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Plan de l'article
kendo, art martial et sport de combat japonais issu des anciennes disciplines de sabre et codifié dans la première moitié du XXe siècle.
Le sabre, ou plutôt l’épée, est l’un des éléments essentiels de l’identité nationale japonaise. Les récits mythologiques racontent notamment comment Susanowo, frère d’Amaterasu Omikami, trouve dans la queue du dragon à huit têtes — qu’il a tué afin de libérer le pays d’Izumo — l’épée symbole de la famille impériale. L’empereur Keiko la confie ensuite à son fils, Yamatotakeru no Mikoto, afin qu’il s’en aille pacifier les contrées non encore soumises. Cette épée est enfin remise à l’impératrice Jito lors de son accession au trône, en 686. Les recherches archéologiques ont pour leur part permis de mettre au jour, à Kyushu et dans le Kanto, deux épées datant de la période de Kofun : les inscriptions qu’elles portent soulignent leur importance symbolique et permettent d’établir l’existence à cette époque d’un pouvoir centralisé autour du royaume du Yamato.
Si le samouraï des périodes de Kamakura et de Muromachi est avant tout un cavalier, celui des périodes de Sengoku et d’Azuchi-Momoyama est de plus en plus souvent un fantassin. Se développe alors un grand nombre de styles dont l’enseignement est cependant tenu secret. Avec la période d’Edo et le retour à la paix instauré par les Tokugawa, la société est divisée en quatre classes. La première, celle des guerriers, n’a pas le droit de travailler. Ceux-ci ont pour mission de s’entraîner aux arts guerriers et de s’instruire, en échange de quoi ils reçoivent une rente. Les deux sabres qu’ils portent à la ceinture — qu’ils ont par ailleurs interdiction formelle de tirer et qui doivent être maintenus dans leur fourreau par un lien — deviennent le symbole de leur classe. Après deux siècles et demi de paix, les guerriers ne sont plus qu’en théorie seulement au sommet de l’échelle sociale. Le monde appartient désormais aux intellectuels et aux industriels, qui profitent de l’ouverture du pays. Avec la restauration de Meiji (1868), les privilèges des anciens guerriers sont supprimés et le port du sabre interdit. S’ensuit une période noire pour les écoles anciennes de sabre et de jujitsu, désertées et souvent dédaignées.
Au lendemain de la guerre sino-japonaise, le Japon renoue avec sa tradition guerrière. L’État décide en 1895 la création de la Dai-Nihon Butoku-kai (Association des vertus martiales du Grand Japon), qui reprend une partie des arguments pédagogiques avancés par Kano Jigoro (1862-1938), le fondateur du judo, sans pour autant en partager l’idéal. Un travail de synthèse s’engage alors, notamment autour du sabre — l’art martial noble par excellence —, mettant à contribution les maîtres de toutes les anciennes écoles du Japon. La discipline qui en résulte est inscrite en 1911 au programme scolaire, tandis que les dix kata (formes fixes) encore pratiqués aujourd’hui sont définis en 1912. Sous l’impulsion de Kano Jigoro, cette nouvelle synthèse est appelée kendo. Les experts et pratiquants continuent cependant à parler de ken jutsu jusqu’en 1926, date à laquelle un discours du président de l’association, mettant en avant les notions d’éducation physique et morale, officialise le terme de kendo.
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