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Résultats avec Windows Live® Search Cukor, GeorgeArticle
Plan de l'article
Présentation ; Un metteur en scène devient réalisateur ; Un cinéaste au service de ses actrices ; Le temps des chefs-d’œuvre
Cukor, George (1899-1983), réalisateur de cinéma américain. Homme de théâtre, George Cukor a privilégié l’interprétation et la mise en scène au gré d’une filmographie riche et inégale, qui compte néanmoins certains des plus grands classiques du cinéma américain.
Né à New York dans une famille aisée et cultivée d’origine hongroise, George Cukor doit ses débuts cinématographiques à l’avènement du parlant (à la fin des années 1920). Célébré à Broadway, il est tôt courtisé par Hollywood, qui traque alors les metteurs en scène new-yorkais pour animer et combler des écrans qui, soudainement sonorisés, deviennent vulnérables aux temps morts. George Cukor officie tout d’abord en tant que dialoguiste pour les studios Paramount, puis pour Universal, avec notamment À l’ouest, rien de nouveau (All Quiet on the Western Front, 1930) de Lewis Milestone. Il fait ensuite ses premières armes de co-réalisateur, aux côtés de Cyril Gardner, pour The Royal Family of Broadway (1930), l’histoire du célèbre « clan Barrymore », du nom d’une famille d’acteurs alors très populaires. Pour son premier film en tant que réalisateur, Tarnished Lady (1931), George Cukor choisit une actrice de théâtre, Tallulah Bankhead. Il co-réalise ensuite (avec Ernst Lubitsch), sans en être crédité, Une heure près de toi (One Hour With You, 1932) ; frustrante, l’expérience le brouille irrémédiablement avec son confrère et précipite son départ de la Paramount. Accueilli par la RKO, il se fait rapidement remarquer par des films élégants et spirituels, souvent adaptés de romans célèbres, de pièces de théâtre ou de succès de Broadway, qui n’évitent toutefois pas toujours une certaine rigidité académique. Parmi ces premiers films figurent notamment What Price Hollywood? (1932), dont le thème du Pygmalion annonce My Fair Lady, David Copperfield (1935) d’après Charles Dickens, un grand succès commercial avec W. C. Fields dans le rôle du commis voyageur Micawber, et Roméo et Juliette (Romeo and Juliet, 1936) d’après William Shakespeare, avec Leslie Howard et Norma Shearer.
C’est pendant de prolifiques années 1930 que George Cukor s’impose comme « le » directeur d’actrices (woman director en anglais) de Hollywood : Jean Harlow et Marie Dressler dans les Invités de huit heures (Dinner at Eight, 1933), sa première véritable réussite ; Katharine Hepburn dans les Quatre Filles du docteur March (Little Women, 1933) ; ou Greta Garbo, à laquelle il donne son plus beau rôle dans le Roman de Marguerite Gautier (Camille, 1936), d’après la Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils. George Cukor révèle littéralement ses actrices à l’écran, au fil d’une filmographie qui célèbre, non sans ambivalence, la femme en société ; Joan Crawford sert notamment sans ciller le propos misogyne de Femmes (The Women, 1939). Le réalisateur se fait toutefois souvent audacieux et subtil, comme dans Sylvia Scarlett (1935), qui joue brillamment de la confusion des genres (quarante-sept ans avant le Victor, Victoria de Blake Edwards), mais en est durement sanctionné par un échec public sans appel. En pleine grâce artistique, George Cukor est sollicité par le producteur David O. Selznick pour diriger Autant en emporte le vent (Gone With the Wind, 1939), finalement réalisé par Victor Fleming : après deux années d’investissement, pendant lesquels il forme notamment les stars féminines du film, Vivien Leigh et Olivia De Havilland, et trois semaines effectives de tournage, George Cukor en est finalement écarté sur les pressions de l’acteur Clark Gable, ouvertement hostile au réalisateur. Les années 1940 marquent une avancée dans la qualité du cinéma de George Cukor, qui offre l’oscar de la meilleure actrice à deux de ses stars, Ingrid Bergman dans Hantise (Gaslight, 1944) et Judy Holliday dans Comment l’esprit vient aux femmes (Born Yesterday, 1950). De la pléiade d’actrices sublimées par le réalisateur se distingue particulièrement Katharine Hepburn, révélée dans Héritage (A Bill of Divorcement, 1932) et qui tourne onze films sous la direction de George Cukor auquel, en tandem avec Spencer Tracy, elle apporte ses plus belles réussites comme Indiscrétions (The Philadelphia Story, 1940) et Madame porte la culotte (Adam’s Rib, 1949).
Après s’être attaché un temps, à la fin des années 1940, à des histoires plus sombres qu’à ses débuts, George Cukor revient à des comédies légères et, bientôt, à des films à grand spectacle, à la gloire des nouveaux écrans larges du CinémaScope. Parmi ces œuvres figure Une étoile est née (A Star Is Born, 1954), comédie musicale qui marque le retour triomphal de l’actrice Judy Garland, aux côtés d’un James Mason prodigieux, et qui s’impose, même dans sa version de cent-cinquante quatre minutes (tronquée par la Warner de vingt-trois minutes essentielles), comme le chef-d’œuvre du réalisateur. Des choix contestables continuent pourtant d’apporter à George Cukor son lot d’échecs, à l’image de Something’s Got To Give (1962), rencontre par trop décalée entre Marilyn Monroe et Yves Montand, et que la mort subite de la star américaine laisse inachevé. Deux ans plus tard, Georges Cukor remporte l’oscar du meilleur réalisateur pour My Fair Lady (1964), une comédie musicale ambitieuse servie par Audrey Hepburn, ravissante fausse ingénue confrontée à la haute société londonienne ; le film évoque Born Yesterday, réalisé par le cinéaste quatorze ans plus tôt, en 1950, avec Judy Holliday et William Holden. « Réalisateur des femmes », George Cukor y confirme aussi un talent exceptionnel pour la direction de vedettes masculines. De la même façon qu’il a su tirer par le passé le meilleur parti d’acteurs tels que James Stewart dans Indiscrétions ou Ronald Colman dans Othello (A Double Life, 1947), il permet à Rex Harrison, inoubliable mentor du personnage interprété par Audrey Hepburn, de remporter l’oscar du meilleur acteur. Après le sommet de My Fair Lady, la carrière de George Cukor se fait brusquement plus discrète, le téléfilm Il neige au printemps (Love Among the Ruins, 1975), avec son « égérie » Katharine Hepburn et Laurence Olivier, en constituant l’ultime surprise. En 1981, son dernier film, Riches et Célèbres (Rich and Famous), malgré ses deux actrices principales (Jacqueline Bisset et Candice Bergen) et de prestigieux seconds rôles, n’évoque que fugacement les meilleures années d’un réalisateur tout entier dévoué à ses interprètes.
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