Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search racismeArticle
Plan de l'article
racisme, théorie, fondée sur un préjugé, selon laquelle il existerait des races humaines qui présenteraient des différences biologiques justifiant des rapports de domination entre elles et des comportements de rejet ou d'agression. C'est dans les années 1930 en Europe que ces présupposés furent organisés en système idéologique. Le terme « racisme » renvoie à la fois à cette doctrine et aux discriminations engendrées par elle. Dans le langage courant, le terme « racisme » se rapporte le plus souvent à la xénophobie et à la ségrégation sociale qui en sont les manifestations les plus évidentes.
L'évolution historique des cultures montre que le phénomène de racisme trouve son fondement dans la conception que les hommes ont pu se forger de l'altérité. En témoignent notamment les sentiments de xénophobie engendrés par les luttes tribales ou ethniques. Dans l'Antiquité grecque, l'affirmation d'une identité collective par opposition à certaines ethnies et à certains groupes de population se traduisait par le fait que les citoyens des cités appelaient « barbares » ceux qui vivaient en dehors des limites du monde grec. La pratique très ancienne de l'esclavage et du servage illustre également les rapports de domination qui existaient au cours de l'histoire entre ethnies et peuples divers, ou même à l'intérieur des sociétés et des groupes culturels. Maîtres et esclaves pouvaient à l'époque antique être d'une même origine ethnique, mais les différences sociales étaient clairement marquées : les esclaves n'avaient pas accès à la citoyenneté ni à aucun droit de quelque sorte que ce soit. La même règle fut appliquée aux peuples vaincus à la guerre et réduits en esclavage. Ce dernier exemple, dans lequel l'oppression s'exerce sur des groupes humains spécifiques, culturellement différents de leurs oppresseurs, correspond à la pratique préconisée par les thèses racistes formulées à l'époque moderne. Les premiers mouvements de colonisation marquèrent le début de l'asservissement d'ethnies spécifiques qui allaient devenir des peuples dominés, forcés de s'incliner devant une volonté extérieure. Les avancées de la colonisation se renforçant au cours des siècles, l'Europe s'investit d'une mission culturelle, se donnant comme vocation idéologique l'éducation sociale et religieuse des populations dites « sauvages » dont la culture propre fut souvent ignorée et vouée à la disparition. Les progrès scientifiques et techniques réalisés en Europe contribuèrent à renforcer le sentiment de supériorité des Occidentaux, qui considéraient leur suprématie comme naturelle et inhérente à leur civilisation. L'Holocauste en Europe, la colonisation des territoires d'Amérique du Sud et du Nord ainsi que de l'Australie aux XVIIe et XVIIIe siècles, la politique colonialiste du Japon au début du XXe siècle furent autant d'expressions du racisme.
Les principaux éléments fondateurs du racisme, qui se mirent en place pendant la période de la colonisation, sont la conscience de l'identité culturelle propre à chaque peuple, l'introduction d'une hiérarchie entre ces cultures et, par conséquent, l'établissement de rapports de domination entre ces peuples. À l'affirmation de la supériorité de certaines civilisations sur d'autres s'ajoutèrent aux XIXe et XXe siècles les théories qui assimilaient cette hiérarchie à un déterminisme naturel fondé sur le concept de race. Dès le XVIe siècle, des sociétés se réclamant de la science ont cherché à classifier les races humaines en essayant de déterminer des phénotypes. La classification arbitraire des hommes en différentes races en fonction de leur apparence extérieure et de qualités supposées de ces races fonda des théories comme celle de Gobineau au XIXe siècle. Dans son Essai sur l'inégalité des races humaines (1853-1855), paru cinq années après l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, il imputait le déclin des sociétés à l'avilissement des races. La pensée raciste, contemporaine du darwinisme social, se structura peu à peu en diverses doctrines, prônant notamment l'eugénisme, une sélection systématique des races. Selon ces théories, les étrangers altèrent l'âme des peuples (Gustave Le Bon), et le péril vient du chaos ethnique (Houston Stewart Chamberlain). L'antisémitisme représente une des formes les plus extrêmes et les plus violentes du racisme, qui fut porté à son paroxysme par le national-socialisme, responsable du génocide des juifs lors de la Seconde Guerre mondiale. La valorisation systématique de l'idée de domination d'une « race supérieure » constituait la base idéologique de l'Holocauste, qui engendra des phénomènes de rejet (ségrégation, formation de ghettos), d'asservissement (travail forcé), d'expulsion (déplacements de populations) et finalement le génocide. En règle générale, le sentiment de supériorité s'accompagne de la conviction que les autres races constituent un danger, ou sont génératrices de désordre social. Ce préjugé repose sur le mécanisme bien connu de la recherche du bouc émissaire, qui rend responsable un groupe social de la crise économique et politique, en l'accusant d'être un élément naturellement perturbateur.
Une prise de conscience internationale du phénomène de racisme eut lieu au tournant du XXe siècle. Le procès des criminels de guerre nazis à Nuremberg fut une étape psychologique et politique décisive dans la volonté des nations de bannir le racisme. Cependant, de nombreuses formes de racisme perdurent dans les sociétés contemporaines, en dépit des injonctions du droit international, et notamment des conventions sur les droits des minorités et de la personne humaine. Le régime d'apartheid en Afrique du Sud a défié ces conventions jusqu'en 1990. Le massacre de la minorité tutsi au Rwanda en 1993 et la « purification ethnique » entreprise par les Serbes en ex-Yougoslavie à partir de 1991 représentent des violations flagrantes des conventions internationales. Bien que le racisme n'ait pas été éradiqué, l'idéologie qui en constitue la base fut soumise à une critique radicale dans la deuxième moitié du XXe siècle. La science a réfuté le concept de race en mettant en évidence son caractère subjectif, qui se fonde sur des préjugés. Des anthropologues, des biologistes, des généticiens et des sociologues ont démontré que la notion de race était vide de sens dans la mesure où le genre humain est un et indivisible. Des organisations antiracistes, comme SOS Racisme, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) ou le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) en France, luttent contre toute forme de discrimination raciale. En effet, les inégalités sociales qui frappent souvent des groupes sociaux distincts entraînent une assimilation entre ces groupes et des phénomènes tels que la délinquance ou la pauvreté. Il en a été ainsi des différentes vagues d'immigration connues par la France. La tentation fut alors grande de trouver un lien artificiel de causalité entre ces groupes et les problèmes de société. Des certitudes ont tendance à s'établir, engendrant des jugements de valeur de type raciste, et à partir d'un groupe social non représentatif d'une nation se développaient des comportements xénophobes et une généralisation conceptuelle raciste. Les attitudes racistes combattues par de nombreuses organisations tiennent pour une bonne partie à des raisons psychologiques. Elles se fondent sur des réactions de peur face à l'altérité et à l'incompréhension de l'inconnu, qui engendrent des sentiments de haine et une violence parfois mal maîtrisée. C'est précisément la complexité du phénomène qui rend difficile le combat contre le racisme.
© 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. |
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |