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dissuasion nucléaire

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dissuasion nucléaire, dans les relations internationales, terme désignant une stratégie qui vise à décourager toute possibilité d'action hostile de la part d'une puissance ennemie. Une stratégie de dissuasion réussie implique qu'on puisse mettre l'agresseur potentiel dans un certain état d'esprit. Un tel effet peut être obtenu soit en convainquant l'agresseur que son attaque échouera — « dissuasion par déni » — ou que le prix du succès sera très élevé — « dissuasion par punition ». La punition peut être infligée, ou le prix exigé, soit en organisant une défense efficace, soit en lançant une riposte.

La possibilité de parvenir à une situation de dissuasion est présente dans toute situation d'équilibre militaire relatif et ne constitue en aucune façon un phénomène moderne.

C'est cependant l'apparition des armes nucléaires qui a conféré une place centrale à la dissuasion dans le domaine de la réflexion stratégique. Plusieurs caractéristiques des armes nucléaires sont à l'origine de ce phénomène : 1) une défense efficace contre une attaque nucléaire massive étant pratiquement impossible, la sécurité ne peut être assurée qu'en empêchant une première attaque ; 2) l'efficacité destructrice des armes nucléaires permet de punir toute agression par une riposte aussi efficace ; 3) la destruction occasionnée par une riposte nucléaire peut être d'une telle ampleur qu'elle annule tout avantage produit par l'attaque initiale. Ces considérations propres à toute stratégie de dissuasion furent renforcées durant la guerre froide par le fait que les puissances de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) disposaient d'un arsenal nucléaire important tout en se considérant inférieures sur le plan de l'armement conventionnel. Par conséquent, la menace de riposte nucléaire semblait un bon moyen de dissuader toute agression, conventionnelle autant que nucléaire. Sous la présidence de Charles de Gaulle, la France adopta pour sa part une politique nationale de dissuasion, dite « du faible au fort ».

Au fil du temps, on s'aperçut que la dissuasion nucléaire présentait des difficultés. Elle ne pouvait fonctionner que si la menace de riposte était crédible. La crédibilité requérait à la fois une capacité matérielle reconnue de riposter et une volonté affichée de le faire. On s'efforça alors de rendre les capacités de riposte invulnérables à une « première frappe », par des dispositifs comme l'installation de missiles dans des silos blindés ou dans des sous-marins cachés, pour garantir une « deuxième frappe ». Des divergences apparurent concernant la crédibilité politique voire de la légitimité morale d'une riposte nucléaire en cas d'attaques conventionnelles, même limitées. Certains stratèges avancèrent qu'il n'était souhaitable d'avoir recours à la menace de riposte nucléaire que si les attaques étaient elles-mêmes nucléaires, en d'autres termes, d'adopter une politique de « non-recours en premier » à l'arme nucléaire. Aujourd'hui, si le rôle des armes nucléaires dans la sécurité internationale fait l'objet de nouveaux débats, le principe même de la dissuasion demeure au centre de la réflexion stratégique.

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