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Plan de l'article
cabaret, spectacle de divertissement composé de chansons et de saynètes, mené par un présentateur ; le terme « cabaret », qui signifiait initialement une taverne ou une auberge, désigne également l'établissement où se déroule ce type de spectacle : le plus souvent un lieu intime, comme un club ou un café, où les spectateurs dînent ou consomment.
Les spectacles accompagnant repas ou boissons sont appréciés depuis les origines des sociétés urbanisées. Parmi les ancêtres du cabaret moderne figurent les prestations des bouffons de cour, des comédiens ambulants, des musiciens et des amuseurs de tavernes. Le mélange de chansons populaires, de variétés et de sketches s'est développé en Europe à la fin du XIXe siècle, lorsque divers styles de cabaret apparurent en France, en Allemagne et en Russie. Aux États-Unis, le terme « cabaret » désigne une forme de divertissement musical, destiné à un public restreint et exclusivement urbain.
Le terme « cabaret artistique » est apparu à Paris, pour désigner les spectacles organisés dans les restaurants et les cafés par de jeunes artistes et poètes désirant présenter leurs œuvres en public. L'un des plus connus fut Le Chat noir, fondé en 1881 par le peintre Rudolph Salis à Montmartre. Avec soixante places, il offrait le type original de divertissement dans un cadre intime et de nouvelles vedettes — ancêtres des chanteurs et des comiques de variété — commencèrent à percer. L'une des premières d'entre elles fut Yvette Guilbert, qui mettait à profit la proximité des spectateurs dans son jeu de scène. Parmi les étoiles des cabarets parisiens du début du siècle, presque tous situés sur la butte Montmartre, dont Le Mirliton, L'Âne rouge ou La Coupe de gueule, figurent le poète-paysan libertaire Gaston Couté, Beauceron monté à Paris et auteur de la Chanson du gâs qu'a mal tourné, ou encore le chanteur Aristide Bruant, génie de la chanson en argot parisien et auteur des célèbres Nini peau d'chien, À la Villette ou Mon Daron. Ces pionniers de la chanson française ouvrirent la voie aux vedettes populaires des années 1930 comme Fréhel ou Damia. À partir de 1945, le cabaret resurgit dans l'euphorie de la liberté retrouvée de l'après-guerre et redevint le lieu de brassage musical, social et idéologique que les années 1910-1920 avaient inventé à Montmartre. On vit ainsi dans les années 1950 au Tabou ou au Chat qui pêche, une foule d'artistes, de philosophes et d'écrivains (Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir) qui assistaient aux spectacles des étoiles montantes de la chanson (Juliette Gréco, Yves Montand, Boris Vian, Édith Piaf) et de jazzmen (Bud Powell, Miles Davis). Le Chat noir des débuts du cabaret suscita également de nombreuses vocations en France et à l'étranger. En Russie, La Chauve-souris, établissement ouvert par Balieff, offrait une forme de cabaret qui mêlait chants et ballades folkloriques traditionnels avec des numéros comiques, des mimes et des parodies. Fondé en 1908, le cabaret de Balieff entreprit de vastes tournées et fut acclamé à Paris et à Londres. À Moscou, le cabaret était étroitement associé à des théâtres, comme le Théâtre d'art de Moscou. Souvent, un « studio » situé dans une petite pièce sous le toit du théâtre parodiait l'œuvre sérieuse présentée dans la grande salle. Les cabarets constituaient également un foyer d'expérimentation pour des groupes d'artistes : le cabaret des futuristes, Le Chien errant, ouvrit de 1913 à 1915, et celui du Repos des comédiens, de Meyerhold, de 1916 à 1919. Cette association avec les activités de l'avant-garde artistique était aussi courante ailleurs en Europe, par exemple à Zurich, où naquit le mouvement Dada dans les spectacles que donnaient Tristan Tzara et ses amis, précurseurs du surréalisme, au célèbre cabaret Voltaire. La perception que nous avons habituellement du cabaret allemand est celle que décrit l'écrivain britannique Christopher Isherwood dans Adieu à Berlin (1939). Il y conte l'histoire d'une jeune Anglaise, Sally Bowles, qui se produit dans un night-club miteux, dans le contexte de la montée du nazisme. Ce roman fut adapté en comédie musicale sous le titre de Cabaret (1968), par Kander et Ebb. De cette version musicale fut tiré un film en 1972, avec Liza Minnelli dans le rôle de Sally Bowles. En réalité, le cabaret allemand des premières décennies du XXe siècle fut un terrain d'expérimentation pour quantité d'écrivains, d'artistes et de comédiens qui eurent ensuite une influence considérable sur la culture du XXe siècle. Max Reinhardt fonda le Schall und Rauch (« Bruit et Fumée ») à Berlin en 1901, et le jeune Frank Wedekind commença à interpréter ses chansons expérimentales au cabaret Elf Scharfrichter (« les Onze Bourreaux ») à peu près à la même époque. Après la Première Guerre mondiale, les spectacles de cabaret de Berlin devinrent ouvertement politisés, avec des auteurs tels que le jeune Bertolt Brecht, qui y produisait chansons satiriques, poèmes et pièces de théâtre. Dès 1935, le cabaret fut interdit par le pouvoir national-socialiste à la suite du succès remporté par des spectacles antinazis comme Catacombes, produit par Werne Finck en 1929.
À la différence du cabaret français, le cabaret aux États-Unis est souvent un lieu distingué et mondain, comme l'Oak Room de l'hôtel Algonquin et le Café Carlyle, deux night-clubs situés au centre de Manhattan. Des vedettes comme Marlène Dietrich, Eartha Kitt et Mort Sahl mirent à l'essai leurs talents dans ces cadres intimes, qui se prêtaient parfaitement à l'interprétation des chansons sophistiquées de Cole Porter ou des frères Gershwin et des numéros de comiques en solo.
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