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Présentation ; Le temps de la Nouvelle Vague ; Entre série noire et satire sociale ; Les autres activités de Claude Chabrol
Chabrol, Claude (1930- ), réalisateur et producteur de cinéma et de télévision français. Féru d’intrigues policières, Claude Chabrol est également le chroniqueur « attitré » et acerbe d’une classe sociale — la bourgeoisie — enfermée dans ses faux-semblants, ses mensonges et ses non-dits.
Né à Paris dans une famille bourgeoise, Claude Chabrol passe la Seconde Guerre mondiale dans la Creuse et regagne Paris en 1945 pour y suivre des études de pharmacie, de lettres et de droit. Cinéphile passionné, il fréquente le ciné-club du Quartier latin que dirige Éric Rohmer et se lie d’amitié avec les futurs « ténors » de la Nouvelle Vague : Jacques Rivette, Jean-Luc Godard et François Truffaut. Il commence à collaborer aux Cahiers du cinéma en 1953. Partisan de la « politique des auteurs », il défend la comédie musicale, les films de Frank Tashlin, Richard Quine, Robert Aldrich, Jean-Pierre Melville, Howard Hawks et Alfred Hitchcock, cinéaste auquel il consacre un livre coécrit avec Éric Rohmer, Alfred Hitchcock (1957).
Décidé à faire carrière dans le cinéma, Claude Chabrol travaille comme attaché de presse à la 20th Century Fox, tout en écrivant des histoires policières pour Mystère Magazine : Musique douce (1953) et le Dernier jour de la souffrance (1957). Il entretient une longue amitié avec le romancier Paul Gegauff, qui deviendra son scénariste attitré. Parallèlement, en 1956, il devient producteur et finance des courts métrages de Jacques Rivette, Alain Cavalier et Éric Rohmer, puis des longs métrages comme Paris nous appartient (1958-1960) de Jacques Rivette, le Signe du lion (1959) d’Éric Rohmer, le Farceur (1960) de Philippe de Broca et la Ligne droite (1961) de Jacques Gaillard. Grâce à ses deux premiers films, le Beau Serge (1959) et les Cousins (1959), Claude Chabrol est considéré comme l’un des chefs de file de la Nouvelle Vague ; son ton acerbe et sa rigueur formelle séduisent le public et la critique. Toutefois, après À double tour (1959), un film policier tiré de The Key To Nicholas Street de Stanley Ellin, il connaît une suite d’échecs commerciaux avec les Bonnes Femmes (1960), les Godelureaux (1960), l’Œil du malin (1961) et Ophélia (1961). En dépit du succès de Landru (1962, scénario de Françoise Sagan), tiré du célèbre fait divers (voir affaire Landru) survenu au lendemain de la Première Guerre mondiale, interprété avec conviction par Charles Denner et qu’il traite avec un humour noir accompli, il ne retrouve pas immédiatement la confiance des producteurs et doit tourner des films d’espionnage alimentaires qui frisent la parodie : le Tigre aime la chair fraîche (1964) et le Tigre se parfume à la dynamite (1965) obtiennent un important succès. Il signe encore un étonnant film d’espionnage parodique, Marie-Chantal contre le docteur Kha (1965) et participe à des films à sketches comme les Sept Péchés capitaux (1961), les Plus Belles Escroqueries du monde (1963) et surtout Paris vu par… (1964), véritable manifeste d’un second souffle de la Nouvelle Vague.
Après une œuvre de commande sur la Résistance, la Ligne de démarcation (1966), Claude Chabrol signe un thriller ambitieux, le Scandale (1966), puis entame une longue collaboration avec le producteur André Génovès, d’abord en filmant la Route de Corinthe (1967), puis avec une série d’œuvres policières au ton très personnel, généralement ancrées dans la France « profonde » : les Biches (1967), la Femme infidèle (1968), Que la bête meure (1969), le Boucher (1969), la Rupture (1970) et Juste avant la nuit (1970). Plusieurs films de la série ont pour vedette son épouse Stéphane Audran. Le succès de ces films lui permet de réaliser une adaptation du roman d’Ellery Queen, la Décade prodigieuse (1971), sombre drame familial avec Orson Welles en vedette, qui se solde par un échec commercial et artistique, compensé par le succès de Docteur Popaul (1972), avec Jean-Paul Belmondo. Claude Chabrol revient alors à ses grinçantes chroniques de la bourgeoisie de province avec les Noces rouges (1973), puis adapte un roman de Jean-Patrick Manchette, Nada (1973), sur la dérive violente d’un groupuscule de gauche, avant de réaliser un psychodrame écrit et interprété par Paul Gegauff, Une partie de plaisir (1974). La même année, il tourne les Innocents aux mains sales avec Romy Schneider et Rod Steiger et commence à travailler pour la télévision. La faillite de son producteur, André Génovès, l’oblige à passer désormais d’un producteur à l’autre. Il adapte successivement Initiation au meurtre de Frédéric Dard dans les Magiciens (1975), le Malheur fou de Lucie Faure dans Folies bourgeoises (1976) et un roman d’Ed McBain, les Liens du sang (Blood Relatives, 1977).
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