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médiévale, musique

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Chant grégorien, AlléluiaChant grégorien, Alléluia
Plan de l'article
1

Présentation

médiévale, musique, terme générique qui désigne la musique européenne entre environ 900 et 1400 et qui se rapporte également à un mouvement moderne s'intéressant aux pratiques d'interprétation de la musique antérieure au XIXe siècle.

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Monodie sacrée

Bien que les premiers documents de musique polyphonique (à plusieurs voix) datent du début de cette période (Musica enchiriadis, v. 850), les traditions musicales étaient le plus souvent monodiques (à une seule voix). Les origines exactes du plain-chant liturgique, connu de nos jours sous le nom de chant grégorien, font toujours l'objet d'une vive controverse. Les manuscrits de la fin du IXe siècle parvenus jusqu'à nous témoignent de la variété des styles régionaux et utilisent un type de notation musicale (les neumes), se bornant à esquisser la ligne générale de la mélodie.

Ce répertoire connut un développement considérable entre le Xe et le XIIe siècles. De nouveaux éléments poétiques et musicaux (séquences, tropes, conduits) ajoutés à la liturgie traditionnelle et les innovations théoriques de Guido d'Arezzo (v. 1030) permirent la composition de livres de plain-chant entiers utilisant un système de portée primitif. Mais la nouveauté la plus importante fut sans doute le drame liturgique, qui fut florissant entre 1000 et 1200 environ. Les exemples les plus anciens traitent de la visite des trois Marie au tombeau du Christ (Visitatio sepulchri), en utilisant des versions allongées des dialogues en plain-chant entre les anges et les visiteuses qu'ils initient aux cérémonies du samedi saint (samedi de Pâques). Plus tard, les drames liturgiques traitèrent d'autres sujets tirés de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament (Ordo prophetarum, par exemple) et, occasionnellement, des vies et des miracles des saints, comme les jeux de saint Nicholas dans le manuscrit Fleury. La composition musicale reposait toujours sur le plain-chant, mais elle avait accru son vocabulaire expressif de lamentations passionnées (planctus) et de cris de rage. Il est probable que certains drames, comme le Jeu de Daniel, aient été écrits pour divertir les choristes tout autant que pour instruire dans la foi chrétienne.

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Monodie profane

Comparé à la richesse des sources disponibles pour la monodie sacrée à partir de 900 environ, le répertoire des chansons profanes est relativement peu connu avant 1150 environ, si l'on excepte la citation occasionnelle de refrains poétiques populaires, puis plus tard de romances, de pièces de théâtre et de polyphonies. Même dans les cas où la notation musicale est conservée, rien ne garantit qu'il s'agisse de la version originale. Cependant, la poésie en langue d'oc (provençal) et en langue d'oïl (forme ancienne du français) se développa aux XIIe et XIIIe siècles et donna naissance à tout un répertoire de chansons de troubadours et de trouvères, destinées aux cours des nobles français. Les troubadours, dans le sud de la France, et les trouvères, dans le nord, étaient d'origines sociales diverses. La majeure partie d'entre eux était cependant de naissance noble et écrivait en respectant les conventions de l'amour courtois, qui élevait la femme et lui donna dans la société une importance toute nouvelle. Ce n'est donc pas par une simple coïncidence que cette époque vit se développer le culte marial. Ce fut aussi le temps des croisades, raison pour laquelle les thèmes de la guerre et de la séparation occupent une place prééminente dans les productions de ces poètes-musiciens dont l'influence se répandit rapidement en Allemagne, en Italie et en Espagne.

En règle générale, les chansons des trouvères sont plus attentives à l'organisation formelle que celles des troubadours et anticipent sur certaines des structures de chansons, le rondeau notamment, des XIVe et XVe siècles. Plus de deux mille de leurs compositions nous sont parvenues dans des chansonniers (anthologies de chansons copiées à la fin du XIIIe siècle et au XIVe siècle), qui non seulement identifient de nombreux compositeurs (comme Thibaut IV, roi de Navarre, 1201-1253) mais tracent aussi de brefs portraits des plus célèbres d'entre eux. Vers 1300, la monodie profane amorça son déclin, mais survécut encore quelque temps dans les virelais et les lais de Machaut, d'inspiration trouvère.

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Polyphonie

4.1

Organum

Au moment où Adam de la Halle, l'un des derniers trouvères, agrémentait ses chansons d'accompagnements harmoniques simples, les grandes abbayes et les collégiales européennes avaient déjà derrière elles plus de quatre siècles d'expérience polyphonique écrite. Des expériences polyphoniques orales avaient certainement eu lieu pour la musique sacrée comme pour la musique profane avant qu'on ne commence à les rédiger. Jusqu'au début du XIIIe siècle, on peut suivre le développement d'un type de polyphonie liturgique, appelé organum. Il commença par être une simple doublure du plain-chant à l'octave, à la quinte ou à la quarte, avant d'évoluer vers des formes plus sophistiquées. Au plain-chant formulé en valeurs longues, semblable à un bourdon et appelé ténor, se superposait une voix haute exubérante (le cantus). D'importants manuscrits offrant des exemples de ce répertoire ont survécu à Winchester, Limoges, Chartres et Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce processus d'embellissement de la liturgie (plus particulièrement de la messe) atteignit son apogée avec l'École de Notre-Dame-de-Paris à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle. Nous connaissons les noms de deux compositeurs : Léonin (à qui on attribue la compilation du Magnus liber organi, entre 1160 et 1180) et Pérotin, dont on pense qu'il révisa l'œuvre de son prédécesseur et y apporta des ajouts (v. 1200). Tous deux jouèrent probablement un grand rôle dans l'évolution des premières formes de notation rythmique, fondées sur six modes rythmiques (nommés d'après la scansion poétique grecque trochaïque, iambique, etc.). L'utilisation de schémas métriques (qui équivalent plus ou moins aux rythmes binaires composés) aux voix supérieures de l'organum et parfois étendus au plain-chant des ténors revivifia cette forme et ouvrit la voie au développement, accéléré aux XIIIe et XIVe siècles, de la notation et des techniques de composition qui en découlaient.

L'organum avait évolué et était devenu une ornementation des parties solistes dans les introïts et les graduels en plain-chant. On peut logiquement penser qu'il était lui aussi chanté par des solistes. En effet, le chevauchement et l'alternance constants des voix dans le Viderunt (graduel pour Noël) à quatre voix de Pérotin présupposent une clarté d'exécution que seules peuvent atteindre des voix de solistes. Certains faits permettent de penser que les parties supérieures de l'organum étaient complétées de textes additionnels (tropes) dans les moments où la partie de ténor est coordonnée avec les autres parties. Il semble que ces sections (clausulae) étaient interprétées séparément, comme des pièces de musique de chambre de divertissement ou de dévotion, aussi bien que comme partie de l'organum d'origine. Vers 1240, on inventa des parties supérieures en français et en latin appelées motets, titre qui s'appliqua par la suite à des œuvres complètes.

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