2000. Mais dans le même temps, l’industrie pharmaceutique est confrontée à de nouveaux risques financiers. De plus en plus fréquemment en effet, des procès sont intentés aux laboratoires lorsqu’ils retirent du marché des médicaments dont les effets secondaires se sont révélés dangereux : les laboratoires doivent alors indemniser les plaignants, et ces procès ont pour conséquence de faire chuter le cours des actions des groupes pharmaceutiques.

4.3

Les grands groupes pharmaceutiques

Les États-Unis disposent de la première industrie pharmaceutique au monde. Le premier groupe mondial est le groupe américain Pfizer, qui détient plus de 10 p. 100 du marché mondial des médicaments. Les autres grands laboratoires américains sont Johnson & Johnson, Merck, Abbott, Bristol-Myers-Squibb et Wyeth. Le second groupe mondial est le groupe britannique GlaxoSmithKline, et le troisième est le groupe français Sanofi-Aventis. Parmi les premiers laboratoires pharmaceutiques mondiaux, on trouve également le groupe allemand Bayer, les groupes suisses Novartis et Roche et le groupe anglo-suédois Astrazeneca.

Ce secteur est marqué depuis les années 1990 par un vaste mouvement de concentration, sous la forme de fusions-acquisitions qui aboutissent à des groupes de très grande envergure : le groupe Sanofi-Aventis est ainsi issu de la fusion en 2004 d’Aventis (né en 1999 de la fusion du Français Rhône-Poulenc avec l’Allemand Hoechst) et de Sanofi-Synthélabo (qui avaient eux-mêmes fusionné en 1998).

Voir aussi médecine ; maladie ; chimie ; pharmacologie ; pharmacie.

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