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Dovjenko, Alexandre

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Alexandre DovjenkoAlexandre Dovjenko

Dovjenko, Alexandre (1894-1956), cinéaste ukrainien, grand poète épique de l’histoire du cinéma soviétique. Né dans une famille paysanne pauvre et illettrée, Dovjenko fut d’abord instituteur avant de devenir un militant bolchévique actif. La révolution fit de lui un commissaire du peuple puis un diplomate en 1922. De 1923 à 1926, il travailla comme illustrateur et caricaturiste, métiers qu’il abandonna pour le cinéma.

Très vite, Dovjenko acquit une maîtrise technique surprenante. Après quelques tâtonnements brillants, il donna son premier film important en 1928 : Zvenigora, poème épique à la gloire de l’Ukraine où interviennent les événements politiques contemporains. Son film suivant, Arsenal (1929), dans la même veine, mêle le mythe et l’histoire à travers des épisodes de la guerre civile. Comparé à Eisenstein, considéré comme l’un des meilleurs cinéastes de l’URSS, il sut se plier aux exigences de l’art soviétique. Toutefois, s’il fit preuve d’une fidélité exaltée à la révolution, il prit également en compte les souffrances du peuple soviétique. Ainsi le lyrisme de la Terre (1930) fut-il en décalage total avec les directives staliniennes. Ivan (1932) fut d’ailleurs critiqué pour avoir mis en avant le coût humain de l’industrialisation. Le film Aerograd (1935), consacré aux bâtisseurs d’une cité utopique, exaltant les vertus du régime soviétique, fut mieux accueilli. Chtchors (1939), produit exemplaire du réalisme socialiste, portrait d’un héros de la guerre civile ukrainienne, attira l’attention de Staline.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Dovjenko se consacra surtout au journalisme et au documentaire. La parution du scénario d’Ukraine en flammes, en 1943, lui valut d’être accusé de défaitisme et de complot nationaliste. Tenu à l’écart jusqu’à la mort de Staline (1953), il réalisa malgré tout Mitchourine (1947-1948), film duquel il se désintéressa complètement. La mort l’interrompit dans la préparation du Poème de la mer, hymne à la terre ukrainienne, que sa femme, l’actrice Ioulia Solntseva, termina à sa place. Celle-ci tourna avec une grande fidélité à son style les quelques scénarios que Dovjenko avait laissés.

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