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scandinave, cinéma

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Cinéma scandinaveCinéma scandinave
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4.1. 2

Sjöström et Stiller, deux figures tutélaires

Nombreux sont alors les cinéastes qui, venant eux-mêmes du théâtre, comme Gustaf « Muck » Linden, Victor Sjöström ou Mauritz Stiller, fourbissent leurs armes en adaptant pour le cinéma les œuvres d’August Strindberg et du dramaturge norvégien Henrik Ibsen. Acteurs devenus réalisateurs, Victor Sjöström et Mauritz Stiller s’inspirent aussi de romans, notamment ceux, très populaires, de la romancière Selma Lagerlöf, ou de thèmes traditionnels dans des films à la photographie saisissante, et dont la modernité narrative frappe aujourd’hui encore.

Très influents, bientôt révérés par les premiers réalisateurs européens expressionnistes, ces deux cinéastes donnent, dès ses premières années, ses lettres de noblesse au cinéma suédois, qui sera durablement marqué par leurs œuvres lyriques et novatrices : Ingeborg Holm (1913), la Voix des ancêtres (Ingmarssönerna, 1918), la Montre brisée (Karin Ingmarsdotter, 1920) et la Charrette fantôme (Körkarlen, 1920) de Victor Sjöström ; la Vampire (Vampyren, 1913), le Trésor d’Arne (Herr Arnes Pengar, 1919), À travers les rapides (Johan, 1921) et le Vieux Manoir (Gunnar Hedes Saga, 1922) de Mauritz Stiller.

4.2

Une délicate quête d’identité (1920-1950)

4.2. 1

L’appel d’Hollywood

Pour autant, malgré le dynamisme de la Svenska Bio qui, grossie du rachat de sociétés concurrentes, prend le nom de Svensk Filmindustri en 1919, la production suédoise montre des signes d’affaiblissement dès le début des années 1920. Contacté par la Metro Goldwyn Mayer (MGM), Mauritz Stiller jette son dévolu sur les studios hollywoodiens en 1924, mais y sacrifie la fraîcheur d’inspiration de ses débuts. L’actrice Greta Garbo, révélée dans la Légende de Gösta Berling (Gosta Berlings Saga, 1924) de Mauritz Stiller, l’y rejoint bientôt. Victor Sjöström choisit, lui aussi, les studios américains pour y tourner ses nouveaux films dont certains, comme le Vent (The Wind, 1928), démontrent un talent intact. Enfin, forte de deux succès nationaux — Valborgsmässoafton (la Nuit de Walpurgis, 1935) de Gustaf Edgren et Intermezzo (1936) de Gustav Molander —, l’actrice Ingrid Bergman quitte le marché nordique et se fixe elle aussi aux États-Unis, en 1936.

4.2. 2

Une production nationale méconnue

D’autres cinéastes, souvent issus du théâtre comme John W. Brunius et le Finlandais Gustaf Molander, assurent bientôt la difficile succession de ces talents exilés. Probablement le plus original d’entre eux, Alf Sjöberg, qui débute avec le Plus Fort (Den Starkaste, 1929), mène une filmographie originale — Tourments (Hets, 1944) —, récompensée par le succès européen de Mademoiselle Julie (Fröken Julie, 1951).

S’ils ne parviennent à inspirer un intérêt comparable à la critique internationale, quelques réalisateurs enrichissent également le cinéma suédois de films majeurs dont l’importance sera redécouverte plus tardivement : Sang et Feu (Blod och Eld, 1946) d’Anders Henrikson, Nuit de juin (Juninatten, 1940) de Per Lindberg, Changement de train (Ombyte av tåg, 1943) de Hasse Ekman, Ombres sur la neige (Skuggor över snön, 1945) d’Arne Sucksdorff, Quand les prairies sont en fleurs (När ängarna blommar, 1946) d’Erik Faustman et l’Œuf pourri (Rötägg, 1946) d’Arne Mattsson.

4.3

L’âge d’or (1950-1970)

4.3. 1

Ingmar Bergman

Au début des années 1950, Ingmar Bergman devient en quelques films le réalisateur emblématique d’un cinéma suédois en mal de reconnaissance. Riche et austère, sa filmographie court sur plus de cinq décennies et suscite rapidement, chez beaucoup de jeunes réalisateurs européens, une admiration respectueuse : le Septième Sceau (Det Sjunde Inseglet, 1957), les Fraises sauvages (Smultronstället, 1957), Cris et Chuchotements (Viskningar och Rop, 1973) et Fanny et Alexandre (Fanny och Alexander, 1982). Teintée de considérations métaphysiques, empreinte de psychanalyse, l’œuvre d’Ingmar Bergman s’attache, au gré de différentes périodes thématiques, à déchiffrer la complexité des relations de couple, en réservant un traitement empathique et fasciné aux arcanes inexplorés de la féminité.

4.3. 2

La nouvelle vague suédoise

Contestataires et iconoclastes, en Suède comme dans toute l’Europe, les années 1960 voient éclore une nouvelle génération de cinéastes suédois, marquée par les expérimentations de la Nouvelle Vague française. Désireux de s’affranchir du classicisme formel des productions de l’époque, mais aussi, plus amplement, d’une certaine rigidité culturelle et sociale, des réalisateurs font voler en éclats le carcan du cinéma national : parmi leurs œuvres figurent le Quartier du corbeau (Kvarteret Korpen, 1963), Elvira Madigan (1967) et Ådalen 31 (1969) de Bo Widerberg, les Émigrants (Utvandrarna, 1971) de Jan Troell, Un dimanche de septembre (En söndag i september, 1963) et Ici commence l’aventure (Här börjar äventyret, 1965) du Suédo-Finlandais Jörn Donner.

En outre, l’actrice Mai Zetterling s’essaie à la réalisation — les Amoureux (Älskande par, 1964) — et le réalisateur Vilgot Sjöman tente l’expérience de films partiellement improvisés — Je suis curieuse - Jaune (Jag är nyfiken - gul, 1967). Ce renouveau ne suffit pourtant pas à stabiliser le cinéma suédois, dont la croissance reste modeste.

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